Dans l’ombre du nouveau Blake & Mortimer

17 octobre 2014 5 commentaires
  • Alors que le 23e album de Blake & Mortimer, "Le Bâton de Plutarque" signé Yves Sente et André Juillard paraît le 5 décembre et s'annonce à coup sûr comme l'un des best-sellers de la fin de l'année, d'autres ouvrages reviennent sur l'oeuvre canonique pour tenter d'en déceler les secrets.
Dans l'ombre du nouveau Blake & Mortimer
Esquisse d’André Juillard, La Machination Voronov, 1999

La réactivation de l’univers jacobsien est un des phénomènes éditoriaux marquants de ces dernières années. René Nouhaillat, déjà auteur d’un "Jacobs, la Marque du fantastique", s’est penché sur le personnage sulfureux d’Olrik, car comme chacun sait, "Les méchants sont les personnages les plus intéressants !"

Dans Olrik, ou le secret du mystère Jacobs (Mosquito Éditions), L’auteur fait le point sur la genèse et l’évolution d’Olrik qui connaît une carrière particulièrement riche et mouvementée. Si l’ouvrage n’est pas indispensable à la lecture de Blake et Mortimer, il apporte cependant un éclairage passionnant sur la construction narrative de la série imaginée par le maître bruxellois.

En fouillant l’univers familial de Jacobs, ce chercheur rappelle, au travers entre autres du témoignage de sa petite fille par alliance Viviane Quitellier, que les aventures de Blake et Mortimer sont intimement liées aux événements survenus dans la vie réelle de l’auteur. Olrik n’échappe pas à la règle.

Par ailleurs, la remise dans le contexte de création et surtout d’édition des premières aventures des héros britanniques est elle aussi essentielle. En soulignant la vocation religieuse ou politique des publications illustrées des années soixante, l’auteur rappelle que « la charge symbolique des fictions jacobsiennes tient principalement à leur structure religieuse qui réactive un certain héritage culturel christianisé. »

Il ne faut pas pour autant minimiser le fait qu’il s’agit là d’un travail de spécialistes, par moment plus proche de la thèse que de l’essai littéraire, au style parfois un peu difficile.

"Les Cocktails de Blake & Mortimer - 30 drinks terriblement british" par Claire Dixsaut
Éditions La Maison

En analysant l’importance d’Olrik dans les aventures originelles des deux héros britanniques complémentée des réflexions des scénaristes qui ont repris la série à partir de « L’affaire Francis Blake » en 1996, l’auteur explique non seulement les ressorts de l’aura d’Olrik, mais également les raisons centrales du succès de la série, 70 ans après sa première publication.

À noter que le livre est agrémenté de nombreuses et magnifiques esquisses d’André Juillard et Antoine Aubin.

Un cocktail d’aventures

Dans un registre plus léger, Claire Dixsaut s’est penchée sur le goût de nos héros britanniques pour les nectars raffinés du Centaur Club sirotés en compagnie d’une bonne bouffarde : Les Cocktails de Blake & Mortimer - 30 drinks terriblement british (Éditions La Maison) revisitent les grands classiques du genre, du Sherry cobbler, qui entraîna l’invention de la paille et du shaker, au Blue Blazer, le premier cocktail flambé de l’Histoire.

Quelques recettes revigorantes apparaissent au fil des pages : de La Marque jaune, fascinant apéritif de Schweppes Tonic, de gin, de curaçao bleu et de... vitamine B, à L’Onde Mega, faite de vodka, de Get 31 et de glace carbonique, Le Chemin de l’initié, alliant cannelle, vodka et sirop de gingembre, jusqu’au cocktail sans alcool, le Nasir...

Des cocktails aventureux en diable !

"Les Cocktails de Blake & Mortimer - 30 drinks terriblement british" par Claire Dixsaut
(c) Ed. La Maison

À l’ombre d’une ligne claire

"À l’ombre de la ligne claire - Jacques Van Melkebeke entre Hergé et Jacobs " - Par Benoît Mouchart
Les Impressions nouvelles

Elle est opportune également cette nouvelle édition du maître-livre de Benoît Mouchart, "À l’ombre de la ligne claire - Jacques Van Melkebeke entre Hergé et Jacobs" (Impressions nouvelles). Celui qui est aujourd’hui le directeur éditorial de Casterman avait publié il y a dix ans cette enquête sur le scénariste-mystère de l’École de Bruxelles, ami d’enfance de Jacobs, proche collaborateur de Hergé, contribuant au scénario et même au dessin des premières pages du Secret de l’Espadon et cependant resté dans l’ombre... Il la republie aujourd’hui considérablement augmentée, apportant un éclairage nouveau sur un auteur et une œuvre dont on croyait connaître les moindres secrets.

Plus on avance dans leur connaissance, plus elle nous apparaît labyrinthique.

(par Gallien Chanalet-Quercy)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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5 Messages :
  • Un cocktail pour le Nazir, sans alcool, c’est Samson qui va être content

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  • egalement dans l’anecdotique mais sympathique une gamme de parfums , de thés et de bougie blake et mortimer chez parfums137

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    • Répondu par Jérôme le 17 octobre 2014 à  20:32 :

      Il est étonnant que l’ouvrage publié chez Mosquito ne reprenne *que* des illustrations de repreneurs de la série, alors qu’il traite visiblement de l’oeuvre canonique, originale et donc du personnage créé par Jacobs, dans les albums dessinés et écrits par celui-ci. L’origine d’Olrik, laissée volontairement dans le flou par Jacobs (Cf. "Un opéra de papier") sera révélée dans "Le Bâton de Plutarque". C’est dommage. Cela brise un peu le mythe. Au fait, personne ne sait qui reprendra la série pour l’album qui sortira en 2015 ? Il me tarde de voir la version d’Olrik dessinée par Theo Van Den Boogaard (si c’est bien lui qui reprend la série, comme indiquée précédemment).

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      • Répondu par Sahtanass le 14 janvier 2016 à  10:52 :

        Le drame est que Dargaud préfére mettre des visuels de Blake et Mortimer dessiné par Juillard, plutôt que ceux réalisés par Jacobs.
        Donc pour beaucoup de "lecteurs" c’est Sente & Juillard qui font la série. Et cela s’accentue avec le désir de Sente de vouloir tout expliquer, même s’il doit cassé ce qu’a fait Jacobs.
        Sente ne connaît rien à Blake et Mortimer ( Voir sa pseudo-chronologie)
        Juillard qui a réalisé plus d’albums que Jacobs, ne sait toujours pas dessiner des personnages identiques d’une case à l’autre.

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  • Jacques Van Melkebeke.
    C’est drôle ou plutôt triste:le parti flamand parle justement en Belgique d’amnestie pour les collaborateurs qui comme vous le savez n’avaient pas le choix, comme Jacques Van Melkebeke, un artiste plutôt doué. Allez, on peut fermer les yeux, une fois."C’était pas si graaaave".

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