Cuervos - T4 : Requiem - Richard Marazano et Michel Durand - Glénat

8 avril 2006 0 commentaire
  • Dans un Medellin gangrené par la corruption et le trafic de drogue, « Cuervos » raconte l'irrésistible ascension d'un enfant des bidonvilles jusqu'aux marches du pouvoir. Une fresque époustouflante, sur un maître scénario de Marazano, magnifiquement mis en images par un dessinateur hors pair.

Medellin en Colombie est ce lieu de misère entretenu à la fois par les intérêts géopolitiques dans la région et ceux des barons de la drogue. Travailleur social tentant de réinsérer les enfants de la rue, Miguel Santos repère Joan, un gamin doué qu’il pense extirper du cycle infernal d’une délinquance alimentée par l’argent facile provenant des trafics. Mais la relation entre ce tuteur et l’enfant devient par trop fusionnelle. Cherchant à mettre ses distances avec l’enfant, Miguel va blesser son jeune protégé qui, se sentant rejeté, deviendra l’homme de main d’un baron de la drogue. Sa première mission, son baptême du feu en quelque sorte, va consister à éliminer celui qui a été son mentor... Le jeune homme va gravir ensuite un à un les échelons du crime. Devenu un caïd respecté, il se marie, devient père, dirige enfin son propre cartel et commence une carrière politique. Mais comme le dit le proverbe latin, la Roche Tarpéienne est proche du Capitole. L’irrésistible ascension du jeune Joan va rencontrer un écueil irréductible : le destin.

Cuervos - T4 : Requiem - Richard Marazano et Michel Durand - Glénat

Le magnifique dessin de Michel Durand se met au service d’un scénario d’une remarquable force narrative signé Richard Marazano. Avec ses personnages formidablement bien campés, des dialogues torchés au fil du sabre, la série Cuervos, qui en est au quatrième volume, dresse une fresque contemporaine d’une étonnante cruauté, dont la brutalité est le reflet sans complaisance d’une certaine réalité sud-américaine, fascinante et mortelle. On pense au Parrain de Mario Puzzo, avec son lot de fureur, d’émotion et de drames. Une révélation.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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