Dany, une promenade en images, à Redu

8 avril 2009 0
  • Le village belge de Redu accueille pendant quinze jours une exposition consacrée à {{Dany}}, le dessinateur d’{Olivier Rameau} et des {Blagues coquines}. Une occasion de prendre conscience de la maîtrise graphique de cet auteur capable de dessiner avec la même aisance des gags, des aventures humoristiques, et des récits dans un style réaliste.

Dany et son épouse et coloriste Marcy Henrotin étaient ravis d’être exposés à Redu. Peu de personne ne le savent, mais l’auteur d’Olivier Rameau a vécu quelques années durant son enfance dans ce village, qui ne compte que quelques centaines d’habitants. Il y a vingt-cinq ans, exactement, à Pâques, cet endroit de la Wallonie devenait le village du livre. Depuis, une vingtaine de bouquineries se sont ouvertes. Le livre est devenu le poumon du village et une attraction pour les touristes et autres gens de passage. Redu nous propose cette année une promenade en images à travers quelques planches marquantes de Dany parmi lesquelles Olivier Rameau, la série que le dessinateur avait animé avec Michel Greg. Cette exposition durera jusqu’au 19 avril.

Dany, une promenade en images, à Redu
Olivier Rameau
(c) Dany, Greg & Joker Editions

En février 2008, Dany nous parlait d’Olivier Rameau et du dernier album, les Disparus du Bayou Plalah sorti en 2005 aux éditions Joker : « J’ai mis dix-sept ans à faire cet album. Mais dans mon esprit, je n’avais jamais quitté cette série. J’ai dessiné régulièrement Olivier Rameau et Colombe pour des affiches, des ex-libris, etc. Cette série me ressemble, et j’aimerais la continuer. En fait, je souhaiterais tout faire. J’ai une telle boulimie et une telle envie de dessiner qu’il m’est difficile de refuser de nouveaux projets ». À travers cette série, il nous fait découvrir un monde charmant où la fantaisie et la poésie règnent en maîtres. Olivier Rameau a les traits d’un apollon-dandy et est accompagné d’une belle et sexy blonde, qui était un peu effacée dans les premiers albums. Dans les années 1970, il n’était pas aussi évident d’accorder autant d’importance à une héroïne. L’auteur s’est très fortement inspiré des traits de son épouse pour représenter Colombe Tiredaile. La ressemblance est patente. Il y a d’ailleurs, dans chacune des héroïnes de Dany un peu de Marcy dans les traits. Dany avoue volontiers dessiner presque toujours le même type de femme, avec mêmes caractéristiques physiques. L’auteur a du mal à se détacher de sa muse. Yves H, dans Transylvania a d’ailleurs, par hommage et par amitié, appelé le personnage féminin de l’histoire par le nom de ... Marcia.

Dany et Jean Van Hamme
(c) Cécil Arnould

Plus loin, on trouvait les couvertures que Dany avait peintes pour les albums d’Arlequin. Mais ce n’étaient pas ces dessins que Jean Van Hamme et Dany regardaient avec le plus de fierté lors du vernissage. Mais bien quelques planches de « Vingt Ans Après », la suite de « Histoire Sans Héros ».

"Histoire Sans Héros" et "Vingt ans après"En 1973, Van Hamme proposa à Michel Greg, alors rédacteur en chef du magazine Tintin, une histoire « conceptuelle » qui se terminerait à la fin du premier album … Un one-shot, comme l’on dirait aujourd’hui. Greg accepta l’histoire et proposa à Dany de la dessiner. Un album fut publié quatre ans plus tard. Histoire sans Héros est sans contexte un album charnière dans l’histoire du neuvième art. La création des auteurs avait alors pour but de nourrir les journaux et les albums étaient encore marginaux, les one-shot pour ainsi dire inexistants !

La trame de Histoire Sans Héros est simple et efficace : suite à un crash dans la forêt amazonienne, quelques rescapés tentent de survire dans l’enfer vert, et surtout de s’en échapper. Cette poignée d’hommes et de femmes sont confrontés à leurs peurs et aux bassesses que les hommes sont capables de commettre dans des situations extrêmes.

Vingt ans après, au millieu des années 1990. Jean Van Hamme construit une suite à Histoire Sans Héros sans prévenir son ami, qui refusait jusqu’alors l’idée d’apporter un prolongement à ce récit emblématique. Séduit par l’intrigue et les rebondissements de « Vingt Ans Après », Dany se laissa convaincre de la dessiner. Vingt ans après le cash du vol Corair 512 dans la forêt amazonienne, le destin oblige certains survivants à y retourner en quête d’un élément qui leur aurait échappé durant les semaines où ils vécurent dans la jungle.

Les albums coquins de Dany sont disponbiles aux éditions Joker
(c) Nicolas Anspach

Dany qui avoue volontiers avoir plus de doute dans le dessin réaliste que dans ses gags coquins. Dans "Vingt ans après", il use d’un trait saisissant. De nombreuses planches de cet album sont présentées dans l’exposition.

Les gags coquins – dont certains inédits - sont bien évidements mis en valeur sur les cimaises. Dany tient à conserver une certaine qualité pour ces ouvrages spécifiques. Il nous confiait : « Je me refuse de réaliser ce que d’autres ont fait dans le prolongement des mes albums. C’est-à-dire : dessiner n’importe quoi, n’importe comment ! Je souhaite garder une certaine classe, privilégier une rigueur et une qualité. Je ne veux pas tomber dans la vulgarité. Jusqu’à présent, j’ai réussi à ne pas franchir la limite. La meilleure preuve est le public féminin qui me suit d’album en album".

Enfin, des planches extraites de Transylvania (Sur les Traces de Dracula) et de l’album Légendes de Troy (à paraître) témoigne de l’aisance de Dany pour faire passer des ambiances par la couleur directe. On se perd dans la cour princière de Târgoviste, la troisième capitale de la Valachie au temps de Dracula. L’auteur parvient, grâce à ses couleurs et à sa méticulosité de décoriste, à donner de la présence au décor.

Des planches deLégendes de Troy sont présentées en avant-première. Dany dessine depuis de nombreux mois un scénario de Christophe Arleston où il met en scène trois guerrières. Son style, pour cet album, est un mélange de semi-réalisme et de Fantasy en couleurs directes.

Extrait des "Légendes de Troy"
(c) Dany, Arleston, Tarquin et Soleil.

Enfin, soulignons que les murs du restaurant, en face du lieu de l’exposition, présente également de très beaux originaux : une série d’illustrations en couleur directe représentant des femmes devant des châteaux.

De nombreux auteurs et éditeurs étaient venus de Bruxelles et de Liège, samedi dernier, pour assister au vernissage de cette exposition : Jean Van Hamme, bien sûr, mais aussi Yves Sente, Olivier Grenson, Bernard Swysen, Marc Hardy, Nine Culliford, l’épouse de Peyo, ou encore Sergio Honorez.

Cette exposition se terminera à la fin des vacances de Pâques. Les jours sont donc comptés pour la visiter.

(par Nicolas Anspach)

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Jusqu’au lundi 19 avril

Lieu : Cour Rimbaud & L’Escargon - 36 rue de la Prairie - Redu (Belgique)

Téléphone : 0479961043

Lien vers le site internet de l’événement

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