Covid-19 : Lorenzo Mattotti et Catawiki s’engagent pour les hôpitaux de Bergame

29 mai 2020 0 commentaire
  • Nous vous en avons déjà parlé : Catawiki organise une enchère exceptionnelle des plus grands artistes italiens comme Milo Manara, Tanino Liberatore ou Paolo E. Serpieri. L'un d'entre eux, Lorenzo Mattotti, est resté tout ce temps confiné à Paris. Son dessin, qui a fait la Une de La Reppublica, fait partie de la vente. Nous l'avons rencontré pour qu'il nous raconte son confinement et le contexte de cette exceptionnelle vacation de Catawiki.
Covid-19 : Lorenzo Mattotti et Catawiki s'engagent pour les hôpitaux de Bergame
Le dessin de Lorenzo Mattotti a fait la Une de "La Repubblica", le quotidien le plus prestigieux d’Italie.

Il est resté confiné à Paris. Il était en tournée de promotion, précisément en Italie, pour son film, le beau dessin animé « La Fameuse Invasion des ours en Sicile » sorti sur les écrans français en octobre dernier.

« Cette crise, c’est une tragédie, le nombre de morts, c’est un drame, nous dit-il. Mais moi, cette partie du confinement, je l’ai très bien vécue. En avril, j’avais prévu plein de voyages et de festivals, et ça s’est malheureusement perdu, mais ça m’a donné l’occasion de me retrouver dans mon atelier sans pression. J’ai recommencé à dessiner, j’ai pu retrouver un tempo plus tranquille, et j’ai recommencé à travailler librement dans mes cahiers. J’ai retrouvé un grand plaisir à dessiner, quelque chose que j’avais perdu depuis trois ou quatre ans quand j’étais focalisé sur le film. Je n’avais pas vraiment l’occasion de revenir dans mon atelier et dans mon monde, de retrouver des thématiques, des techniques aussi. J’ai recommencé l’encre, la peinture... C’était pour moi l’occasion de retrouver tout ça, et j’ai l’impression de pas avoir perdu de temps du tout. J’alternais entre mon atelier et mon appartement avec mes enfants à 200 mètres... Je l’ai aussi vécu comme une occasion de retrouver mon fils, ma fille, de renouer des relations qui s’étaient un peu distendues. »

De Paris, il suit la situation en Italie où la crise sanitaire avait commencé un mois avant la France. La cinémathèque où il était venu lancer le film à Bologne a fermé juste après. C’est donc en connaisseur qu’il suit la progression de l’épidémie sur la télévision italienne. «  La mère de mon épouse Rina [1] était restée là bas, près de Milan, et on entendait le rapport sur tous les morts qui survenaient à Bergame et à côté, dans la région milanaise. C’est incroyable comme cela s’est développé d’une façon aussi rapide et violente. On ne comprenait pas encore tout d’ailleurs, on avait l’impression que cela ne s’arrêterait jamais. »

Au plus fort de la crise, le grand quotidien italien, La Repubblica, publie un supplément consacré au Covid-19 et sollicite les plus grands créateurs de la péninsule. Lorenzo y contribue. Le dessin qu’il fait plaît tellement qu’il fait la couverture de ce supplément. «  Je n’avais pas beaucoup d’idées à ce moment-là, nous raconte Lorenzo, et j’ai décidé de faire ce dessin dans une thématique très BD, avec un super héros-infirmier qui affronte le virus comme un méchant de comics, une sorte de monstre. Je l’ai fait un peu à la manière de Chirico car c’est une référence à la situation italienne. Il n’y avait pas encore la crise aux USA à ce moment-là, c’étaient les première semaines de la crise italienne, et la crise ne faisait rage que là-bas. Je voulais donc vraiment donner une connotation italienne à mon dessin, et c’est pour ça que je l’ai fait ainsi. À La Repubblica, ils ont beaucoup aimé, et ils ont décidé d’en faire une Une, et ça a eu beaucoup d’écho, grâce à Instagram notamment. »

"Une sorte de super-héros combattant le virus". En vente sur Catawiki.
© Lorenzo Mattotti.

"Highlight" de l’enchère

Cette notoriété donne évidemment davantage de prix à un dessin qui a valeur de symbole, pour l’Italie comme pour le reste du monde. Lorenzo Mattotti en attend beaucoup... pour les hôpitaux de Bergame. «  Tout de suite donc on s’est dit avec Rina qui s’il y avait une vente aux enchères qui s’organisait, je donnerais volontiers ce dessin pour y participer. Je ne suis pas infirmier ou docteur, mais c’était ma manière de participer à l’effort collectif. Et en vendant ce dessin original, il y avait moyen de gagner beaucoup d’argent car ce genre de pièce intéresse beaucoup les collectionneurs. Mais avec Rina, on n’avait jamais organisé de vente aux enchères, on s’est demandé comment faire. J’en ai d’abord parlé à La Repubblica, puis est arrivée la demande de Catawiki, qui organisait une grande vente avec Liberatore, Manara, et beaucoup d’autres auteurs, dont certains avec lesquels j’ai déjà travaillé. Je me suis dis que c’était le bon endroit pour faire la vente. »

Contrairement à l’usage, Catawiki ne prend d’ailleurs pas de commission sur cette vente caritative. Tout ira aux hôpitaux de Bergame qui ont été les premiers en Europe sur la ligne de front. « En plus de cela, nous avons décidé de faire une série de vingt sérigraphies numérotées et signées de la même image et de les vendre à la même occasion. Ça coûte moins cher que l’original et ça permet à plus de gens d’y accéder. Ça peut beaucoup aider, je pense. »

Lorenzo Mattotti dans son atelier à Paris
Photo : Galerie Martel, Paris.

Maintenant que la crise commence à se calmer, son souhait est retourner le plus vite possible en Italie où il a une maison de famille en Toscane. Pour y travailler, comme avant.

Voir en ligne : LE SITE DE LA VENTE

(par Jaime Bonkowski de Passos)

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

La vente se déroule jusqu’au 3 juin 2020 sur le site de Catawiki. (lien ci-dessous)

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[1La propriétaire de la Galerie Martel, laquelle réouvre avec une jolie expo collective à Paris NDLR.

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