Daredevil par Frank Miller Tome 1 – Par Frank Miller & Klaus Janson – Panini Comics

27 août 2014 0 commentaire
  • Afin de fêter dignement le cinquantième anniversaire du personnage, Panini Comics propose une réédition du run qui a définitivement fait basculer celui-ci dans une autre dimension : celui de Frank Miller, accompagné de Klaus Janson, dans les années 1980.

Frank Miller, on ne le présente plus, tant ses œuvres parlent d’elles-mêmes dans l’imaginaire collectif contemporain : 300, Sin City (où on le retrouvera par ailleurs prochainement au cinéma derrière la caméra avec Robert Rodriguez pour une suite), son œuvre relative à Batman comme The Dark Knight Returns ou bien Batman : Year One...

Et pourtant, sous nos latitudes, on oublie bien régulièrement l’œuvre qui l’a vu émerger à la charnière des années 1970 et 1980 comme une référence à part entière dans le monde des Comics : son run sur Daredevil !

Daredevil par Frank Miller Tome 1 – Par Frank Miller & Klaus Janson – Panini Comics
Une mystérieuse silhouette apparaît dans la vie de Daredevil...
© Marvel - Panini Comics

Douchons malheureusement les attentes des fans vis-à-vis de cet album : ceci n’est pas un omnibus complet de Miller sur Daredevil et en conséquence, il faudra attendre d’autres tomes pour voir débarquer Born Again ; l’aventure la plus portée aux nues du personnage, celle qui définit clairement une rupture avec son époque.

Que les nouveaux venus se rassurent, ce n’est pas parce que cet album ne contient pas le pinacle du travail de Miller sur le personnage qu’il en devient banal, loin de là !

Cet album d’adresse autant aux nostalgiques de l’auteur qu’aux nouveaux venus dans le domaine des Comics. En effet, Panini Comics a pris soin de présenter le personnage principal et les auteurs afin de ne laisser personne sur le côté de la route et donc, permettre à chacun de comprendre l’importance patrimoniale de sa lecture à venir.

© Marvel - Panini Comics

C’est avec plaisir que l’on retrouve donc « l’homme sans peur », Daredevil. Un personnage des plus singuliers s’il en est parmi les héros de Marvel, car son exposition est des plus contrastées et des plus irrégulières. Souvent relégué à l’arrière-plan, il suffit que le personnage tombe entre les mains d’auteurs compétents pour qu’il éclate au grand jour et démontre son potentiel (citons par exemple pour la période récente le run de Brian Michael Bendis et Alexis Maleev).

Alors, quel est le potentiel de Matt Murdock, cet avocat aveugle le jour qui devient la nuit le justicier craint par toute la mafia new-yorkaise ? Eh bien, il est on ne peut plus avéré sous la direction de Frank Miller qui, s’il ne le transforme (l’équipe éditoriale de Panini Comics nous rappelle que le changement de ton du personnage s’opérait déjà peu à peu grâce aux travaux de Jim Shooter et Roger McKenzie les années précédentes), fait de Daredevil un personnage définitivement noir, tiraillé entre ses problèmes personnels et sa difficile mission de nettoyer les rues des horreurs qui peuvent s’y trouver.

© Marvel - Panini Comics

Dans sa noble mission de sauvegarde de son quartier de Hell’s Kitchen et de New York, Daredevil peut compter sur deux alliés de poids : Miller qui assure le scénario et le dessin, mais aussi l’encrage et les finitions de l’artiste Klaus Janson qui sublime le travail de son partenaire !

Cet album est un véritable régal pour les yeux. Le travail abattu par Miller semble titanesque tant ses planches se révèlent tour à tour précises, dynamiques ou originalement composées. Et puis, on ne peut que s’extasier devant ces personnages au si beau rendu supporté par un contraste entre les tons vifs et les tons sombres à faire pâlir de plaisir tout lecteur bien né...

L’inquiétant Bullseye en action.
© Marvel - Panini Comics

Que retrouve t-on, sinon, en termes d’intrigue dans cet album qui regroupe les épisodes de la série Daredevil de janvier 1981 (Miller prend alors seul les commandes du titre) à avril 1982 ? Un Matt Murdock en proie au doute, que ce soit d’un point de vue professionnel, sous le masque de Daredevil ou d’un point de vue sentimental.

Un Caïd qui débarque des pages de l’univers Spider-Man pour se venger de ceux qui ont refusé depuis New York que son bonheur passe avant les impératifs du business.

Un Bullseye (un vilain capable d’atteindre sa cible avec n’importe quel projectile et depuis n’importe quelle position) plus psychopathe que jamais qui voit Daredevil partout autour de lui et qui ne souhaite plus qu’un chose : la mort de ce dernier de la façon la plus éclatante.

Un Foggy Nelson, meilleur ami de Matt Murdock, qui ne sait plus comment se placer face à lui à cause de la mauvaise passe que connaît leur cabinet d’avocats.

Mais surtout, on assiste à la naissance sur papier d’un personnage qui va devenir emblématique dans sa série et au delà : Elektra !

© Marvel - Panini Comics

Bien avant par exemple que Wolverine ne fasse ses différents voyages au Japon pour y apprendre quelques astuces pour la baston (personnage qui sera accompagné par ailleurs par Miller en compagnie de Chris Claremont durant ces années 1980), bien avant que Kitty Pryde ne délaisse son surnom de Sprite pour celui de Shadowcat après avoir appris l’art ancestral des ninjas en compagnie de Logan dans ce même pays, bien avant que Betsy Braddock ne se voit troquer son corps originel pour devenir la kunoichi que l’on connaît aujourd’hui... Il faut se rappeler que l’influence nippone a connu chez Marvel un sacré coup d’accélérateur grâce à Miller et la création d’Elektra !

La célèbre kunoichi vêtue de rouge est apparue dès le premier épisode où Miller est seul aux commandes de la série. La grecque Elektra Natchios a fait la connaissance de Matt Murdock à l’université et les deux y sont devenus amants. La mort dramatique de son père ambassadeur les a séparés, poussant Matt à peaufiner son art martial pour défendre les innocents, poussant Elektra à se venger d’un monde dans lequel elle ne croit plus, en s’entraînant pour devenir la plus mortelle des kunoichi auprès du groupe mafieux qu’est La Main.

La relation tout en amour et haine, attraction et répulsion qui existe entre Elektra et Daredevil est un élément qui confère une grande force au récit de Miller. Et puis, quel dynamisme apporté, aux côtés du personnage principal, Elektra au fil des pages ! Un style qui donne un sacré coup de fouet aux scènes d’action et qui rend la lecture des plus agréables. Oui, difficile à la lecture de cet album de ne pas entrevoir a posteriori l’hommage au départ à visée humoristique que peut représenter un Raphaël et ses saï chez les Tortues Ninja à l’égard de ce personnage.

Elektra, alliée ou ennemie ?
© Marvel - Panini Comics

Le premier tome de Daredevil par Frank Miller est assurément un immanquable de cette rentrée, un imposant recueil de près de 400 pages que tout amateur de Comics, confirmé comme nouveau-venu, peut dévorer sans grande retenue.

Des histoires marquantes qui font monter la température en attendant Born Again, on l’espère, ces prochains mois et dans un prochain tome.

Les joies du cinéma diffèrent selon chacun.
© Marvel - Panini Comics

(par Romuald LEFEBVRE)

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