Cyclope, T 3 : Plan cartésien - collectif - Les 400 coups

7 décembre 2006 0 commentaire
  • Volumineux album qui nous présente la BD québécoise d'aujourd'hui, ce volume 3 de Cyclope montre de façon éclatante à quel point dans le 9ème art aussi nos cousins nous ressemblent.
    Une liberté de ton, de forme et d'inspiration qui fait parfois passer nos plus novateurs auteurs français pour des conservateurs frileux !

On connaît encore assez peu la BD francophone du Canada, malgré la vitalité de l’éditeur qui nous offre ce recueil. Il présente des albums dans la droite ligne des indépendants franco-belges : intimistes, contemporains, réalistes et souvent teintés d’amertume urbaine...

En 400 pages, on découvre ici une cinquantaine d’auteurs, tous inconnus du grand public. La variété des styles graphiques est stupéfiante ; en dehors du noir et blanc quasi-exclusif, aucun dessin ne se ressemble, et souvent chacun possède une forte identité, jusque dans le contour des cases et le lettrage.

Les histoires sont souvent des instantanés urbains, en particulier de la vie à Montréal. La plupart ne répondent pas aux impératifs narratifs classiques : un début, un milieu et une fin. On navigue d’un monde à un autre, chaque auteur s’inspirant souvent de ses réflexions intimes.

Certaines contributions se détachent du lot : celle de Jimmy Beaulieu (un des auteurs canadiens connus en Europe) qui voit la rencontre du personnage principal avec une femme qui vient de rompre et qui veut se rassurer. Celle de Leif Tande, qui fait froid dans le dos, tout en cadrage jusqu’au gros plan final... Baudoin le niçois fait une apparition [1], juste quelques dessins illustrant le regard des hommes sur les femmes.

Les styles sont tellement divers qu’on a parfois l’impression de lire un recueil international. L’influence des comics est évidente, celle des mangas plus légère, mais c’est surtout l’audace de beaucoup d’auteurs qui surprend. Certaines histoires jouent uniquement sur les mots et les symboles, sans même de véritables dessins. D’autres choisissent une illustration ultra-minimaliste qui rebutera les amateurs de dessin classique.

Quant à moi, j’ai une petite faiblesse pour le travail de Sébastien Rivest, avec Audrey, ou l’impossibilité pour un jeune homme timide de déclarer sa flamme, y compris dans l’intimité la plus absolue...
Cyclope, T 3 : Plan cartésien - collectif - Les 400 coups

(par David TAUGIS)

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[1Il faut dire qu’il a enseigné pendant quelques temps au Canada, ceci expliquant cela.

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