Cosey, Grand Prix d’Angoulême 2017

26 janvier 2017 0 commentaire
  • Cosey Grand Prix, c’était pour beaucoup une évidence. Il faisait depuis longtemps partie de la « short list », du temps de la regrettée Académie des Grands Prix comme dans les listes proposées depuis le changement de scrutin, preuve que cet auteur avait séduit un large cénacle d’amateurs.

Dès 2011, nous soutenions « l’hypothèse Cosey » qui a été souvent célébré sur notre site, comme un grand auteur de la bande dessinée classique, mais aussi comme un précurseur de le « Nouvelle bande dessinée ».

« Je me suis souvenu de ma perplexité lorsque j’ai lu, pour la première fois, dans les années 1980, À la Recherche de Peter Pan et Le Voyage en Italie , raconte Thierry Smolderen, auteur, historien de la BD et professeur à l’EESI d’Angoulême et commissaire d’une exposition Cosey à Charleroi en 2006 qui avait marqué les esprits. J’y voyais une bande dessinée littéraire qui se différenciait de pratiquement toutes les bandes dessinées. D’ailleurs, même un label plus ouvert tel (À Suivre) n’avait pas accepté de publier ce dernier récit tellement la narration de Cosey se différenciait de leur production. […] La première impression que j’ai eue [en le rencontrant] est son extrême discrétion et sa timidité. Au fil de nos discussions, je me suis aperçu que c’est un homme puissamment intelligent, qui a un vrai goût pour la grande littérature américaine. En regardant sa bibliothèque, j’ai été frappé de découvrir que mon hypothèse était juste. Cosey n’était pas seulement l’un des précurseurs de la nouvelle bande dessinée, mais continue toujours à en lire. Il apprécie Chris Ware, Emmanuel Guibert, Joann Sfar, etc. »

Cosey, Grand Prix d'Angoulême 2017

« Merci Larcenet »

Lors de cette cérémonie, comme à son habitude, Hermann, le Grand Prix 2016, bouscula le protocole et ses ronds de jambe qu’il exècre en dévoilant d’entrée le Grand Prix d’Angoulême 2017 quelques secondes après le début de la cérémonie : Bernard Cosey était donc récompensé pour l’ensemble de sa carrière.

« Cela me fait très plaisir de recevoir ce prix, nous confie Cosey, Et surtout de le recevoir des mains d’Hermann ! Beaucoup l’ignorent sans doute, mais Hermann m’hébergeait à Bruxelles alors que j’allais livrer mes premières planches au Journal de Tintin. J’admire son travail depuis très longtemps et surtout son sens très aigu de la narration. »

« J’étais déjà très content de faire partie des trois nominés. Surtout que j’ai beaucoup d’admiration pour les deux autres nominés pour cette sélection finale. En effet, je suis les travaux de Larcenet depuis ses débuts, et j’ai cassé les pieds de mes proches pour qu’ils lisent lire les albums de Chris Ware bien avant qu’ils ne soient traduits en français. Je veux d’ailleurs remercier Manu Larcenet qui a proposé il y a deux ans que ses votes se reportent sur moi. Merci Manu ! »

« Je suis bien entendu heureux d’avoir reçu ce prix, et surtout impressionné que mon nom soit à côté des grands pris aussi prestigieux ! Enfin, je désire adresser un immense merci à Derib qui a ouvert les portes de son atelier à l’obscur débutant que j’étais ! »

Cosey président, c’est la consécration d’un habitué des cîmes : il a été honoré aussi bien à Bruxelles, qu’à Lausanne et à Blois dont il est un des « Grands Boums ». C’est surtout un prix rassurant dans ces périodes troublées, et pour la bande dessinée, et pour le Festival : une valeur de grande qualité capable de séduire le grand nombre.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

(par Charles-Louis Detournay)

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Photos : D. Pasamonik (L’Agence BD)

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