Crimson Shell – Par Jun Mochizuki – Éditions Ki-Oon

30 mars 2012 0 BD d’Asie par Vincent GAUTHIER
Éditeur : Ki-oon
  • Une rose parfaite contamine les corps. Une nouvelle naissance démoniaque qui crée la mort et accable de peines les vivants, mais une organisation résiste, Crimson Shell est en lutte contre ce nouveau peuple destructeur.

Un dangereux savant a créé une rose inégalable. Mais le pouvoir de celle-ci, intense jusqu’à la folie, provoque une contamination démente au sein des êtres pris en son pouvoir. Devenus des roses noires, ils sèment la mort. Organisés dans l’enceinte de Crimson Shell, les résistants bénéficient d’une arme puissante, la jeune Claudia, la sorcière des Roses, qui aidé par Xéno, son chevalier servant, a pu maitriser son pouvoir et s’en servir pour combattre. Mais d’étranges agissements de certains des membres de l’organisation vont provoquer la collision entre Claudia et son destin.

Ce « one-shot » par l’auteur de Pandora Hearts recèle de bons sentiments, versés à la pelle dans un graphisme brouillon surtout lors des scènes d’action mais l’intrigue ne décolle pas. Entre des décors présents de manière superficielle et un argument au fort goût de « déjà-vu », ce manga décline un ton sur ton d’une médiocrité ennuyeuse. Les émotions des personnages sont surfaites et l’obsolescence du scénario n’arrange rien. Cette trame livide ne connait jamais d’accélération qui pourrait plonger le lecteur au cœur du récit. Dommage.

Le lien frappant entre une intrigue simpliste et un dessin de personnages centrés sur des gros plan confirme la difficulté de l’auteur à faire exister ses arrière-plans. Il n’est ici pas question d’autre lecture que celle imposée. Il n’y a rien à voir, n’y à réfléchir sur l’histoire. De plus, la base de confrontation entre deux forces antagonistes tourne en subterfuge ce qui ajoute de la pénibilité à cette lecture.

L’humour et les dialogues qui essaient de se faire une place dans la progression de l’intrigue se résument souvent à de pénibles enfantillages. Toutes les conventions visant à faciliter l’écriture rapide d’un manga sont présentes ici, hors de tout besoin. Finalement, on ne trouve rien d’autre ici qu’une histoire d’amour à l’eau de rose confortée par les clichés de virilité masculine digne d’un « boys band » et des seconds rôles à usage unique et recyclable n’importe où et à n’importe quel moment.

Ce manga aux rebondissements sans lien, souffrant d’un manque d’originalité abyssal, est un quasi naufrage. Classique dans son trait et éculé dans sa morale de dévouement et de sacrifice, il est d’une lecture qui nous fait hésiter entre un soupir peiné et un sarcasme.

(par Vincent GAUTHIER)

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