Deadpool T. 2 – « vague de mutilation » - par D. Way, P. Medina & C. Barberi – Panini Comics

1er décembre 2015 0 commentaire
  • L’anti-héros Deadpool enfin dépeint comme il le mérite : à grands coups de folie pure. Faisant de Bullseye, les X-men et Spider-Man ses camarades de jeu, il emporte le lecteur vers des sommets de divertissement et de crétinerie.

Le scénariste Daniel Way semble abonné aux héros ambigus, décriés ou simplement psychopathes. Après s’être frotté à Bullseye et au Punisher, il a envoyé Hulk dans l’espace (le prélude de Planet Hulk), s’est attardé sur Ghost Rider et a étudié les origines de Wolverine.

Il ne semblait finalement manquer que Deadpool dans ce panel de militants de la violence. Il a donc scénarisé de 2008 à 2012, les aventures du mercenaire déjanté et lui a offert au passage l’un des traitements les plus intéressants.

La plupart du temps, Deadpool est dépeint comme un personnage décalé et loufoque. Le cahier des charges est très clair : Il DOIT être drôle mais tout en restant cool. Devant ce couperet, les scénaristes font appel en général à des vannes et des situations poussives et réussissent finalement qu’à obtenir un personnage qui essaye d’être drôle. Assez bas de plafond, cela tombe souvent à plat à force d’avoir peur d’aller trop loin.

Deadpool T. 2 – « vague de mutilation » - par D. Way, P. Medina & C. Barberi – Panini Comics

Ce piège, Daniel Way l’évite avec brio. « Aller trop loin » est justement la clef pour traiter ce personnage. Mettant de côté l’aspect décalé, le scénariste se concentre pleinement sur le « loufoque » qu’il pousse à son paroxysme. Deadpool devient alors fou, stupide, violent, enfantin ou génial, un schizophrène qui discute vraiment avec lui-même et vit dans un monde merveilleux où ses actions, comme ses paroles, sont souvent incohérentes et presque toujours crétines. Et c’est ainsi qu’il en redevient drôle et du coup décalé : malgré lui.
Complètement imprévisible, il est rejeté par toute la communauté super-héroïque à laquelle il aimerait appartenir. Que ce soient, les X-men ou Spider-Man, tous préfèrent le savoir loin d’eux malgré les éclairs de génie de ses plans idiots.
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Servi par un panel de dessinateurs, chaque aventure revêt une identité visuelle intéressante. Se démarquent tout de même, le trait précis et séduisant de Paco Medina et le style tout à l’inverse de Shawn Crystal qui apporte son grain de folie aux fantasmes de piraterie du personnage.

En prévision de l’arrivée en salle de l’adaptation cinématographique, la sortie de ce recueil est une très bonne surprise et montre que l’on peut réellement faire quelque chose d’intéressant avec ce personnage.

(par Mathieu Drouot)

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