Coup de cœur pour "Champignac", le spin-off de Spirou et Fantasio

22 février 2021 33
  • Passionnant, drôle, intelligent, mettant l'accent sur des vérités historiques largement méconnues tout en délivrant un savoureux cocktail d'aventures et d'humanité : le second tome de "Champignac" réalisé par David Etien et les BeKa est sans nul doute l'un des meilleurs albums grand public de ce début d'année !
Coup de cœur pour "Champignac", le spin-off de Spirou et Fantasio
Le premier tome de "Champignac" paru en 2019

Paru en 2019, le premier tome de Champignac mettant en scène le célèbre scientifique de Spirou et Fantasio nous a permis d’en apprendre plus sur le personnage du savant créé par André Franquin, en mettant en lumière son rôle pendant la Seconde Guerre mondiale, bien avant sa rencontre avec le groom et ses amis. Allons-nous comprendre au fur et à mesure de la série pourquoi il vit aussi secret et retiré lorsque Spirou et Fantasio le rencontrent ?

Dans ce premier tome, la relation amoureuse qu’il noue progressivement avec Blair, une jeune scientifique, offre un autre éclairage. En le dotant de ces sentiments, les auteurs lui confèrent davantage d’épaisseur, source d’empathie pour le lecteur, un sentiment qui se prolonge dans le tome deux avec le couple que Pacôme forme désormais avec son aimée et confidente, Blair.

Ce second tome s’inscrit chronologiquement dans la foulée du premier. En mai 1941, Blair et Pacôme recrutés tous deux pour aider Alan Turing à décrypter la machine Enigma sont deux jeunes gens surdoués et incompris de leur famille, une similitude qui est à l’origine de leur idylle. Mais la romance est de courte durée car Pacôme reçoit un message codé d’amis scientifiques forcés de participer au programme de recherches des nazis.

La décision est vite prise de partir à Berlin pour sauver leurs amis. Un voyage à haut risque où ils croiseront Göring en grand ordonnateur de fêtes décadentes, Wernher von Braun, qui tente de séduire Blair, et même un certain patient "A", drogué, comme tous les soldats de son peuple, à la Pervitine.

Un album de haute volée

Le ton de ce deuxième tome évolue par rapport au premier album, par exemple dans cette première page qui pose directement l’ambiance de l’aventure : alors que le premier opus dispose d’une atmosphère assez enjouée tout au long du premier tome, et que Pacôme garde l’aspect positif du savant empreint d’humanité, il apparaît plus sombre dans ce tome 2, qui commence par une scène où il subit le feu roulant de questions d’interrogateurs dont on laissera au lecteur le plaisir de la découverte.

« Dans les albums de Franquin, nous détaillent les BeKa, Les lecteurs attentifs se sont rendus compte que Champignac ne rit plus lorsqu’il se retrouve en présence d’une autorité ou d’une administration, comme lorsqu’il passe la douane dans "L’Ombre du Z". Plus globalement, dès qu’il est confronté à une pratique procédurière ou institutionnelle, il fait moins la démonstration de sa générosité et de sa bienveillance. C’est pour cela que nous voulions le montrer plus sombre dans cet interrogatoire en début d’album. De manière plus générale, nous avons construit le premier cycle de Champignac sur trois tomes, et comme la fin de celui-ci sera nettement plus lugubre, on ne pouvait pas disposer d’un ton trop guilleret dans ce tome 2. »

Champignac, tome 2 : première planche
Par BeKa & Etien - Dupuis.

L’évolution la plus notable dans la narration de cette deuxième aventure est la fluidité du récit et la vraie symbiose entre le scénario des Beka et le dessin de David Etien. De la première jusqu’à la dernière planche , les auteurs enchaînent les séquences, les confidences, les sauts dans l’espace et le temps. Si bien que l’album semble plus dense que le précédent alors qu’il comprend huit planches de moins. Sans doute est-ce dû à un plus grand nombre de rebondissements que ce qu’on a l’habitude de retrouver dans un album de cette pagination.

« Par rapport au tome 1 qui comportait 54 pages, la pagination ici en 46 planches a imposé un rythme plus soutenu, avec beaucoup d’ellipses, expliquent les BeKa. Le tome 1 a également nécessité qu’on mette en place les personnages et la série. Même si Champignac est connu des lecteurs, la façon dont nous allions l’aborder nécessitait une introduction posée et complète. Dans le tome 2 qui suit directement le tome 1, nous étions déjà au cœur de l’action, et nous avons pu nous éviter ces scènes de mise en situation qui n’avaient plus de raison d’être. De plus, entre "La Quête de l’oiseau du temps" et "Les Quatre de Baker Street", cela arrangeait David Etien de réaliser un 46 planches, une première en ce qui le concerne. »

Le côté "aventure" du récit mérite d’être souligné. Si le premier opus se concentrait sur la résidence des savants et des originaux chargés de casser le Code Enigma, ce second tome nous rappelle l’atmosphère du troisième film d’Indiana Jones, qui s’appuyait sur le talent et l’humour du duo Harrison Ford / Sean Connery. L’incursion des savants en territoire allemand retrouve ce cocktail savamment dosé, en transposant ces scientifiques dans le domaine de l’espionnage, ce qui donne des scènes décalées comme ce Professeur Jones qui chasse les mouettes à coups de parapluie.

Cet équilibre entre action, faits authentiques, science et humour doit beaucoup au puissant dessin de David Etien et son dessin semi-réaliste qui apporte cette lisibilité à l’album en dépit de sa densité, propulsant directement le lecteur dans l’Allemagne nazie de 1941.

Une évocation historique qui se nourrit de détails véridiques, comme cette drogue que la totalité des Allemands ingère pendant des années, et qui modifie leur comportement : la « Pervitine ». Si son nom semble tout droit sorti de l’esprit de Zorglub, tous les faits évoqués par le scénario n’en sont pas moins dramatiquement authentiques, et notamment le fait que cette drogue était placée dans des biens de consommation comme le chocolat. Le lecteur croira-t-il à une lubie des scénaristes, ou tentera-t-il de creuser ce détail intrigant ? Car là est aussi le plaisir de cette aventure qui se double d’une superbe leçon d’Histoire.

« Pour la Pervitine, nuancent les Beka, Nous avons été interpelés par le fait qu’un peuple entier se soit plongé dans la drogue face à des difficultés majeures (l’Allemagne des années 1930), et ce qui en en découlé d’un point de vue sociologique et historique davantage que scientifique. »

Une magnifique planche de David Etien. Vérité historique et soin dans la narration, notamment dans le traitement des couleurs.

Blair & Pacôme : un nouveau tandem à la Spirou & Fantasio ?

L’autre nouveauté (et réussite) de ce deuxième tome réside dans l’apparition de la jeune héroïne Blair. Non seulement, elle compose avec Champignac un couple des plus charmants, mais sous l’effet de la Pervitine et/ou de ses caractères, elle se révèle plus leader que Pacôme. On la ressent plus forte dans ce tome, notamment face à la misogynie des douaniers, lorsqu’elle doit céder le volant à un homme, ou dans la révélation des éléments de son passé. Dans cet épisode, alle prend une épaisseur palpable, se positionnant désormais comme co-héros de la série avec Champignac, pour notre plus grand plaisir, car le duo fonctionne parfaitement.

« En effet, Blair mène l’action dans ce tome 2, et parfois Pacôme passe au second plan, nous commentent les scénaristes. Un choix de notre part car nous voulions souligner l’aspect volontaire et indépendant de ce personnage, qui pourrait faire de grandes choses dans sa vie. Et d’un autre côté, la mise en avant de Blair marque d’autant plus la décision de Pacôme de reprendre le lead pour une décision difficile qui subvient en fin de récit. Ce côté un peu plus placide dans l’album devait contraster avec le moment où il tape du poing sur la table. D’ailleurs, lorsque Morgan Di Salvia, le rédacteur en chef du Journal de Spirou nous a demandé des chansons à choisir pour la fin de l’album, nous avons proposé "La Grenade", pour souligner le caractère de Blair, et "Courage to Change" de Sia pour souligner l’importance de la décision à prendre. D’ailleurs, si Blair avait pris la place de Pacôme dans cette action décisive de fin d’album, sans doute aurait-elle opté pour un autre choix. »

On peut lire Le Patient A au premier degré, comme une aventure des héros que l’on connaît ou que l’on a appris à apprécier mais cela va bien au delà : « Même si nous ne voulions pas le mettre au premier plan, avouent les BeKa, Nous avons apprécié Champignac et inventé Blair pour mettre en avant ces personnages inadaptés qui sont restés au second plan de l’humanité. La Seconde Guerre mondiale et les années qui ont suivi ont été une bascule qui leur a donné les moyens nécessaires pour réaliser leurs capacités, comme Bill Gates et Steve Jobs, ou des séries comme "Big Bang Theory" qui montrent que ces personnes sont maintenant des héros ou des exemples. Ils ont maintenant droit de cité, alors qu’ils étaient auparavant les idiots du village, quitte à se faire caillasser. En plus d’une trame d’aventure, nous voulions mettre en avant la singularité des personnages, et ce qu’elle peut engendrer. »

Une double-page exemplaire de l’intelligence et de la finesse des auteurs, ici au service de la profondeur de leurs personnages.

La Science est les Nazis

Les auteurs jouent également sur des nuances qui vont du gris clair et gris foncé, entre autres grâce à Sprtschk, la fameux savant que les passionnés de Spirou et Fantasio seront heureux de retrouver. Comme ce Werner Von Braun qui construisait des V2 pour les Nazis, et que les Américains vont récupérer pour construire des fusées pour aller sur la Lune, improprement qualifiée de « planète » dans l’album : « De manière générale, il faut se positionner face au nazisme, statuent les scénaristes. La passivité est une complicité. Dans notre société où le populisme opère un grand retour et avec les difficultés économiques qui nous attendent, on ne pourra plus se permettre d’être neutre. Chacun doit pouvoir se poser les bonnes questions et donner sa réponse. »

Les BeKa
Photo : © Chloé Vollmer-Lo.

Propos recueillis par Charles-Louis Detournay.

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Champignac, T.2 : Le Patient A - Par David Etien et les BeKa - Dupuis.

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Illustrations : Champignac par BeKa Etien © Dupuis 2021
Photos des auteurs : © Chloé Vollmer-Lo.

 
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33 Messages :
  • la polyvalence des Beka est impressionnante. Ils savent tout scénariser.
    incontournables.

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    • Répondu par auteur le 23 février à  01:17 :

      Au contraire, ils n’ont rien compris à l’esprit de Champignac. Une création de Franquin qui doit se retourner en voyant H. dans un album de l’univers de Spirou...
      Avec des "révélations " sur la deuxième guerre mondiale qui feraient rire les historiens ( le premier épisode écrit après le film réalisé sur Alan Turing, le deuxième sur les drogues employées par l’armée allemande et le médecin de H.). Tout cela sent juste la documentation de youtube génération ou National Géographic télé. Avec la complicité d’un éditeur ravi d’utiliser un sujet commercialement discutable autour de la croix gammée. Il y a bien longtemps qu’il n’y a plus de capitaine chez Dupuis. Après le massacre des Tuniques Bleues , par des auteurs de bonne foi mais qui n’y comprennent rien, et avec la complicité d’un éditeur qui manifestement manque de respect envers ses auteurs historiques et qui n’a jamais lu des BD, on atteint des sommets de facilités et de médiocrité. Je trouve dommage qu’un bon dessinateur se fourvoie autant et se retrouve complice d’un tel manque de créativité possible avec un tel personnage.

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      • Répondu par Mike le 23 février à  09:02 :

        J’imagine de des gens comme vous ont du trouver la reprise de Rob-Vel par Franquin décadente à l’époque...
        J’ai pas lu ces 2 albums, mais argumenter avec un peu de respect pour les auteurs serait un minimum de politesse.
        Mais visiblement vous avez trop de frustration à évacuer et trop envie de faire des phrases, heureusement qu’il y a les réseaux sociaux pour ça.
        J’en ai vraiment marre des gens comme vous qui polluent les sites de BD...

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        • Répondu par Milles Sabords le 23 février à  11:07 :

          Personnellement, je trouve ce dessin d’une grande virtuosité et qui me fait penser par moment à celui Jeffrey Scott Campbell, surtout dans l’encrage et ce rapport entre "caricature" et traitement "réaliste" des personnages. C’est une belle surprise, surtout pour un personnage aussi connoté que celui du professeur Champignac. Le scénario du premier tome est excellent. Un bon moment de lecture.

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        • Répondu le 23 février à  11:54 :

          J ai adoré le dessin qui fourmille de détails, ce gars est vraiment doué, il a du passer du temps sur chaque page... et l’histoire est vraiment bien conçue. Une fois de plus un excellent mariage scenariste/dessinateur de la part de dupuis.

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          • Répondu par Michel Dartay le 23 février à  14:43 :

            Exactement, cet album est très bien mené, une réussite !

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          • Répondu le 24 février à  17:10 :

            Difficile d’imaginer un dessin plus raide et plus maniéré. Ça fourmille surtout de détails inutiles. On dirait un mauvais manga.

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            • Répondu le 25 février à  11:19 :

              juste parce que ça m’intéresse, qu’est-ce que vous trouvez de raide dans le dessin ? les attitudes ? l’encrage ? les cadrages ?

              parce que perso je ne vois rien de raide (?)
              je sais pas ce qu’en pensent les dessinateurs qui passent sur ce forum ?

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              • Répondu par kyle william le 25 février à  18:12 :

                Le trait est raide et grouille de détails raffinés et superflus qui ajoutent encore à la lourdeur graphique de l’ensemble. De façon générale, je ne suis pas fan du style démo-réaliste façon Soda ou Tome et Janry, qui consiste à ajouter du graphisme chiadé et réaliste sur des personnages et des décors qui conservent des proportions humoristiques. Pour tout dire, je trouve ce mélange pompier et de mauvais goût, pas dans le sens de l’histoire du dessin. J’expose ici mon avis personnel. Beaucoup de gens méprisent l’épure et adorent les petits détails qui fourmillent partout, ils ont l’impression d’en avoir pour leur argent. C’est comme au cinéma, les effets spéciaux plaisent.

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                • Répondu par kyle william le 25 février à  21:25 :

                  Je voulais écrire « semi-réaliste ». Je ne suis pas client du style semi-réaliste.

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                • Répondu par kyle william le 25 février à  21:30 :

                  Et je désapprouve en particulier le style de Jeffrey Scott Campbell que je trouve d’une vulgarité absolue. Il devrait dessiner des images pour des calendriers avec des pin-ups, des chatons et des arcs-en-ciel à l’aérographe sur Photoshop car là est sa place. D’ailleurs, c’est ce qu’il fait.

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                  • Répondu par Milles Sabords le 26 février à  07:10 :

                    C’est justement ça qui est difficile à trouver : l’équilibre entre un graphisme semi-réaliste, qui s’appuie sur les canons anatomiques et architecturaux du style réaliste, tout en distillant pertinemment des personnages très "caricatures". Les dessinateurs Etien et Campbell y arrivent parfaitement, ainsi que le dessinateur Vallée. Et ils ne sont pas nombreux à savoir le faire avec autant de maîtrise. Et ce ne sont des paires de poitrines opulentes (Campbell) qui masquent le talent.

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                    • Répondu par kyle william le 26 février à  08:33 :

                      Certains aiment ces poseurs de fioritures sur une base de caricature mais selon moi cette voie est une impasse. C’est très vilain.

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                      • Répondu le 28 février à  11:46 :

                        S’il y a bien une maison d’édition qui peut revendiquer l’héritage de d’école de Marcinelle, c’est Dupuis. Que Dupuis fasse du Dupuis, c’est naturel et légitime. Mais la question qui se pose est-celle du maniérisme. Question d’évolution. Dupuis aujourd’hui n’est plus Dupuis d’il y a cinquante ans.

                        Janry est un des héritiers du dessin de Franquin mais il y ajoute quelque chose de baroque. Un goût pour le détail huilé, chromé. Dans le dessin de David Etien, il y a du Janry et du Disney (semi-réalisme de certains long-métrages) mais pas de David Etien. Pas quelque chose d’immédiatement identifiable e prorpe à lui. Du moins, pas pour l’instant. Le temps passe, les dessinateurs sont influencés par leurs ainés et ainsi de suite. Strate par strate et s’il n’y a pas rupture dans la continuité, on aboutit à du maniérisme. Dire « c’est vilain » ou « on en a pour son argent » ne fait rien avancer. En revanche, se demander pourquoi ce maniérisme, n’est pas inutile.

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                        • Répondu le 28 février à  16:23 :

                          C’est vrai que « c’est vilain », c’est un peu court. Mais pas faux, comme c’est généralement le cas des maniérismes.

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                          • Répondu le 28 février à  18:12 :

                            Les maniérismes (péjoratif) ce n’est pas le maniérisme (tendance du XVIe s en art en Italie). Ce ne sont pas ces tics graphiques qui sont intéressants à analyser (les maniérismes) mais les raisons et les significations de ces tics graphiques qui perpétuent un style (le maniérisme).
                            David Etien utilise des codes graphiques qu’il n’a pas inventé mais qu’il maîtrise. On est dans la sophistication, dans l’esthétisme (la forme qui prédomine sur le fond). MAIS… Est-ce qu’un autre style graphique conviendrait mieux ? À qui s’adresse ce spin-off ? Est-on dans encore dans le « classicisme » ou dans le « maniérisme » ?
                            De dire « c’est vilain » n’éclaire rien parce que c’est exprimer sa propre opinion, son propre au goût, son a priori, ses préjugés. Ce qui est vilain pour un lecteur ne l’est pas nécessairement pour un autre. Mais si vous parvenez à définir ce qui fait que c’est ainsi fait, alors la critique fait sens.

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                            • Répondu le 28 février à  20:55 :

                              Avant d’écrire « c’est vilain », j’ai précisé que j’exprimais un avis personnel. Je ne fais pas de prosélytisme mais de façon générale je trouve que le procédé consistant à ajouter des détails semi-réalistes sur des personnages qui conservent des proportions conformes à celles des personnages de Franquin, ce procédé-là, oui, en plus d’être laborieux, est un vilain maniérisme.

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                              • Répondu le 1er mars à  08:17 :

                                J’avais compris. Mais le pourquoi de ce maniérisme, vous ne semblez pas chercher à le comprendre. Que vous aimiez ou pas, n’importe qui pourra vous répondre « chacun ses goûts ! » En revanche, que vous nous expliquiez pourquoi ce maniérisme existe et pourquoi il vous semble être une impasse, même si c’est subjectif, ça s’appelle de la Critique.
                                Alors pourquoi ce vilain maniérisme est-il une impasse ?
                                Et si c’est une impasse, pourquoi Dupuis a-t-il décidé de l’emprunter ?

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                                • Répondu par kyle william le 1er mars à  10:21 :

                                  Non, en effet, je ne cherche pas à comprendre le pourquoi de ce maniérisme. Ça ne m’intéresse pas suffisamment. J’imagine que les auteurs et leurs éditeurs pensent que c’est la chose à faire, qu’il y a un public pour ça. Si on y réfléchit, il y a une certaine logique. Le projet revisite le Spirou de Franquin. Donc le dessinateur juge opportun de partir du dessin de Franquin et d’y ajouter mille détails pseudo-réalistes. Ça lui paraît probablement cohérent.

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                                  • Répondu par Milles Sabords le 3 mars à  06:30 :

                                    Pourquoi toujours vouloir voir une interprétation ou une reproduction d’un autre style, en l’occurrence, celui de Franquin. C’est tout simplement le style de dessin d’Etien, pleinement assumé, sans triche ou coup fourré de son éditeur pour tromper le public.

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                                    • Répondu le 3 mars à  09:15 :

                                      On parle d’influences. On n’a pas dit qu’il y avait coup fourré.

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                • Répondu le 26 février à  10:43 :

                  ok merci pour les explications. je pense en effet que en tout cas beaucoup de dessinateurs passent du temps pour mettre un maximum de détails, dans le but, comme vous dites, d’en donner pour leur argent aux lecteurs. Je pense par exemple à Debarre dans son joe bar team.

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                  • Répondu par Auteur le 26 février à  11:28 :

                    Ce n’est pas une histoire "d’en donner pour son argent" au public, puisque les éditeurs ne nous rémunèrent pas à la hauteur du temps passé sur la planche. C’est juste une histoire de style graphique et de gouts perso suivant l’auteur. Certains aiment le détails, le travail long et méticuleux, d’autres pas.

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                • Répondu par Onomatopée le 27 février à  07:47 :

                  Réduire le sens du détail à des effets spéciaux de cinéma est très dévalorisant. Vous mélangez tout. Pour ne citer que quelques exemples parmi tant d’autres, Gillon, De la Fuente, Marcello, avaient eux aussi un véritable sens du détail. Mais il n’en reste pas moins que leur maîtrise du dessin, des aplats noirs, de la composition, rend leur travail très lisible et hors de toutes fioritures inutiles. Le dessinateur Etien se situe dans un sillage plus Marcinelle, tout simplement.

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                  • Répondu le 27 février à  18:28 :

                    Gillon était un génie du noir et blanc et de l’épure. Aucun effet spécial, aucun détail superflu chez lui. Comme chez Alex Toth, Jordi Bernet et tous ces mecs top-classes, qui n’ont strictement rien à voir avec le dessinateur de cette énième version de l’univers Spirou. De la Fuente, souvent excellent mais ça dépend des périodes.

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                    • Répondu par Onomatopée le 28 février à  07:06 :

                      Peu importe, ce que j’expliquais, c’est que le détail, ou la profusion de détails, ne sont jamais superflu si c’est maîtrisé. Certains utilisant trop souvent l’ajout de détails pour masquer leurs carences graphiques.

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                    • Répondu le 1er mars à  08:24 :

                      Gillon, Alex Toth, Jordi Bernet, De la Fuente. Je ne vois pas le rapport avec le dessin semi-réaliste-Marcinelle de David Etien. LEs influences de David Etien sont ailleurs. Vos goûts pour définir ce qui est laid ou beau, bien ou mal, on s’en fiche.

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                      • Répondu le 1er mars à  10:16 :

                        Bien sûr qu’on s’en fiche. Tout le monde ici donne son avis personnel. Les critiques ne font pas autre chose, la plupart du temps. Mais les avis des uns et des autres, on s’en fiche.

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                        • Répondu le 1er mars à  14:13 :

                          Si vous vous en fichez des avis des uns et des autres, alors, pourquoi intervenir sur ce forum ?

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  • "Comme ce Werner Von Braun qui construisait des V2 pour les Nazis"

    Wernher ne construisait pas POUR les nazis, IL ÉTAIT NAZI. Une ordure cynique et sans scrupule prête à envoyer à la mort des dizaines de milliers de déportés (des Résistants français principalement) pour concrétiser ses délires dans ses camps de concentration souterrains.
    Vous auriez plutôt dû écrire :

    Comme le nazi Wernher von Braün qui construisait des V2.

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    • Répondu le 24 février à  17:29 :

      Oups… von Braun et pas von Braün ni Von Braun, mais bien Wernher et pas Werner.

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  • « Puis, vers 10 ans, je me suis intéressée au grec et au latin pour comprendre leur influence sur les dialectes préceltiques, et en déduire lex flux migratoires antiques… »

    C’est du n’importe quoi !

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