Dans mes yeux - Bastien Vivès - Kstr/Casterman

2 mars 2009 18 commentaires
  • Tout en restant dans une veine intime - et du vécu romancé- Bastien Vivès innove par le dessin et le point de vue dans cette chronique amoureuse éblouissante.

Un garçon dont on ne saura pas grand chose. Une étudiante irrésistible et gauche. Jamais nommée. Leur histoire est racontée en "caméra subjective", donc du point de vue masculin. On ne voit qu’elle, on n’entend qu’elle. On pénètre dans son monde. Mais cette romance va-t-elle durer ?

Pas si loin du goût du chlore, cette nouvelle chronique sentimentale de Vivès ose plusieurs innovations : le crayon de couleur comme outil unique, l’absence de cases, et le gommage narratif du personnage masculin : l’auteur, vous ou moi...

En ne donnant pas la parole à l’autre moitié du couple en devenir, Vivès permet une identification particulièrement forte. Comment ne pas retrouver l’émoi d’une rencontre amoureuse, des doutes qui tétanisent au départ, des efforts pour plaire, pour écouter ?

Malgré le choix stylistique de l’auteur, aboutissant à une forme de minimalisme, à aucun moment on ne lâche l’intrigue tellement l’expressivité et la sensibilité enrobent chaque dessin. Accroché au désir hésitant du personnage masculin, le lecteur vit une tension permanente face aux arabesques charmeuses de la demoiselle.

Dans mes yeux - Bastien Vivès - Kstr/Casterman

(par David TAUGIS)

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18 Messages :
  • Dans mes yeux - Bastien Vivès - Kstr/Casterman
    2 mars 2009 22:37, par François Pincemi

    Voila un livre qui semble tout à fait intéressant. Bastien Vivés est un auteur qui sait dessiner, même avec de simples crayons de couleurs, saluez l’exploit, messieurs les amis du logiciel de colorisation !! de plus, il semble avoir une approche conceptuelle intéressante et efficace, bien plus en tout cas que bien des recherches (à défaut de trouver, on peut s’amuser à chercher.) intéllo-artistico-hermetico-BD d’auteurs moins doués (quoique bien plus agés dans bien des cas, hélas !! ).

    Merci donc d’avoir attiré notre attention sur ce livre. Ceci dit, quand je suis allé le chercher à ma librairie, il n’était pas encore arrivé. Quand sera t’il mis en place ?? Merci par avance.

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    • Répondu le 3 mars 2009 à  07:36 :

      "Bastien Vivés est un auteur qui sait dessiner, même avec de simples crayons de couleurs, saluez l’exploit, messieurs les amis du logiciel de colorisation !!"

      Que vous utilisiez un ordinateur ou des crayons de couleurs, quand vous savez manier la couleur et dessiner, vous savez manier la couleur et dessiner.
      Quel jugement de valeur stupide, Monsieur Pincemi !

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      • Répondu par François Pincemi le 3 mars 2009 à  19:34 :

        Le problème vient justement du fait que la colorisation assistée par logiciel (Photoshop par exemple) permet de masquer rapidement certaines carences. Et que le procédé est souvent utilisé. En revanche, avec des crayons de couleurs d’école primaire, impossible de tricher ! Soit ça tient la route, soit c’est à jetter ! Je précise que dans le cas de Bastien Vivès (un jeunot qui constitue le principale révélation de 2008, d’ailleurs récompensé à 2009 à Angou !!), cela tient très bien la route. Car ce jeune dessinateur a un trait très juste, et les couleurs primaires amplifient l’aspect spontané et émotionnel de chaque image.

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        • Répondu le 3 mars 2009 à  21:17 :

          Jamais une colorisation à l’ordi ne permet de masquer des carences en dessin, ou alors citez ceux à qui vous pensez, parce que je ne vois pas du tout.

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        • Répondu le 4 mars 2009 à  09:14 :

          "En revanche, avec des crayons de couleurs d’école primaire, impossible de tricher !"

          Vous n’y connaissez vraiment rien, Pincemi !

          Les crayons de couleur ne sont pas les outils les plus complexes à utiliser. C’est plus facile à manipuler que l’aquarelle, l’encre, la gouache, l’huile, le pastel, les feutres... ou Photoshop.

          Photoshop permet aussi d’utiliser la couleur comme jamais auparavant... mais malheureusement, trop peu d’artistes exploitent ces possibilités techniques et narratives.

          Pour bien utiliser Photoshop, Flash, Illustrator... Encore faut-il déjà bien connaître les techniques classiques qui ont inspiré ces logiciels.

          Pour ce qui est des albums de Bastien Vivès. C’est des trucs pour ados encore à moitié puceaux et qui ne savent pas ce qu’est une femme. C’est touchant, légèrement macho et très puéril. Pas de quoi de crier au génie. Qu’il soit primé n’est pas une preuve de qualité non plus. Gally a bien reçu un prix pour son gras... Donc, n’importe qui peut recevoir un prix du moment qu’il fait le cabot 5 minutes.

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        • Répondu par 16s le 4 mars 2009 à  14:56 :

          Photoshop permet de masquer rapidement certaines carences ??

          Ah donc, et lesquelles je vous prie Pincemi ??????

          Cette remarque est aussi stupide que ceux qui prétendaient que manga studio "dessine" presqu’à votre place !

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    • Répondu le 3 mars 2009 à  09:23 :

      Un bel exercice de style, un graphisme épatant mais un album qui n’a rien d’autre à dire. Déjà démodé.

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    • Répondu par mercator le 3 mars 2009 à  11:38 :

      c’est du genre story-board ,exemple de préparation pour faire un bon film d’animation ou autre...

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      • Répondu le 4 mars 2009 à  15:46 :

        Tas de nazes. D’abord, Vivès travaille presqu’exclusivement sur ordinateur. Il est un des jeunes auteurs de Kstr qui a une vraie envergure. Je suis d’accord avec le rédacteur de ce site, c’est un immense talent. Son prix à Angoulême est mérité.

        Dans toutes ces critiques, il doit y avoir des dessinateurs qui traînent depuis lontemps car sans talent. Alors ca doit les énerver quand il y un jeune qui fait un peu de buzz et qu’on le demande de partout.

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        • Répondu par mercator le 4 mars 2009 à  20:32 :

          en effet,il y a des tas de nases partout,des
          vieux(sans talents) ,des jeunes(pas encore mûrs)et des internautes qui se prenent pour
          de grandes plumes et qui se cachent sans signer.Je suis d’avis que Bastien Vivès est un
          futur grand et qu’il faut lui laisser le temps
          de grandir dans le métier.

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  • Moi je trouve que ces dessins malfoutus, comme coloriés par un gamin de 10 ans un dimanche d’ennui nuissent à toute narration, on ne peut entrer dans l’histoire, essence même de la bande dessinée. Typiquement le genre de livre qui se la joue avant d’avoir les moyens de se la jouer, avoir les bases est un minimum pour commencer.

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    • Répondu le 3 mars 2009 à  12:03 :

      "Coloriés par un gamin de 10 ans"
      bah oui, ça m’y fait penser aussi, comme ça viendra forcément à l’esprit de 99% des gens, m’enfin, l’aaaart est partout maintenant ! Pincemi parle même d’un concept TRES INTERESSANT, alors que d’habitude quand c’est dessiné avec les pieds, il hurle au loup :-)))))))

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      • Répondu par François Pincemi le 3 mars 2009 à  21:37 :

        Je me suis contenté de dire que l’auteur avait "une approche conceptuelle intéressante et efficace" par son utilisation de la caméra subjective. L’utilisation de crayons de couleurs n’est pas une nouveauté, Bastien Vivès s’en était déjà servi pour la boucherie, parue chez WARUM fin 2008, c’est d’ailleurs un des rares livres d’un nouvel auteur que j’ai acheté en 2008. Bastien Vivès ne dessine pas avec les pieds, je trouve au contraire qu’en dépit d’une économie remarquable de moyens, ses dessins témoignent d’une grande maitrise dans le rendu des expressions, la finesse des physionomies et l’exactitude du mouvement. De plus, ses histoires tournent autour d’un thème éternel, la relation Homme-Femme, le regard, l’émoi sentimental, la séduction. Je lui souhaite seulement de ne pas s’enfermer dans ce thême récurrent au Gout du chlore, la boucherie et ce nouveau livre.

        Pour une fois que j’apprécie un jeune auteur de la tendance indé, notamment parce qu’il ne s’enferme pas dans un hermétisme intellectuel de mauvais aloi ou dans une stylisation extrême et ennuyeuse, car sans âme, vous pourriez éviter de vous gausser. Je ne suis pas le seul à l’apprécier, les éditeurs ont l’air de lui courir après et il a déjà récolté pas mal de Prix.

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        • Répondu le 6 mars 2009 à  17:20 :

          Bien d’accord avec vous. Cet auteur deviendra grand avec le temps.

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  • Je vous trouve super dur avec cet album, c’est l’oeuvre d’un gamin de 20 ans, il faut le prendre comme ça, ce n’est pas très abouti et encore un peu maladroit, mais il a tout le temps de faire des progrès. Bravo Bastien !

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    • Répondu le 4 mars 2009 à  10:17 :

      Bastien Vivbès est un crack du dessin. Il faut être aveugle pour dire le contraire. En revanche,il n’a absolument rien à dire. Et comme disait Audiard : "c’est pas une raison pour ouvrir sa gueule". Dans son cas, c’est pas une raison pour tartiner un centaine de planches. Et c’est pas non plus une raison pour applaudir un album vide de sens qui pèse quand même ses 16 €.

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      • Répondu le 4 mars 2009 à  15:07 :

        Je ne crois pas que Bastien Vives fume du crack, je l’ai rencontré ce n’est pas son genre, mais ça vous avance à quoi de casser un petit jeune plein d’avenir, c’est de la méchanceté gratuite, et si vous ne voulez pas dépenser 16 euros pour le lire, personne ne vous oblige, laissez le tranquille. Vous n’êtes que des jaloux.

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  • Dans mes yeux - Bastien Vivès - Kstr/Casterman
    20 janvier 2012 00:27, par mahogany

    A part la fin qui m’a laissé un peu perplexe, je trouve les dessins très expressifs, les lumières et les expressions des personnages, leurs subtilités, bien rendues. Il y a quelque chose de vibrant. Certaines cases sont de bien moindre qualité que les autres mais dans l’ensemble, l’oeuvre est prometteuse. Les coups de crayons mériteraient peut-être aussi d’être plus fondus, plus travaillés pour le décor, l’arrière-plan parfois. Bravo pour quelqu’un de 22 ans.

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