Coup de cœur de la Rentrée : Lady Di & me T.1 et 2/2 - Par Jean-Claude Bartoll & Yishan Li - Glénat

13 septembre 2018 6 commentaires
  • Nous connaissons tous le destin tragique de Lady Di. Sa vie, ses tourments et sa mort soudaine survenue il y a plus de 20 ans, le 31 août 1997. Jean-Claude Bartoll et Yishan Li reviennent sur la vie de cette icône dans un diptyque mais sous un angle original et passionnant.
Coup de cœur de la Rentrée : Lady Di & me T.1 et 2/2 - Par Jean-Claude Bartoll & Yishan Li - Glénat
Lady Di & me T.2/2
Jean-Claude Bartoll & Yishan Li © Glénat

Paris, printemps 1984. Marie-Linh Berger et son ami Ricardo Ortiz sortent d’une séance de cinéma. Ils ont vu le film Under Fire de Roger Spottiswoode, qui raconte le rôle des journalistes durant la guerre civile opposant les Sandinistes au président Anastasio Somoza Debayle au Nicaragua. Ce n’est pas par hasard si Ricardo propose ce film à sa jeune amie : il est lui-même reporter-photographe pour l’agence de presse Omega. Pour Marie-Linh, ce film est une révélation : elle deviendra elle aussi reporter photographe. Devant un tel engouement, Ortiz introduit Berger chez Omega, où elle sera rapidement prise en stage.

Quelques années plus tôt, au Royaume-Uni, la jeune Diana Spencer fait ses premiers pas dans le gotha. La famille royale britannique l’a repérée alors qu’elle travaillait dans un jardin d’enfants. Sa beauté, sa gentillesse et sa discrétion font d’elle la candidate idéale pour devenir princesse de Galles. Son mariage avec le prince Charles est célébré un an plus tard mais rapidement, le conte de fée tourne court. Diana se rend compte que Charles n’a jamais rompu avec sa maîtresse Camilla Shand (Parker Bowles, NDLR), dont il est toujours amoureux. Ce mariage de façade se révèle être une prison pour les deux époux.

Charles ne peut pas épouser Camilla à cause du protocole. Il délaisse Diana, qui se morfond dans la solitude et la boulimie. Sa vie sera uniquement égayée par la naissance de ses fils William et Henry (Harry, NDLR).

Jean-Claude Bartoll & Yishan Li © Glénat

Les destins si éloignés de Diana et Marie-Linh vont pourtant finir par se rencontrer. Alors qu’elle est en vacances à Londres, l’apprentie-reporter va croiser par hasard le prince Charles, qu’elle photographie. Celui-ci est accompagné d’une femme dont il semble être très proche, que Berger prend pour sa petite amie. Elle confie ensuite ses clichés de vacances à Ricardo pour qu’il les fasse développer par le labo de l’agence Omega. À l’issue du développement, Ricardo et le directeur de l’agence s’aperçoivent que Marie-Linh leur a fourni un énorme scoop : le prince Charles fréquente toujours Camilla ! De nombreuses rumeurs circulaient sur l’infidélité de Charles. Mais ces photos sont la preuve par l’image que ces potins étaient fondés. Omega vend les photos au magazine Vanity Fair qui en fait sa Une. La carrière de la jeune journaliste est lancée. Bientôt, c’est la princesse Diana en personne qui fera appelle à la photographe. C’est ainsi que Marie-Linh Berger deviendra l’amie et la confidente de Lady Di.

Jean-Claude Bartoll & Yishan Li © Glénat

Une plongée dans le monde des photo-reporters

Sous les atours apparents d’un mélodrame chez les têtes couronnées, Lady Di & me nous propose en vérité une enquête journalistique et une plongée dans le monde du photojournalisme et des agences de presse. La fin du récit prend d’ailleurs un tournant plus politique et l’ombre du complot plane sur ce diptyque.

Imaginé par le scénariste Jean-Claude Bartoll -ancien grand reporter- ce récit met en scène Marie-Linh Berger, une journaliste fictive qui nous fait vivre cette histoire. Bartoll utilise ce personnage pour lui faire faire certains actes historiques, tels que le cliché du flagrant délit d’adultère du prince Charles. C’est elle aussi qui conduira la Fiat Uno blanche du journaliste James Andanson, qui sera tamponnée par la Mercedes-Benz S280 (W140) de Dodi Al-Fayed juste avant de se crasher contre un poteau dans le tunnel de l’Alma, dans la nuit du 31 août 1997, accident qui a causé la mort de Lady Di.

Jean-Claude Bartoll & Yishan Li © Glénat

Marie-Linh lui sert entre autres à questionner la place qu’occupe le photojournalisme people dans l’économie de la presse. Au fur et à mesure de l’histoire, un distinguo est mis en lumière entre photojournalisme people et photojournalisme de guerre. Une opposition incarnée par la relation amoureuse entre Marie-Linh et Ricardo.

De cet intérêt des médias pour les strass, les paillettes et le scandale, la relation nouée entre la princesse et la journaliste nous montre aussi la duplicité de Lady Di vis-à-vis de la presse. En dépit de sa condition de femme bafouée et de son engagement sincère pour la cause humanitaire, Diana était loin d’être une oie blanche et se révèle, au contraire, manipulatrice. Elle savait comment jouer de son statut d’icône auprès des paparazzis pour servir ses intérêts.

Enfin, en utilisant le personnage de Marie-Linh Berger, jeune femme métisse franco-vietnamienne, c’est au drame des boat-people que Jean-Claude Bartoll nous renvoie. Peut-être est-ce sa manière à lui de nous rappeler que la crise migratoire que l’Europe affronte ces dernières années n’est pas un événement unique dans l’Histoire ?

La Fiat Uno blanche du journaliste James Andanson
Jean-Claude Bartoll & Yishan Li © Glénat

Saluons enfin le travail de la dessinatrice sino-britannique Yishan Li (Les Contes du boudoir hanté, Cutie B., Batwoman), qui nous propose un dessin élégant, tout en bichromie, souligné çà et là de quelques notes de rouge qui renforcent le côté intime du récit. Son travail de mise en scène se révèle également efficace tant dans les scènes d’action que dans les moments plus psychologiques.

Vous l’aurez compris, Lady Di & me est une des bonnes surprises de la rentrée. Elle mérite vraiment que l’on s’y attarde.

Jean-Claude Bartoll & Yishan Li © Glénat

Voir en ligne : Découvrez la série "Lady Di & me" sur le site des éditions Glénat

(par Christian MISSIA DIO)

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6 Messages :
  • Pour faire cette BD il aurait fallu un pilier.

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    • Répondu par kyle william le 13 septembre à  19:39 :

      Si c’est de l’humour noir, c’est assez subtil, bravo.

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  • Dans la première case de la seconde planche présentée, une couverture de Vanity fair titre "Charles vevoit Camilla". Il la vevoit s’il veut mais ça ne veut rien dire sauf.

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    • Répondu le 14 septembre à  08:09 :

      Et à la bulle de l’héroïne de la case 01 de la planche 06, il y a une belle coquille " tu es fou de parle Raussi fort.". Ca sent la relecture plus que rapide du correcteur. Le genre d’album qu’on envoie rapidement chez l’imprimeur sans trop regarder le contenu.

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    • Répondu le 14 septembre à  09:27 :

      Désolé pour l’inutile "sauf". Moi aussi je fais des des erreurs ! Mais bon. Ce qui m’agace, c’est qu’un éditeur comme Glénat à les moyens de payer des correcteurs et qu’il ne fait pas son travail.

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      • Répondu par Christian MISSIA DIO le 5 octobre à  20:24 :

        Bonjour à tous,

        Merci pour vos remarques et observations mais je peux vous assurer que toutes ces erreurs ne figurent PAS dans les albums papier que j’ai reçu de l’éditeur. J’ai téléchargé ces visuels sur le blog de la dessinatrice. Etant donné qu’elle n’est pas francophone, il est possible qu’elle ait mis en ligne sans s’en rendre compte les versions non définitives (comprenez "non corrigés") des pages que vous citez.

        Bien cordialement,

        CMD

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