"Cuervos" prix 2006 de la Meilleure bande dessinée adaptable au cinéma

11 avril 2006 0 commentaire
  • A l'occasion du 5ème Forum Cinéma et Littérature de Monaco, "Cuervos" de Durand et Marazano (Ed. Glénat) a reçu le Prix 2006 de la meilleure BD adaptable au Cinéma. "Iznogoud" de Patrick Braoudé a reçu quant à lui le Prix 2006 du meilleur producteur pour un film tiré d'une oeuvre littéraire

Si Cannes est un peu le marché des produits finis, Monaco est en quelque sorte le marché des options. Ce marché professionnel remet chaque année des distinctions qui honorent les films tirés d’un roman ou d’une bande dessinée.

"Cuervos" prix 2006 de la Meilleure bande dessinée adaptable au cinéma La cinquième édition du Forum International Cinéma et Littérature qui a eu lieu du 7 au 9 avril 2006, s’est tenue comme à l’habitude, sous le Haut Patronage du Prince Souverain Albert II, et a distingué Cuervos, la série en quatre volumes de Michel Durand et Richard Marazano parue chez Glénat. Souvent nominée, notamment à Angoulême, cette excellente série qui n’avait jamais reçu de prix se trouve enfin consacrée par un jury de professionnels de l’édition et du cinéma composé de Jean-Pierre Dionnet (le créateur de Métal Hurlant, scénariste de BD à ses heures est aussi producteur de cinéma) qui présidait le jury, de Jaco Van Dormael (réalisateur de Toto le Héros et du 8ème jour), Denis Lapière (Scénariste de BD et scénariste de cinéma), Clémence Boulouque (romancière) et Fabio Conversi (producteur, notamment de Callas, ce producteur a acheté les droits de Diabolik pour l’adapter au cinéma).

Dionnet décontract et Marazano ému
Photo : L. Boileau

La série Cuervos qui raconte l’ascension et la chute d’un enfant de Medellin, a été distinguée parmi les autres ouvrages en compétition : Abdallahi de Christophe Dabitch & Jean-Denis Pendanx (Editions Futuropolis), Aya de Yopougon de Marguerite Abouet & Clément Oubrerie (Editions Gallimard), Le Combat ordinaire de Manu Larcenet (Editions Dargaud) et Lucille de Ludovic Debeurme (Editions Futuropolis). Le prochain volume de la série paraît le 17 avril prochain.

Le jury qui a souligné à quel point cette sélection était de qualité a fait, selon les propres mots de son président, Jean-Pierre Dionnet, "un choix industriel et artistique, en faveur d’une bande dessinée qui pourrait vraiment faire un très bon film". Emu et un peu impressionné, Richard Marazano a reçu son prix des mains de Jean-Pierre Dionnet, en présence du Prince de Monaco.

Par ailleurs, la cérémonie a dévoilé les autres lauréats de son palmarès :

• Prix du Meilleur Roman Adaptable : La Maison Noire de Michel Grisolia (Editions Calmann Lévy), (L’homme-Arbre de Joann Sfar (Editions Denoël) était également en compétition dans cette catégorie.)
• Prix de la Meilleure Adaptation Littéraire de Cinéma : OSS 117 de Michel Hazanavicius
• Prix de la Meilleure Adaptation Littéraire de Télévision : La Femme Coquelicot de Jérome Foulon d’après le roman de Noëlle Châtelet - France 3
• Prix du Meilleur Scénariste d’Adaptations Littéraires : Jeremy Leven, scénariste américain (La Légende de Bagger Vance) pour l’ensemble de sa carrière

Patrick Braoudé et Aïssa Djabri ont également reçu des mains de notre confrère du Film Français le Prix du Meilleur Producteur d’une Adaptation Littéraire de Cinéma pour Iznogoud, un film qui a réuni quelque 2,5 millions de spectateurs en 2005. Patrick Braoudé, en recevant le prix, l’a dédié à René Goscinny et Jean Tabary auxquels il a rendu un vibrant hommage.

Enfin, le Prince Souverain Albert II a donné à Jean-Claude Brialy un trophée d’Honneur pour l’ensemble de sa carrière cinématographique et littéraire.

L’écrivain Paulo Coelho, le Prince Albert II, Jean-Claude Brialy
© L. Boileau

Les participants sont unanimes pour confirmer l’importance et l’intérêt de cette manifestation créée en 2001 par Claire Breuvart et Hans-Stephan Kreidel, deux passionnés de littérature et de cinéma. La proximité géographique et temporelle du festival de Cannes et du MipTV n’est pas un handicap. Loin de là. La présence des 120 éditeurs et producteurs inscrits au Marché de l’Adaptation Littéraire et le Marché du Remake en témoigne. Selon les organisateurs, plus de 2000 rendez-vous ont été organisés, soit 7 fois plus que l’édition précédente. Si les contacts entre écrivains, réalisateurs, scénaristes, éditeurs et producteurs internationaux se sont déroulés en coulisse dans les salons feutrés du Sporting d’hiver, le Forum, lui, a bénéficié d’une vitrine médiatique conséquente : chaînes de télévision, radios et presse écrite.

Les lauréats réunis autour de SAS le Prince Souverain Albert II
© L. Boileau

Pendant trois jours se sont succédés rencontres, débats, ateliers d’adaptation littéraire, lectures de livres par des acteurs et des auteurs ainsi que des avant-premières de films (OSS 117, Inside man).

Les vedettes de la littérature ou de l’écran ont été nombreuses à honorer le forum de leur présence : Marc Esposito, Carole Laure, Jean-Claude Brialy, Patrick Braoude, François Weyergans, Nathalie Rheims, Clémence Boulouque, Didier Van Cauwelaert, Nicolas Rey, Pascal Bruckner, Guillaume Musso, Philippe Besson, Bernard Werber, Pierre Mondy, Philippe Caroit, Jean-Pierre Cassel, Francoise Fabian, Georges Coraface, Bérénice Béjot, Grace de Capitani, Eleni Alexandrakis, Michel Hazanavicius, Jean-Pierre Lavoignat, Henry-Jean Servat, Bernard Montiel, Claude Lelouch, Sylvie Testud, Paulo Coelho, Laurent Gaudé, Christine Orban, Georges-Marc Benamou, Philippe Harel, Sophie Audoin-Mamikonian, René Novella et on en oublie probablement...

Et la BD dans tout ça ?
Et bien, elle aussi était au rendez-vous. Outre les prix, un passionnant débat sur le thème "BD, Faut-il s’adapter pour être adapté ?" a eu lieu entre Jean-Pierre Dionnet, Pierre Spengler (Président des Humanoïdes Associés et producteur de cinéma), Denis Lapière, Jaco Van Dormael et Joann Sfar (dessinateur, écrivain et scénariste BD). Le tout animé par Didier Pasamonik. Nous publierons prochainement dans nos pages de larges extraits de cette table ronde.

Le débat BD : "Faut-il s’adapter pour être adapté ?"
Avec, de gauche à droite : Pierre Spengler, Joann Sfar, Didier Pasamonik, Jean-Pierre Dionnet, Jaco Van Dormael et Denis Lapière.© L. Boileau

Eternelle source d’inspiration et de création pour les cinéastes, la littérature, comme la BD, s’imposent de plus en plus au cinéma. Les arts majeurs ne cessent de s’unir pour le bonheur de tous. Par le sérieux de leur organisation et l’originalité de leur concept, Claire Breuvart et Hans-Stephan Kreidel réussissent d’année en année non seulement à faire de ce forum un rendez-vous incontournable pour les professionnels, mais aussi un formidable coup de projecteur sur le travail de l’ombre des scénaristes et des adaptateurs d’oeuvres littéraires portées sur les écrans.

(par Laurent Boileau)

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