Coyote : "J’ai des choses à prouver à mes pères et à mes pépères !"

30 octobre 2008 0 commentaire
  • {{Coyote}} a abandonné provisoirement son personnage fétiche, {Litteul Kevin}, pour nous brosser en compagnie de sa co-scénariste, {{Nini Bombardier}}, le portrait des habitants d’un HLM.

Une brochette d’individus à l’origine et au caractère distincts que les auteurs nous peignent avec tendresse. Au travers des personnalités extravagantes de ses personnages, Coyote aborde l’acceptation de nos différences… Rencontre.


Coyote : "J'ai des choses à prouver à mes pères et à mes pépères !"Avez-vous inventé « les Voisins du 109 » parce que vous quittiez Fluide Glacial ?

Non. Pas du tout. J’avais développé cette idée pour Dominique Lidwine. Il réalisait, à l’époque, La Quête de L’Oiseau du Temps dans un style chiadé, très poussé. J’ai développé cette idée pour lui. Lorsque j’ai eu le temps d’écrire le découpage de ce récit, il n’était malheureusement plus libre. Je m’y suis donc collé ! J’ai assuré la partie graphique moi-même car je ne me voyais pas réaliser Litteul Kevin, toute ma vie, en continu. J’ai beaucoup d’idées. J’ai envie de les développer un jour ou l’autre. Et puis, c’était l’occasion de réaliser un album en couleur directe, à l’ancienne. Les Voisins du 109 était une série destinée à Fluide. Mais comme j’ai quitté cette maison en 2005, je l’ai destinée à ma nouvelle famille … le Lombard !

Pourquoi le Lombard ?

Lorsque j’ai quitté Fluide Glacial, j’avais besoin d’un nouvel éditeur. J’ai rencontré quelques grands patrons qui me faisaient les doux yeux. Je connaissais François Pernot depuis quelques années. C’est un patron magnifique. J’ai aimé la sincérité qu’il y avait dans ses yeux. Ils brillaient pour autre chose qu’un tiroir-caisse ! Cet homme aimait mes idées. Au moment où je me sentais trahi par mes amis, j’avais besoin de m’expatrier. La Belgique était parfaite pour m’accueillir ! Je me sens parfois comme un mercenaire-guerrier. J’ai retrouvé François Pernot au café « La Mort Subite » à Bruxelles. Au même endroit où se retrouvaient des mercenaires comme Bob Denard.
Je changeais de caserne, alors autant que ma guérilla soit noble. Je voulais avoir de bons chefs, et ne pas recevoir des tirs à vue dans le cul ! Cette maison avait besoin d’une touche de Rock ’n Roll ! Du coup, je leur ai apporté du sang neuf, et quelques amis ont voulu me suivre dans cette démarche.

Extrait du T2 des "Voisins du 109"
(c) Coyote, Bombardier & Le Lombard

Dans les Voisins du 109, vous mettez en scène des gens qui habitent le même immeuble. Ceux-ci sont issus de milieux différents, de la famille bourgeoise au couple gothique …

Effectivement. Comme vous pouvez le voir, j’ai une apparence qui n’est parfois pas très facile : cheveux longs et tatouages. Avec cette série, je souhaitais attirer l’attention du lecteur sur le fait qu’il ne faut pas juger quelqu’un sur son apparence. Acceptons nos différences, quelles que soient les caractéristiques physiques, la couleur de la peau, la différence d’âge dans un couple, etc. Ce n’est pas parce que l’on a une apparence gothique, et que l’on peut faire peur à certaines personnes, que l’on est mauvais ! La thématique des Voisins du 109 est l’acceptation de nos différences ! Le lecteur entre dans l’intimité des habitants de cet immeuble, et va finir par les aimer.

Est-ce une réaction par rapport au regard que les gens portent sur vous ?

J’en ai peut-être souffert quelquefois, mais c’était plutôt rare ! Mais à l’inverse d’un noir, par exemple, j’ai choisi mes tatouages et mes cheveux longs. Ce sont des choses à assumer. J’aimerais me servir de mon charisme pour participer au changement de notre planète. Le concept des Voisins du 109 n’est pas destiné à faire de l’argent. Si j’avais été dans cette optique, j’aurais aligné les Litteul Kevin sans m’arrêter… Je souhaitais partager des envies, des messages, tout en me faisant plaisir.

Les lecteurs vous ont-ils suivi pour cette série ?

Les ventes sont bonnes, mais bien évidement éloignée de Litteul Kevin. Bien sûr, certains lecteurs m’ont suivi. Il y a bien évidement les nostalgiques de Mammouth et Piston et de mes autres histoires de Bikers qui me disent que le 109 est gentil ! On me confie souvent que Litteul Kevin est gentil, et que même Coyote est gentil. Ce mot est plutôt positif, donc je le prends bien (Rires).

Extrait du T2 des "Voisins du 109"
(c) Coyote, Bombardier & Le Lombard

Pourquoi réaliser cette nouvelle série en couleur directe ?

J’avais des choses à prouver à mes pères et à mes pépères ! J’ai commencé à travailler en noir et blanc car Fluide Glacial, à l’époque, ne publiait pas de page en couleur. Changer de technique fait partie d’une évolution dans de ma vie d’auteur. Et puis, les couleurs font partie intégrante du concept des Voisins du 109. Vous le comprendrez en lisant le troisième album…

Coyote & Nini Bombardier
(c) Nicolas Anspach

Parmi tous les personnages du 109, lequel vous tient-il le plus à cœur ?

Tous ! Ils sont le reflet de ma personne. Je les ai sortis de mon ventre, de ma tête et de mes petits doigts. On en a découvert certains dans le premier album. Mais on en découvrira d’autres dans les prochains volumes. Il n’y aura que trois albums. La série se déroule en un week-end : vendredi, samedi et dimanche. Ce sera le plus long week-end de ma vie !

Un Litteul Kevin paraîtra-t-il en 2009 ?

Oui, si tout va bien. Les premières planches ont déjà été publiées dans le Strip du Lombard. Ce journal est une de mes idées. J’en ai d’ailleurs inventé le titre. Lorsque j’ai quitté Fluide Glacial, je souhaitai continuer à publier mes planches dans un journal. Je l’ai toujours fait, d’ailleurs. Que cela soit dans des journaux de bikers que dans Fluide. J’ai besoin du retour des lecteurs pour continuer à travailler. Je ne me voyais pas réaliser mes histoires seul dans mon coin pendant un an, sans avoir de réaction.

(par Nicolas Anspach)

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