Daredevil T 20 : « Le Retour du roi » - Par M. Lark & E. Brubaker – Panini Comics

20 novembre 2010 5 commentaires
  • Dernier tome pour le duo Brubaker/Lark. Après quatre ans à fouiller les névroses du personnage, les auteurs tirent leur révérence par un retournement final qui annonce une nouvelle grande étape dans la vie du super-héros.

Daredevil est en plein bras de fer avec la Main, l’organisation criminelle et leur tueuse Lady Bullseye. Ses amis sont visés et, côté cœur, il se noie entre son divorce avec Milla et sa relation naissante avec Dakota North.

En bref, ça ne va toujours pas très fort. Mais qu’il se réjouisse car son meilleur copain Le Caïd est de retour et il promet de compliquer encore les choses. Très fâché contre la Main qui vient de détruire sa retraite, il pourrait être un allié. Mais il reste quand même le Caïd, l’homme qui a le plus tendance à maltraiter notre héros aveugle.

Pour leur dernière aventure avec le super-héros, les auteurs font un peu le ménage dans tout ce qu’ils ont apporté sur la série. En voyant la bombe qu’ils réservent à leurs successeurs, c’était finalement la moindre des choses.

Daredevil T 20 : « Le Retour du roi » - Par M. Lark & E. Brubaker – Panini Comics

Pour leur départ, ils ont la très bonne idée d’inviter la figure légendaire du Caïd qui relève sacrément la saveur de ce tome. Le personnage ressemble à un vieux lion exilé : craint, respecté, charismatique et toujours aussi dangereux.
Le revoir aux côtés de Daredevil, et plus ou moins dans le même camp, fait évidemment plaisir aux lecteurs nostalgiques.

Dans ce récit, Ed Brubaker pousse ses personnages à bout. Avides de vengeance et de violence, la patience n’est plus pour eux qu’un scabreux concept dont ils ne comprennent pas trop les notions. Ils préfèrent taper, stratégie finalement beaucoup plus rapide et efficace.

Entre faux semblants, combats et suspense, le timing du scénariste de Sleeper est parfaitement huilé. Il faut dire que le monsieur sait y faire et que pour sa dernière aventure avec le diable de Hell’s Kitchen, il s’est rudement bien appliqué.

Il nous laisse ravi et excité par cette fin pleine de promesses mais également anxieux. Après Bendis et Brubaker, le prochain scénariste Andy Diggle (largement salué pour sa série The Losers) a méchamment intérêt à assurer. Espérons qu’il aime les défis et qu’il saura marquer la série du ton mordant et direct qui le caractérise.

daredevil_Kingpin_Djurdjevic_novembre_2010

(par Mathieu Drouot)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
Participez à la discussion
5 Messages :
  • On dit qu’avec l’outil informatique,tout le monde pourra devenir auteur-à condition de maitriser la narration évidemment-sans savoir forcément dessiner.

    Un exemple de ça est le très controversé Jean- Michel Ponzio avec ses photos retravaillées à grands coups de filtres et autres bidouillages à l’ordi-mais attention,Ponzio sait dessiner et peut faire sans-

    Michael Lark lui est à l’intermédiaire de de cette méthode.Sur ses planches,il se "contente"de faire un découpage(superbe au demeurant,c’est un immense narrateur)où il place/crayonne ses personnages.Pour les décors complexes et autres détails techniques fastidieux(buildings et bâtiments en perspectives extrêmes,voitures hélicos ect...centres-ville) il scanne en bleu ( le fameux bleu inactinique invisible à la photocopieuse et au scanner :à la reproduction donc)des photos recadrées qu’il a sélectionnées sur le net où dans des films ou séries TV.Charge à l’encreur d’unifier tout ça à l’encre pour donner un rendu très réaliste à l’ensemble sans être photoréaliste justement,et garder un côté dessin.

    Ce côté très réaliste est expressément demandé par les dirigeants de Marvel et DC actuellement.Ils sont convaincus que c’est ce que le public veut.

    On imagine aussi le temps gagné par les dessinateurs.

    Alors dérives de la créativité assistée par la techniques ?Artistes qui perdent leur âmes avec ces méthodes ?

    Non !

    Il faut savoir que déjà, le grand Alex Raymond-Flash Gordon-dont le dessin a émerveillé et influencé tout une partie de la BD occidentale -avec Caniff et Foster- avait un dessin issu à 90% de références photos.Il faisait appel à une agence de modèles qui avait pignon sur rue.

    Répondre à ce message

    • Répondu par Fred Poullet le 1er décembre 2010 à  10:12 :

      Je suis un peu gêné devant ce type de dessin, de Michael Lark ou de façon encore plus excessive chez Alex Maleev, il est évident que ce sont tout deux de très bon dessinateurs (surtout Maleev), mais dans toute ce bidouillage, je me sens floué. Je ne sais plus où est le dessin. Ou est la trace du dessinateur, son art... On arrive à une forme de bande dessinée à "effets spéciaux". Les bande dessinées de Lark et Maleev, sont excellentes mais me frustent d’une part de dessin que je cherche en bande dessinée, peu importe la base photographique, ce n’est pas là le problème, manque juste un peu de ce geste du dessin si important. Quant à Ponzio, c’est là encore un autre "problème", je ne le met pas du tout au niveau de Lark et Maleev qui eux dessinent vraiment, Ponzio pour moi n’est que dans l’acte de copiste, il ne se réaproprie jamais le document photographique pour en faire sien, pour en faire du dessin.

      Répondre à ce message

      • Répondu par la plume occulte le 1er décembre 2010 à  17:14 :

        Lark dessine 100% de ses personnages à la main,et il le fait très bien : c’est superbe !La trace du dessinateur est là et aussi dans la mise en scène la mise en page,la composition de la case ,le choix de la perspective...

        Tout l’art du dessinateur et du narrateur.Le dessin est vraiment là.

        Mais pour les décors complexes-ou pas-il n’utilise pas une base photographique et ne se la réapproprie pas,il la scanne VRAIMENT sur la planche et ne la dessine PAS DU TOUT.C’est l’encreur qui fait le boulot.Et c’est si vrai que sur certaines planches c’est lui(l’encreur) le "dessinateur" ,Lark faisant"seulement" office de "narrateur".

        actuellement,les dessinateurs de comics qui recopient de la photo sont légion.Et là oui ils se la réapproprient avec talent et c’est plus ou moins visible.D’autres en revanche ,décalques VRAIMENT les photos,et quand ce sont de piètres narrateur c’est catastrophique.

        C’est la preuve que la BD ce n’est pas du dessin -et encore moins du graphisme ou de la peinture- MAIS DE LA NARRATION...

        Pour certains comprendre ça va être une vraie révolution.

        Et une vraie révolution sur ces 20 dernières années c’est toujours bon à prendre.....

        Répondre à ce message

        • Répondu par Fred Poullet le 2 décembre 2010 à  08:41 :

          Je comprends tout à fait, et je suis d’accord avec vous. Mais la bande dessinée étant écriture, tout comme le dessin est lui aussi écriture, ces petits trucages posent, à mon goût, une légère dissonance par le "sur-effet" sur cette narration.

          Répondre à ce message

          • Répondu par la plume occulte le 2 décembre 2010 à  14:04 :

            Deadline deadline(date limite de remise des planches) !

            Ce ne sont pas des petits trucages voulus en tant que tel,mais une des solutions trouvées pour répondre aux cadences infernales de production dans les comics,et aux délais très courts impartis ;en plus des oucazes et autres recommandations autoritaires.Une réponse -technique-à des contraintes.Même si il faut le reconnaître,les cadences de productions imposées se sont sacrément ralenties.

            Répondre à ce message