Death Mountains, tomes 1&2 - Par Christophe Bec & Daniel Brecht - Casterman

26 mai 2013 1 commentaire
  • L'envers du décor du 'Go West', avec ses affres et ses tragédies. Merveilleusement servi par des auteurs en phase.

Californie, 1890. Parvenue au crépuscule de sa vie, Mary Graves, une enseignante âgée qui fut la première maîtresse d’école de Californie, reçoit la visite d’un jeune homme sympathique et curieux qui l’affuble d’un étrange qualificatif : « Mary la cannibale ». Douloureux, les souvenirs affluent dans l’esprit de Mary…

En effet, en 1846 à fort Laramie, elle faisait partie d’un convoi de colons qui prend en toute hâte la route de la Californie, malgré la saison déjà bien avancée. Il leur faut absolument franchir les montagnes de la Sierra Nevada avant les premières neiges. Retardé par une météo exécrable et par divers incidents dont l’assassinat d’un colon par un autre, le convoi se trouve finalement bloqué par la neige. Dans l’impossibilité de faire demi-tour et presque sans aucune réserve de nourriture, un petit groupe de huit personnes se porte volontaire en décembre 1846, pour tenter malgré tout de trouver un passage...

Death Mountains, tomes 1&2 - Par Christophe Bec & Daniel Brecht - Casterman

Même s’il a été révélé par des récits plus fantastiques et s’est parfois concentré sur des histoires assez horrifiques, Christophe Bec n’a pas son pareil pour dévoiler les extrémités auxquelles peuvent être poussés les êtres humains. Même si le ton du récit demeure simple, on est rapidement captivé par la destinée de cette jeune femme, qui brille autant par sa détermination que son altruisme.

Daniel Brecht signe ici sa première série de bande dessinée, et c’est globalement une grande réussite. Les premières pages historiques en témoignent : on se sent happé par les éléments et le destin de ces colons en quête de terres promises. Pourtant, le dessinateur est encore un peu faible sur les gros plans de ses personnages, ne parvenant pas toujours à les égayer des petits détails qui donnent la vie aux plans larges. Si ce défaut peut sauter aux yeux en ouvrant l’album au hasard, on passe rapidement outre à la lecture, grâce à l’alchimie distillée par les deux auteurs.

On retiendra donc de ce diptyque sorti d’une traite, une passionnante et sombre version de l’Histoire des Amériques. Le récit aurait d’ailleurs gagné à être amputé de quelques pages pour maintenir le rythme, et à sortir en un plus gros volume de 64 pages. Mais rentabilité oblige...

(par Charles-Louis Detournay)

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