Denis Bajram voit la lumière au bout du tunnel

22 février 2014 7 commentaires
  • Le trio Bajram/Mangin/Ponzio vous propose un voyage à bord du vaisseau de Râ pour l'expérience scientifique ultime : un saut vers la mort qui bouleverserait les croyances de l'humanité.

Juin 2016, au musée archéologique du Caire en Égypte : un agent de sécurité tombe raide mort après avoir touché un objet prétendument maudit : la barque de Râ.

Mars 2019 : les communautés religieuses et athées se révoltent : la célèbre milliardaire américaine Katlyn Fork, impuissante devant la mort à petit feu de son fils atteint d’une maladie incurable, tente un pari fou : débrancher le mourant, et y relier un vaisseau créé par une armée de savants, afin de l’accompagner vers l’Au-delà et l’arracher aux griffes de la mort.

Comment en est-on arrivés à cette folie ? Quelles seront les têtes brûlées qui prendront part à ce voyage potentiellement sans retour ? Le fils de la milliardaire reviendra-t-il à la vie ? À quelle puissance intangibles les explorateurs devront-ils se confronter ?

Denis Bajram voit la lumière au bout du tunnel
©Bajram/Ponzio/Ankama Editions

Cette œuvre de science-fiction s’articule bien sûr autour du concept d’expérience de mort imminente : la fameuse lumière blanche au bout du tunnel, et cette sensation de béatitude dont ont parlé plusieurs patients de retour du coma. Il ne fallait pas moins que trois artistes pour boucler ce projet : Denis Bajram, co-auteur de l’histoire et en charge de la post-production visuelle, Valérie Mangin, l’autre co-auteure, scénariste et dialoguiste, et pour finir Jean-Michel Ponzio, au storyboard, au dessin et à la couleur.

Les dessins de Ponzio, à l’instar de ses précédentes séries Le Complexe du Chimpanzé, Dernier exil ou encore Genetiks, sont créés d’après photos mais restent d’une redoutable efficacité et montrent à présent une plus grande maîtrise technique de l’artiste. La post-production graphique effectuée par Bajram a aussi visiblement aidé à gommer le côté figé de ce procédé. Grâce à ses cadrages cinématographiques, on se croirait devant le dernier blockbuster hollywoodien de Michael Bay ou de Barry Levinson (Sphere).

©Bajram/Ponzio/Ankama Editions

L’histoire imaginée par Denis Bajram et Valérie Mangin en utilise d’ailleurs les mêmes ficelles : un thème (qu’y a-t-il après la mort ?) qui touche le plus grand nombre, des rebondissements "obligatoires" (apparitions fantômatiques, glaciations spontanées, distorsion du temps) mais néanmoins spectaculaires, et des personnages que tout oppose mais qui donnent lieu à des affrontements intéressants.

Les scénaristes proposent en effet une logique brochette d’archétypes embarqués dans ce voyage aux frontières de la mort : un homme d’église prix Nobel de physique, un pilote de la NASA, une belle scientifique, un agent spécial du gouvernement, réunis par une milliardaire bouddhiste, dans un vaisseau construit par un ingénieur israélien marqué par la vie et ayant perdu la foi.

©Bajram/Ponzio/Ankama Editions

L’album mise sur l’efficacité visuelle, et il faut reconnaître qu’on se laisse avoir comme des bleus : ce premier tome se lit d’une traite. Mieux : on prend autant de plaisir à la relecture, tant la narration et les clés continuent de scotcher. Et à l’instar d’un bon épisode des aventures de Scully et Mulder dans X-Files, le concept fantastique propose une profonde immersion, et confronte les convictions de chacun face à l’une des plus grandes énigmes qui soient.

(par Thomas Berthelon)

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Expérience Mort T1 : La barque de Râ - Par Bajram/Mangin/Ponzio - Ankama Editions

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7 Messages :
  • Denis Bajram voit la lumière au bout du tunnel
    23 février 2014 10:32, par Franck Biancarelli

    Tiens, le dessinateur n’ est donc pas (co-)auteur ?
    Un moignon peut-être ?

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    • Répondu par Thomas Berthelon le 23 février 2014 à  16:39 :

      Non, il n’est pas co-auteur de l’histoire en effet.

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      • Répondu par Franck Biancarelli le 23 février 2014 à  18:12 :

        Il y a trois co-auteurs et deux co-scénaristes.

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      • Répondu par Sergio Salma le 23 février 2014 à  19:02 :

        Ponzio ne touche donc pas de droits d’auteur sur ce livre ?! Oui bien sûr. D’où la remarque due à mon avis à l’ utilisation ambiguë du mot auteur dans la formulation. Bajram et Mangin sont bien entendu les auteurs du scénario mais le dessinateur est bien co-auteur de la bande dessinée.

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      • Répondu le 23 février 2014 à  20:48 :

        Vous retardez, Thomas. Même l’administration fiscale reconnait maintenant au dessinateur le statut d’auteur (de co-auteur).

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    • Répondu par Fred le 24 février 2014 à  01:37 :

      Vous êtes des gros lourds. Denis Bajram est co-auteur de l’histoire avec Valérie Mangin. Jean-Michel Ponzio lui fait les dessins et n’est pas du tout auteur de l’histoire. Il y a deux scénaristes et un dessinateur, c’est pourtant pas compliqué.

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      • Répondu par Franck Biancarelli le 24 février 2014 à  09:01 :

        Ouais, ouais. Vous avez raison Fred, c’ est jamais qu’une chronique sur le net, on voit en gros ce qu’il veut dire, hein ? On n’va pas se prendre le chou. Si même quand on essaie d’ analyser, fallait se faire suer avec le choix des mots on l’ ouvrirait plus ni vous ni moi.

        Il est parfait ce mot auteur, en totale contradiction avec sa définition dans ce métier mais bon, hé oh ! On n’va pas se prendre le chou. (Tiens, je l’ai déjà dit ça).

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