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DCeased T. 2 - Par Tom Taylor & Trevor Hairsine - Urban Comics

Par Marc Vandermeer le 13 décembre 2021                      Lien  
Depuis cinq ans, l'humanité fait face à un virus de grande amplitude, tuant bon nombre de guerriers. Une demi-décennie marquée également par l'intervention de John Constantine et sa bridage de Shadowpact venus secourir les survivants grâce à leur technique de téléportation. Un second tome riche en rebondissements, combats épiques, morts cruelles... et une once d'espoir pour le genre humain !

Après des années de recherches, Darkseid a finalement transmis un virus à Cyborg, contaminant à son tour la race humaine par le biais du net. Dès lors, toute personne connectée se transforme en machine zombifiée. La Justice League ne fait pas exception à la règle puisque les plus grands guerriers chutent à tour de rôle, comme c’est le cas pour Batman, Diana ou Hal Jordan.

Cinq ans ont passé et seuls quelques guerriers sur Terre ont survécu au virus d’Anti-vie. C’est le cas de John Constantine, toujours fidèle à lui-même, sirotant son alcool. De son côté sur New Metropolis, la présidente de Terre-2, Lois Lane, parlemente auprès des autochtones au nom des 13 millions de terriens rescapés à reloger.

La guerre fait rage et la solution, contre toute attente, pourrait provenir de ses origines : Cyborg, gisant inerte, fouille dans les archives de sa mémoire et lance un appel au secours à la Justice League.

Mais le temps est plus que compté : le groupe de résistance s’essouffle et se réduit. Seul l’espoir, aussi infime soit-il, maintient à flot une jeune génération de justiciers désarçonnés.

Une fois encore, on peut constater la maîtrise scénaristique de Tom Taylor qui s’en donne à cœur joie pour nous livrer une trame virevoltant à cent à l’heure. Le romancier de génie place ses différents pions sur l’échiquier et ajoute progressivement de nouveaux ingrédients. Comme la tâche paraît compliquée pour les guerriers de la Ligue de Justice, amoindris, tiraillés et blessés, sans parler de leur fébrilité psychologique causée par l’extermination des infectés, comprenant amis et familles.

Un héros seul ne peut rien dans des circonstances pareilles mais un groupe de véritables terreurs, ayant à leur solde une tête brûlée du nom de John Constantine, soulèvera des montagnes. "Le Shadowpact", comme on les nomme, composé d’un démon (Blue Devil), deux magiciens (Ragman & Zatanna), un chimpanzé (Détective Chimp) et deux combattants impitoyables (Red Hood & Ravager). Depuis cinq longues années, ils se téléportent pour transférer les survivants en lieu sûr, avec notamment l’immense jardin d’Ivy servant d’abri et de forteresse face aux infectés.

Pourtant, en dépit de leurs fantastiques pouvoirs, ils ne peuvent strictement rien faire contre les offensives de Plastic Man qui les engloutit à proximité d’un mur de feu infernal. S’ensuit, dès lors, une déferlante de techniques magiques qui les mèneront dos à dos contre un adversaire d’une toute autre envergure, issu des profondeurs de l’enfer : Trigon.

Ce second opus de DCeased joue la carte de l’humour, et cela à plus d’une reprise, de quoi surprendre le lecteur vu la teneur des événements. Mais peut-être est-ce pour détendre l’atmosphère pesante au sein des Justiciers de la Ligue qui traversent des moments difficiles. On peut également se questionner sur les échanges entre Ollie et Danah Lance Queen, ainsi que l’hébétement surjoué par Superman à la vue de son chien Krypto. D’autre part, Tom Taylor privilégie de nombreux plans séquences rapides. Il n’est donc pas rare de constater des protagonistes ravagés émotionnellement.

Graphiquement, Trevor Hairsine s’aventure en cavalier solitaire, tenant les rênes de ces 200 pages. Le résultat apparaît en demi-teinte, plutôt inégal. Des décors prestigieux, un arrière-champ riche et fourni, un découpage original et varié sont habillement détaillés par la patte de Trevor Hairsine. Malheureusement, les protagonistes plombent l’ambiance : dessinés plus d’une fois à la va-vite, de manière expéditive, sans raison apparente. D’une planche à l’autre, on passe d’un excellent travail, avec une certaine finesse des traits, à l’incompréhension la plus totale avec des faciès ridiculisés, déséquilibrés, voire grotesques. On est loin du travail d’arrache-pied fourni dans Divinity & Eternity aux éditions Bliss Comics.

Fort heureusement, la dynamique constante permet de rééquilibrer tant bien que mal ce désordre, au détriment d’une justesse linéaire.

Enfin, la palette de couleurs, signées Rain Beredo, régale par son éventail d’images lumineuses, créant un effet panoramique de toute beauté. Comparativement, on constate que l’artiste jongle sur différents tableaux avec Aliens : Cendres aux éditions Vestron, pour lequel il s’illustrait par des nuances de couleurs nettement plus sombres.

DCeased T. 2 - Par Tom Taylor & Trevor Hairsine - Urban Comics
©Trevor Hairsine / Urban Comics

(par Marc Vandermeer)

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Code EAN : 9791026820246

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