Création d’une école de pilotage « Michel Vaillant »

26 mai 2021 0 Actualité par Marc Dacier Charles-Louis Detournay
Dessinateur : Graton Classification : tout public
  • Lancée officiellement le 5 mai dernier, la Vaillante Académie, ouverte à tous, propose de prendre le volant d'une réplique d'un des plus mythiques bolides pilotés par Michel Vaillant au cœur des années 1960.
Création d'une école de pilotage « Michel Vaillant »
Jean-Louis Dauger sur le circuit de Vendée
Photo : M. Dacier

Avant la création de cette école de pilotage, il y a celle de la voiture. L’idée en est à mettre au crédit de Jean-Louis Dauger, directeur de la marque et du développement de la marque Michel Vaillant depuis 2013. Imaginatif, il a déjà à son actif, entre autres, les « Michel Vaillant Art Strips » (tirages de luxe d’images extraites des albums de la série), le partenariat avec l’écurie suisse Rebellion qui a abouti au titre de champion du monde WEC 2017 (catégorie LMP2) d’une Vaillante-Rebellion ou encore la participation d’une F3 Vaillante-Carlin au Grand Prix de Macao 2017.

« En 2018, nous explique Jean-Louis Dauger, Je me rends sur le circuit de Charade, en Auvergne, où se trouve la Classic Racing School, une école de pilotage qui propose à ses stagiaires de prendre le volant de bolides « vintage ». Et là, je fais la connaissance de Paul McMorran, propriétaire de la société "Crosslé Car Company". »

Extrait de L’Honneur du Samouraï

« Vaillante by Crosslé »

Fondée en Irlande du Nord en 1957, année même de la création du personnage de Michel Vaillant par Jean Graton, Crosslé conçoit et fabrique des voitures de course, vendues surtout aux États-Unis. Pour créer la 90F, voiture de la Classic Racing School, Crosslé s’est inspiré de sa 16F victorieuse en Formule Ford en 1969.

« À Charade, une idée surgit dans mon esprit, continue Jean-Louis Dauger : proposer à Paul de construire une voiture inspirée de la Vaillante pilotée par Michel Vaillant en 1964 dans "L’honneur du Samouraï". Pourquoi cet album ? Parce que c’est mon préféré, tout simplement ! Je préviens Paul : le nombre de ces voitures sera de treize, pas une de plus ni une de moins. D’abord, évidemment, parce que c’est un nombre indissociable de l’œuvre de Jean Graton depuis l’album "Le 13 est au départ", et ensuite parce que le principe d’une série limitée correspond au standing que je veux donner à la marque Michel Vaillant. C’est ainsi que chaque voiture sera numérotée. »

Photo : M. Dacier

L’idée plaît à Paul McMorran, qui accepte le défi et lance aussitôt la conception et la fabrication d’un voiture baptisée Vaillante by Crosslé. Fabriquée à la main, celle-ci est dotée d’un châssis tubulaire en acier, d’un moteur 4 cylindres Ford Zetec de 2 litres qui développe 150 chevaux, d’une boîte manuelle à quatre rapports et de pneus Dunlop. Son habitacle est habillé de cuir brun et son volant est en frêne, typique des sixties. Sa pointe de vitesse est de 210 km/h.

Paul McMorran a une crainte, celle d’avoir du mal à en vendre les treize exemplaires. Il est vite rassuré. À peine les trois premières voitures sont-elles achetées par des collectionneurs privés que les dix suivantes sont réservées par une toute nouvelle école de pilotage sur circuit, la Vaillante Académie.

Photo : M. Dacier

Une implantation vendéenne

En 2019, Jean-Louis Dauger invite son ami Thierry Place à la "Classic Racing School" de Charade. Il lui parle de la "Vaillante by Crosslé" et c’est ainsi que les deux hommes ont l’idée de la Vaillante Académie.

« Je ne suis pas issu du milieu de l’automobile, raconte Thierry Place, mais j’ai occupé de nombreux postes de management et de gestion au sein d’entreprises variées en taille et en activités. Jean-Louis n’a pas souhaité devenir l’un des propriétaires de la Vaillante Académie, pour ne pas risquer d’être accusé de conflit d’intérêt avec son rôle de directeur de la marque Michel vaillant. C’est donc moi qui ai fondé la Vaillante Académie en juillet 2020, avec un budget total d’un peu moins d’un million d’euros, nécessaire pour l’acquisition des voitures et du matériel, ainsi que pour la location du local et des ateliers à Fontenay-le-Comte (85), sur le site du Circuit de Vendée. La Vaillante Académie se devait d’être implantée dans l’ouest, car c’est là qu’a grandi le Nantais Jean Graton. De même, le mot « académie » est écrit en français et nom à l’anglaise, pour bien souligner l’identité nationale de la marque Vaillante. »

Bien que basée en Vendée, la Vaillante Académie a vocation à devenir une école itinérante. Elle se déplacera sur le circuit de l’Ouest parisien à Dreux (28) puis sur celui de Haute-Saintonge (33)... « Notre rêve est évidemment de faire un jour rouler nos Vaillante sur le circuit Bugatti du Mans ! », avoue Thierry Place.

L’école a ouvert le 5 mai dernier, par une journée réservée à la presse. Chaque stagiaire est habillé de pied en cap aux couleurs de Michel Vaillant, combinaison ignifugée RRS, gants, bottines et casque blanc « Vaillante » (le casque noir « Leader » est aussi disponible !). Il est encadré, guidé et conseillé par des moniteurs diplômés de la Classic Racing School

La Vaillante Académie est ouverte à tous, particuliers ou groupes d’entreprise, il suffit d’être titulaire du permis de conduire... et d’un portefeuille bien garni ! La demi-journée coûte 1190 € TTC, la journée complète 1990 € TTC. Une somme justifiée par le prix de la Vaillante by Crosslé et le coût de son entretien, par la qualité de la prestation et par la distance de roulage (30 tours de circuit en Vendée, soit 120 km).

La voiture de sécurité de l’école est un pur produit vendéen, il s’agit d’une ERC 140, GT de course électrique.
Photo : M. Dacier

De la case à la piste

Paul McMorran raconte la façon dont il est parvenu à faire sortir la F1 Vaillante des pages de L’Honneur du samouraï pour en faire une réalité : « La première étape a consisté à scanner au laser le châssis d’une Crosslé de 1972. Puis on a modelé sur ordinateur une carrosserie qui s’adapte à ce châssis tout en étant le plus proche possible de la voiture dessinée par Jean Graton dans "L’Honneur du samouraï". Cela n’a pas été aisé, un dessinateur de BD, par nature, trichant souvent pour adapter les cases de ses albums à la dramaturgie, ce qui implique un certain manque de cohérence dans la représentation de la voiture de Michel Vaillant. »

Extrait de L’Honneur du Samouraï

« Celle-ci est une Formule 1, avec un moteur V12 et un réservoir bien plus volumineux que ceux de notre Crosslé, qui est plus petite et basse qu’une F1 des années 1960. Mais la partie la plus ardue a reproduire a été le nez caractéristique de la voiture, inspiré du « nez de requin » (le fameux « shark nose ») de la Ferrari 156 de 1961 avec laquelle Phil Hill est devenu champion du monde. Autre difficulté : la couleur des échappements. Jean-Louis tenait absolument à ce que ceux-ci soient blancs, comme dans l’album. Cela nous a obligé à utiliser une peinture qui résiste à la chaleur. C’est également pour coller le plus possible aux dessins de Graton que les jantes de la "Vaillante by Crosslé" sont jaunes. »

Paul McMorran au volant de sa propre Crosslé, à laquelle il a donné la décoration de la voiture de Yori Yoshisa, l’adversaire japonais de Michel Vaillant dans L’honneur du Samouraï.
Le numéro 20 de la voiture de Paul McMorran est celui utilisé par Yori Yoshisa au GP de F1 de Monaco ( et donc différent du numéro qui apparaît sur la couverture)
Photo : M. Dacier

Voir en ligne : Le site de la Vaillante Académie

(par Marc Dacier)

(par Charles-Louis Detournay)

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