Crise du Coronavirus : l’industrie du Comic Book à l’arrêt

6 avril 2020 0 commentaire
  • Coup de tonnerre pour l’industrie du comics : Outre-Atlantique, Diamond Distributor Inc., le principal distributeur de comics des USA qui diffuse toutes les maisons d’édition les plus importantes du marché anglo-saxon, Marvel et DC en tête, stoppe son activité en raison de la pandémie. "L'entreprise est obligée d’interrompre son activité pour éviter de favoriser la propagation du virus" a déclaré son PDG, Steve Geppi.
Crise du Coronavirus : l'industrie du Comic Book à l'arrêt
Dans le cadre d’une crise sanitaire qu’il a d’abord commencé à minimiser, Donald Trump saura-t-il prendre les mesures nécessaires ?
© The New Yorker.

Aux USA, le Coronavirus frappe fort et vite. Plus de 215 000 cas confirmés aujourd’hui, près de 5000 décès et des prévisions tablant sur plus de 240 000 morts potentielles, le tout géré par un Trump qui semble toujours aussi inconséquent : le pays se prépare à vivre des jours bien sombres.

Chaque état s’organise donc au mieux à grand renfort de dispositions préventives : confinement et arrêt d’activité des entreprises. On dénombre déjà 15 millions d’Américains au chômage partiel, du jamais vu ! C’est dans ce climat délétère que Diamond Distributor Inc, qui dispose d’une sorte de monopole sur la diffusion et la distribution des comics anglophones, a décidé de suspendre son activité.

L’entreprise distribue Marvel, DC Comics, Dark Horse, Image Comics ou encore Valiant : tous les plus gros best-sellers du comics de ces trente dernières années sont passées par la case Diamond. Et si aujourd’hui le marché des super-héros se porte beaucoup moins bien qu’il y a vingt ans, ce nouveau coup dur ne risque pas d’arranger les choses.

Intermédiaire entre les points de vente et les imprimeurs, c’est sur les prévisions de Diamond, elles-mêmes indexéess sur les commandes des points de vente, que les éditeurs déterminent la quantité de fascicules à imprimer. Et comme la plupart des éditeurs ont un contrat d’exclusivité avec Diamond, cette société se mettant à l’arrêt, c’est toute la filière de la BD US qui est paralysée.

© Todd Mc Farlane / Marvel.

Toute ? Non, il faut nuancer. On notera que malgré tout, les éditeurs indépendants distribués hors du circuit Diamond peuvent décider de poursuivre leurs activité et tirer là leur épingle du jeu. Car dans les jours et les semaines à venir, le manque de nouveautés dans les rayons se fera sentir, suivi du manque de nouveauté en ligne : suite à la décision de Diamond, les éditeurs ont considérablement ralenti le développement des numéros à venir pour ne pas se retrouver avec un trop plein d’histoires impossibles à vendre. En revanche, le circuit traditionnel de la librairie continue de fonctionner et la plateforme Amazon tourne à plein régime, en dépit d’une interpellation du Congrès reprochant au géant du commerce numérique à ne pas faire assez pour la protection de ses travailleurs. « Nous travaillons avec les autorités locales pour faire en sorte de continuer à servir nos clients tout en prenant soin de nos collaborateurs », a répondu Amazon.

Pour limiter la casse et permettre aux fans de ne pas perdre de vue leurs héros favoris, Marvel a toutefois décidé d’offrir jusqu’au 4 mai un accès gratuit à certaines de ses séries-phares en ligne comme Civil War ou Dark Phoenix (une initiative qui rappelle les nombreuses du même genre prises dans les mêmes circonstances en France). idem pour Amazon et sa plateforme, leader du comics digital aux USA, Comixology.

En 2018, l’industrie du comics générait 1 milliard de dollars. En dépit des chiffres de vente bien éloignés des sommets d’antan : pour l’année dernière, The War of the Realms s’est hissé en tête des ventes avec 187 000 d’exemplaires vendus ; on est très loin des 2,5 millions du Spider-Man de Todd Mc Farlane vendus en août 1990... La courbe s’était stabilisée notamment grâce à l’apport du numérique et des mangas. Mais ce nouveau coup dur risque bien de montrer qu’en dépit d’une surexposition grâce aux blockbusters d’Hollywood, l’industrie des comics n’est pas si bien portante.

Le coronavirus est-il la kryptonite qui abattra les supers-héros ? L’industrie du comic-book a souvent démontré que, comme Wolverine, elle était capable de résilience...

En 1968, Superman avait déjà attrapé un virus : la lèpre de Krypton.
© DC Comics

(par Jaime Bonkowski de Passos)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

  Un commentaire ?