Death Note - T1 et 2 - Ohba & Obata - Dark Kana

4 mars 2007 2 commentaires
  • {"La personne dont le nom est écrit dans ce cahier meurt."} Qui n'a jamais ressenti au tréfonds de ses mauvais sentiments l'envie de faire disparaître des personnes malfaisantes; qui sait? son voisin de palier, pour se rendre la vie plus belle? Imaginez que cela soit non seulement possible, mais surtout extrêmement simple. Il suffit de se munir d'un stylo... Et d'un cahier, le "Death Note".

Un jour comme un autre, Light Yagami, élève brillant de 17 ans et fils du directeur du bureau d’enquête de la police, trouve par hasard un cahier intitulé "Death Note". Ce cahier appartiendrait à un soit-disant "Dieu de la mort", et il suffirait d’y inscrire le nom d’une personne en visualisant son visage pour que celle-ci succombe à une attaque cardiaque. Mieux encore, il serait possible de décrire précisément les circonstances de la mort. Ça vous semble un peu gros ? Light également trouvait cette blague grotesque. Jusqu’à ce qu’il teste le cahier... Et à sa grande surprise, le jeune homme comprend que ça n’était pas une plaisanterie. Aussi surréaliste que cela puisse paraître, il faut reconnaître qu’avoir un objet de ce genre à disposition ne peut qu’attiser la curiosité et titiller nos instincts les plus obscurs.

Ayant trouvé le death Note, Light en devint donc le nouveau propriétaire et se voit accompagné en permanence par son ancien détenteur : Ryûk, le Dieu de la mort. Les choses sérieuses peuvent commencer. Décidé, Light se met en tête de débarrasser le monde de ses criminels et, en très peu de temps, il compte déjà une centaine de victimes à son actif, toutes décédées d’une crise cardiaque. Entre alors en scène un nouveau protagoniste : le mystérieux "L", ayant résolu par le passé, sous couvert d’anonymat, de nombreuses affaires criminelles. Pour celui-ci, il ne peut nullement s’agir de coïncidences. Ces décès sont bel et bien l’oeuvre d’un tueur en série, et L entend l’arrêter avec la coopération des polices mondiales. Commence alors un diabolique jeu du chat et de la souris entre ce détective anonyme et celui que l’on nomme publiquement "Kira", le Dieu vengeur.

Death Note - T1 et 2 - Ohba & Obata - Dark Kana

Autant le dire tout de suite : Death Note rend le lecteur complètement accro. N’espérez pas y échapper : lorsque vous y goûterez, vous ne pourrez plus vous en passer ! Le premier choc est bien évidemment graphique. Le dessin de Takeshi Obata [1] allie sobriété et puissance, et le design des personnages fait preuve de bon goût - si l’on excepte celui de Ryûk. En bon Dieu de la mort, il n’est effectivement pas beau, mais son effrayant faciès pourvu d’une large bouche et de gros yeux globuleux pourrait parfois prêter à sourire tant il est grotesque. Mais qu’importe, il remplit très bien son rôle. On notera également une bonne utilisation des trames qui renforcent le charme de l’ensemble sans trop en faire. Passons maintenant au vif du sujet.

En effet, le principal argument de Death Note est sans nul doute son scénario, probablement l’un des plus redoutables qui soient, en dépit de quelques explications un peu trop faciles. L’idée de base est assez folle, et on en viendrait à se demander si le scénariste ne serait pas lui-même un peu dérangé. À la lecture pourtant, on se rend à l’évidence : Tsugumi Ohba n’est pas un fou, ni un psychopathe, encore moins un génie. C’est plutôt un mélange de tout cela. Ce scénario est emprunt d’une grande maturité et d’une extrême noirceur. Death Note est un thriller machiavélique qui vous scotchera sans vous laisser reprendre votre souffle. Car, bien qu’il n’y ait pas à proprement parler de "scènes d’action" et que les évènements soient relativement posés, l’intrigue incroyablement dense se développe à vive allure.

Le premier tome nous conte la découverte du Death Note et les premiers tests de Light, très vite suivis par le début de l’enquête menée par L. Le jeune homme commence alors à lancer volontairement ses "traqueurs" sur des pistes, pour chaque fois mieux les prendre à revers. De son côté, le mystérieux détective en vient à soupçonner les membres du bureau d’enquête, et fait donc appel au FBI pour enquêter sur chacun d’entre eux ainsi que sur leurs proches. De ce fait, Light se retrouve suivi par un agent. Mais "Kira" a plus d’un tour dans son sac...
Dans le second tome, Light continue de tester les capacités du cahier, et joue les provocateurs en envoyant des messages à L par le biais des criminels qu’il supprime. Cependant, l’enquête policière avance, et malgré le peu d’éléments dont dispose l’enquêteur, l’étau se resserre autour du jeune homme.

Cette intrigue intelligente et jouissive permet de réveiller nos sentiments les plus sombres tout en jouant de l’éternelle question morale : peut-on tuer pour rendre le monde meilleur ? Dans le doute, mieux vaut lire ce manga que de passer à l’acte : vous en prendrez pour 12 volumes, et ce sans avoir à quitter votre foyer pour une froide cellule. Avec la satisfaction du devoir bien fait.

(par Baptiste Gilleron)

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[1également dessinateur de la série Hikaru no go

 
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