Daîo - Par Io Kuroda - Casterman

23 août 2007 0 commentaire
  • Un recueil d'histoires courtes publiées à des périodes diverses. Pour le moins inégal de la part d'un auteur encore jeune.

Comme il le précise lui-même dans la postface, cet ouvrage de Iô Kuroda est vraiment composé d’éléments hétéroclites. Les histoires proviennent à la fois de productions récentes et de travaux de jeunesse remontant à 1999.

Comme toujours avec Kuroda, le monde de l’enfance, l’imagination débridée et une certaine tendance au délire sont de mise. Pas toujours facile de le suivre. Hormis la première histoire qui met en scène un professeur et son élève d’un club de lecture, les autres nouvelles graphiques vont dans tous les sens, et demandent de gros efforts pour y trouver une cohérence. Kuroda explique d’ailleurs que beaucoup de ces histoires courtes sont des retransciptions telles quelles de ses rêves.
Son dessin en perpétuel mutation ne facilite pas les choses : tantôt proche d’un crayonné assez négligé, enrichi de nombreuses hachures, tantôt plus soigné, chargé en noir et en traits épais.
Les symboles empoignés par l’auteur proviennent du monde animal : un éléphant coincé dans un appartement, un ours étrangement pacifique, une baleine éprise de liberté... Ces créatures viennent s’opposer dans leur recherche de liberté aux hommes souvent montrés comme responsables de leur sort funeste. Kuroda évoque régulièrement la fin du monde, mais malheureusement toujours de façon purement fantasmatique. Il ne cherche pas à donner du fond à ses idées, probablement par fascination d’un monde enfantin ou l’on se contente d’être spectateur.

Si un public adolescent avide d’univers délirants proches du monde de l’enfance peut y trouver son compte, le lecteur exigeant, habitué à des scénarios solides et des personnages soignés risque de peiner à arriver au bout de ce recueil.
Daîo - Par Io Kuroda - Casterman

(par David TAUGIS)

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