Décès de Luc Mazel, figure de l’École belge humoristique de bande dessinée

Par Didier Pasamonik - L’Agence BD 23 juin 2024 
C’était un de ces talents de l’École belge qui ont fait les belles heures de Tintin comme de Spirou. Dessinateur de séries comme Fleurdelys (dans Tintin), de Câline et Calebasse et de Boulouloum et Guiliguili ou encore des Paparazzi dans Spirou. On apprend sa disparition le 20 juin 2024 à l’âge de 92 ans.
Décès de Luc Mazel, figure de l'École belge humoristique de bande dessinée

C’est un pur produit de l’École belge de bande dessinée. Né le 27 juin 1931 en Flandre à Herentals dans la province d’Anvers, Luc Maezelle alias Mazel fait des études d’architecture à Saint-Luc à Bruxelles avant de bifurquer en 1960 vers la bande dessinée. Chez Dupuis, il fait ses premières armes sur la série des Oncle Paul.

Son dessin rond classique, dans la lignée de celui de Franquin et son remarquable talent d’encreur lui ouvrent les portes des deux principaux hebdomadaires belges pour la jeunesse. On lui doit dans Tintin quelques premiers personnages pittoresques comme l’homme des cavernes Cromagnon, l’avocat Périn (1961), le petit moujik Yvan (sc. de Yves Duval, 1962), les deux clochards Bôjolet et Riesling (1963), mais c’est avec Fleurdelys, sur un scénario de Vicq (excellent scénariste que l’on verra plus tard sur Lucky Luke) qu’il crée en 1966 sa première série de mousquetaires. On voit aussi ses dessins pour Pilote Belgique, avec l’agent secret « O.K. 27.43 », sous le pseudonyme de Zem (1964). Greg le recrute dans son studio pour dessiner Les As destinés à la revue Pif, où il produit ensuite sous le pseudo de Mavericq avec Alpha au scénario la série Chacal Bill (1976).

Câlijne et Calebasse
Luc Mazel et François Walthéry en 2008
Photo : Nicolas Anspach.

Avec l’arrivée de Thierry Martens à la rédaction du Journal de Spirou après 1968, celui-ci voit en Mazel un collaborateur sûr et régulier et va favoriser sa collaboration au long cours avec le scénariste star de la maison Raoul Cauvin. Cela donnera une nouvelle série de mousquetaires Câline et Calebasse (1969), mais aussi, toujours dans le domaine humoristique Boulouloum et Guiliguili (1975). En 1981, avec le réalisateur de dessins animés Gérald Frydman, il dessine toujours pour Spirou l’héroïne western Jessie Jane. Enfin, en 1993, à nouveau avec Cauvin, il anime Les Paparazzi, des photographes-reporters gaguesques comme Cauvin pouvait les concevoir.

André-Paul Duchâteau et Luc Mazel, en 2010.
Les deux hommes ont travaillé ensemble pour Pilote. Duchâteau signait sous le pseudo de Michel Vasseur, et Mazel sous celui de Zem.
Photo : Nicolas Anspach

Après un dernier album chez P&T productions en 1997, Mazel prend sa retraite et se consacre principalement à la peinture. En 2019, son marchand, la galerie Daniel Maghen, avait consacré une rétrospective à son travail.

En 2019, Mazel avec Gos dans la galerie Maghen
Photo : @thierry_sauvage

Nos pensées vont à sa famille et ses proches.

Au revoir Mazel...
Extrait de la seconde intégrale de Boulouloum & Guiliguili (Dupuis)

(par Didier Pasamonik - L’Agence BD)

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Code EAN : 9782800158891

Dupuis ✏️ Mazel tout public Jeunesse
 
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5 Messages :
  • Que c’est triste, j’adorais ses Câline et Calebasse dans le Spirou du début des années soixante-dix !
    Mes sincères condoléances à ses proches....

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  • Un bon dessinateur, au trait bien efficace.
    Qu’il repose en paix.

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    • Répondu par Michel Dartay le 23 juin à  18:19 :

      Il ne faut surtout pas le réduire à un clone de Franquin, même s’il en avait la même virtuosité !
      Ses planches parues dans Spirou affichent une vraie personnalité !

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      • Répondu par Sergio Salma le 1er juillet à  19:16 :

        Qui réduit qui ? Clone ?! Pas très sympathique d’utiliser les mots" réduire" et "clone" dans ces circonstances. Bizarres ces mots d’hommage qui sont comme des coups de couteau. D’abord , je sais pas pourquoi ,Monsieur Dartay, vous vous préoccupez du fait qu’on puisse le réduire à un clone de Franquin. Qui ? Quand ? Où ? Personne n’a jamais pensé ça il me semble. D’autres auteurs ont souffert de la comparaison, forcément la qualité , la maestria de Franquin étaient marquantes et les auteurs, les dessinateurs humoristiques devaient faire avec, ceux qui débarquaient dans Spirou vivaient avec cette ombre. Mazel est apparu dans Tintin avec un style qui n’était pas très Franquin, si on devait lui trouver une petite ressemblance c’était plutôt du côté de Uderzo. Greg aussi avait adopté ces canons, et sa reprise de Zig et Puce l’avait aussi relié aux années 20 et 30 , et on peut évidemment voir chez les dessinateurs humoristiques débutants de ces années-là également du Hergé, comment éviter ces phénomènes de filiations souvent mélangées ? Donc les influences sont toujours les mêmes ( Disney, Calvo etc...) . Mazel comme plein d’autres ( je pense à Azara, Berck...) a tout de suite raconté des histoires personnelles , souvent avec Vicq il me semble. Il a amené dans Spirou l’univers des mousquetaires qu’il avait commencé dans Tintin . L’auteur de l’article commet l’erreur et la phrase " dans la lignée de Franquin" n’est, je trouve, vraiment pas très pertinente . "Clone de Franquin" est carrément à côté de la plaque.

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  • Une fois de plus, une part de mon enfance qui disparaît. Merci à lui, en particulier pour "Câline et Calebasse".

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