Dimitri Kennes (Mad Fabrik) : « Le marché de la BD tient sur trois ou quatre groupes qui décident de son fonctionnement et de ses règles »

22 avril 2011 32 commentaires
  • {{Dimitri Kennes}} avait quitté avec fracas son poste de DG des éditions Dupuis en 2006 suite à des divergences de vue avec son actionnaire, le groupe Média-Participations. Fin 2009, ce jeune businessman fondait avec le dessinateur {{Midam}} et l'agent {{Araceli Cancino}} la société MAD Fabrik. en charge d’éditer les œuvres de Midam ({Kid Paddle}, {Game Over, Grrreeny}) et d’en gérer les droits dérivés (audiovisuel, licences, etc). Rencontre.

Dimitri Kennes, administrateur délégué de MAD Fabrik, évoque avec nous les objectifs et la stratégie de sa nouvelle maison d’édition. Il revient également avec une certaine franchise sur la crise qu’a suscitée son départ de chez Dupuis en 2006. Une occasion également de connaître son avis sur l’évolution du marché de la bande dessinée.


Dimitri Kennes (Mad Fabrik) : « Le marché de la BD tient sur trois ou quatre groupes qui décident de son fonctionnement et de ses règles » En septembre 2009, vous fondiez MAD Fabrik avec Midam et Araceli Cancino, son épouse, une société qui a pour vocation d’éditer les nouveaux albums de Kid Paddle et Game Over, mais aussi de gérer les droits dérivés et audiovisuels de ces séries.

Nous avons appris à nous connaître quand j’étais directeur général des éditions Dupuis. Nous avons passé beaucoup de temps à négocier différents aspects de la gestion de Kid Paddle dans des conditions qui n’étaient pas forcément simples car la confiance entre eux et Dupuis était rompue. Nos conversations ont été vives par moment car nous défendions nos positions âprement mais il n’y a jamais eu de tromperie ou de faux semblant.

Lorsque j’ai quitté Dupuis [1], j’ai pu constater que si Araceli et Midam sont durs en affaires, et surtout intransigeants s’ils se sentent floués, ils sont très cohérents et justes dans leur jugement. Ils ont aussi surtout un libre arbitre et une force de caractère qui les laissent indifférents aux rumeurs et autres contre-vérités. Vivre une situation aussi intense que celle qu’il m’a été donné de vivre à ce moment a cet énorme avantage d’éprouver la réelle valeur des gens. Nous sommes devenus réellement amis à ce moment, et avons continué à nous voir sans objectif professionnel.

Lorsque le contrat pour la gestion des univers de Kid Paddle par les éditions Dupuis arrivait tout doucement à son échéance, Araceli et Midam sont venus me voir. Ils désiraient gérer directement l’intégralité des droits dérivés de Kid Paddle et de Game Over. Je gérais à l’époque une société qui aidait les start-ups à se lancer ou à trouver des capitaux. Ils m’ont demandé de regarder leur « dossier » dans ce cadre. Nous rentrions à nouveau dans une relation professionnelle. Rapidement, il est apparu très logique de joindre tous les aspects éditoriaux, les droits dérivés et les droits audiovisuels dans une seule structure. Nous voulions aller vers la simplicité en ne dissociant pas les différentes activités. La question de mon implication dans ce projet s’est alors posée. Nous voulions nous retrouver dans une situation où nous avions un parfait équilibre entre nous trois, tant au niveau des intérêts que du pouvoir de décision. Nous avons alors décidé de nous associer au sein d’une structure et j’ai fait le choix de m’y consacrer à 100% aux côtés de mes amis et désormais associés. Nous avons des profils différents et complémentaires : Un auteur, une directrice artistique aguerrie à la gestion des licences et au marketing, et un gestionnaire, capable de pondre un business plan, d’organiser des partenariats ou de gérer des contrats.

(c) Midam, Adam & MAD Fabrik

D’où vient le nom de votre société, MAD Fabrik ?

Vu l’importance de cette relation intuitu personae, Araceli a eu l’idée de reprendre les initiales de nos prénoms pour le nom de la structure : Midam, Araceli et Dimitri, cela donne MAD, un terme anglais qui résume parfaitement notre état d’esprit au moment de lancer ce projet. C’était en effet un pari un peu fou ! Les sociétés qui gèrent les droits d’Astérix (Albert-René), du Marsupilami (Marsu Productions) ou des Schtroumpfs (I.M.P.S) ne sont pas bâties sur le même modèle. Et puis, la création de MAD Fabrik se déroule à un autre moment par rapport à l’âge de l’auteur, le potentiel de l’univers, etc.

Le monde de l’édition vous manquait-il ?

J’ai quitté les éditions Dupuis en n’ayant pas réfléchi à mon orientation professionnelle. En effet, j’ai toujours gardé l’espoir que ma voix serait entendue chez Media-Participations et qu’on accepterait mes revendications pour Dupuis. Cela n’a pas été le cas, et j’ai donc été cohérent avec ma position en démissionnant. Je suis toujours très fier de cette démarche.
Je n’avais par contre, de ce fait, pas du tout préparé de plans pour mon avenir professionnel. Même si tout et son contraire ont été dits à mon sujet à l’époque : que j’avais prémédité un coup pour déstabiliser l’entreprise et la racheter, ensuite pour créer une maison d’édition en récupérant des auteurs… La meilleure manière de démontrer l’absurdité de ces thèses risibles était de m’éloigner de la BD.

Quelques mois après l’affaire, on a pourtant dit que vous réfléchissiez à la création d’une maison d’édition.

Claude Gendrot (ex-directeur éditorial de Dupuis), Nathalie Claes (ex-directrice financière de Dupuis) et moi-même avons effectivement réfléchi à monter une nouvelle maison d’édition. Au bout de quelques semaines, nous y avons renoncé à contrecœur, car le contexte enlevait toute la beauté de la démarche.

Extrait de "Game Over" T6
(c) Midam, Adam & MAD Fabrik

On vous a savonné la planche, non ?

Effectivement. Mais ce n’est pas la raison pour laquelle nous avons arrêté. Nous aurions voulu créer une maison qui nous permettrait de mettre en œuvre la stratégie que nous voulions pour Dupuis et qui n’avait plus sa place chez Media Participations. Mais cette démarche relevait plus du travail de deuil que d’une réelle entreprise.

J’ai donc eu envie de changer de secteur et surtout, je ne voulais plus être salarié, et voir la stratégie d’une entreprise en laquelle on croit, se modifier brutalement parce que l’actionnaire change, sans fondement économique. J’ai donc cherché une autre voie, et ce ne fut pas évident. J’ai eu la chance d’occuper très jeune des postes de direction (directeur financier de Dupuis à 24 ans), et donc d’avoir un salaire plutôt confortable. J’ai aussi profité d’un « stock option plan » chez Dupuis, du temps de l’ancien actionnaire. Mais si grâce à cela, j’ai pu bien vivre, je n’ai pas derrière moi de fortune personnelle, au contraire de ce qu’on a pu raconter.

J’ai donc pris mon temps que j’ai passé en famille, à m’occuper enfin un peu de mes deux grands garçons, et à remettre le couvert pour un troisième. Enfin, je me suis lancé dans différents projets, dans des domaines divers, comme la production audiovisuelle de spectacles, jusqu’à créer cette société d’accompagnement de start-up que j’ai quittée pour Mad Fabrik.

Vous êtes déçu de ce qui s’est passé chez Dupuis en 2006 ?

J’aurais préféré de loin que Media Participation accepte de suivre la stratégie portée par le management de Dupuis de l’époque bien sûr. C’était le droit du nouvel actionnaire de Dupuis de voir les choses autrement et d’avoir d’autres plans pour Dupuis. C’était aussi mon droit d’en tirer les conclusions et de partir.

Ce qui est décevant, c’est la réaction en chaîne qui s’en est suivie, générée par les licenciements de Claude Gendrot et consorts, la mascarade de nominations précipitées, une lutte de représailles et de réécriture de l’histoire.

J’ai été surtout très déçu de certaines personnes. Si je dois prendre un seul exemple, ce ne peut être que Jean Van Hamme. Quand on est un produit d’une école de commerce comme moi, on ne peut qu’avoir été fasciné par un héros comme Largo Winch. Forcément, on imagine que pour créer des héros aussi bons, l’auteur lui ressemble un tout petit peu…

À l’inverse comme je l’ai expliqué pour la genèse de MAD Fabrik, cette période a aussi été une belle aventure humaine qui a forgé de solides relations d’amitiés.

Aujourd’hui, tout cela est du passé, je ne suis ni déçu, ni fâché, cela fait partie de mon expérience. Je suis d’ailleurs régulièrement en contact avec les personnes en place chez Dupuis aujourd’hui et les relations sont cordiales.

Par contre, ce qui restera pour toujours une énorme frustration est qu’en 1999, nous n’avons pas réussi à reprendre les éditions Casterman. Nous nous étions portés candidats au rachat de l’éditeur de Tintin. Nous avions un plan formidable pour réunir Tintin et Spirou, tout en consolidant une belle entreprise belge. Regardez le futur de Tintin avec les films de Steven Spielberg et de Peter Jackson. Observez le développement de la marque Spirou ! Cela aurait été formidable de voir les deux sociétés sœurs porter un tel projet géré avec un ancrage belge. C’est malheureux à dire mais les sociétés qui détiennent les capitaux, en Belgique francophone pensent plus à revendre et à faire des bénéfices sur leurs investissements qu’à garder des fleurons régionaux ou nationaux. C’est un problème interne à la Wallonie. Les Flamands sont eux plus attentifs au caractère régional de leur entreprise. Sans vouloir tomber dans la politique belgo-belge, ce manque de volonté et de fierté, d’ancrage économique de la part des patrons belges francophones explique beaucoup de la crise actuelle.

Extrait de "Game Over" T6
(c) Midam, Adam & MAD Fabrik

Dupuis est une société employant plus d’une centaine de collaborateurs. Vous employez aujourd’hui, via MAD Fabrik, une poignée de personnes. Est-ce facile ?

Dès que j’ai quitté Dupuis, j’ai senti que le regard des gens avait changé instantanément. Chez Dupuis, j’étais le jeune patron à qui on donnait une certaine importance, qui intéressait beaucoup de monde, qu’on voulait voir dans les cocktails, etc… Ensuite, j’ai suscité moins d’intérêt, d’autant qu’on n’aime pas trop les « rebelles » dans le sérail économico-financier.

Il faut un peu d’humilité pour accepter cela, cela permet de relativiser. J’ai la chance de pouvoir compter sur une belle stabilité familiale, des solides amitiés : pour eux, pas besoin d’être patron d’une entreprise d’une certaine taille pour être intéressant.

J’ai ensuite effectivement appris à gérer de toutes petites structures. Ce n’est pas si différent au niveau des relations humaines. Quand on gère une entreprise de 100 ou 200 personnes, on n’est réellement en relation quotidienne qu’avec moins d’une dizaine de personnes. Par contre, cela reste un apprentissage au niveau du travail quotidien et à fortiori chez MAD : Chez Dupuis, il suffisait de prendre la décision de réaliser le présentoir d’une série pour l’avoir le mois d’après dans l’entrepôt. Tout cela se passait un peu par magie. Maintenant, que je dois mettre la main à la pâte à chaque étape, je m’aperçois qu’il y a beaucoup de boulot derrière cette magie.

Ce qui est réellement formidable, c’est l’autonomie totale de décision dont nous jouissons, Michel, Araceli et moi . Quand nous rêvons d’un projet, il nous suffit d’être d’accord et hop, c’est parti ! Quelle efficacité ! Cela arrive bien entendu que nous ne soyons pas d’accord tous les trois. Nous avons alors une discussion franche où chacun expose son point de vue, et on prend une décision collective.

La couverture du prochain album de Kid Paddle
... à paraître en août 2011.

Votre programme a été assez ambitieux jusqu’ici : Les Carnets de Grrreeny, deux Game Over, un hors-série Kid Paddle, sans compter agendas et calendriers.

Oui effectivement, la production a été intensive. Il n’y a rien à faire, quand l’enthousiasme y est, tout y est. Mais le point d’orgue reste seulement à venir, avec le tome 12 de Kid Paddle, quatre ans après le dernier tome ! Et je peux vous dire que le public ne sera pas déçu. Là aussi, on ressent dans la qualité du travail, qu’il y a un réel enthousiasme de Midam.

Entretemps, Araceli et Midam ont pu mettre en place le site « Game Over Forever » afin d’assurer qualitativement une grande régularité de la série de l’avatar de Kid Paddle. Ce système de « Crowdsourcing » a permis de dénicher d’excellents scénaristes. D’autre part, Adam a intégré avec talent et brio depuis bien longtemps le style de Midam, et assure la confection des planches. Cela nous permet d’assurer une belle régularité de parution, en phase avec les envies du public actuel toujours plus impatient et assurant une forte présence de l’univers Kid Paddle sur les tables de nouveautés.

Araceli Cancino, Midam & Dimitri Kennes
(c) MAD Fabrik

Les Carnets de Grrreeny étaient l’occasion de publier un livre et de se roder, avant que nous ne récupérions les droits éditoriaux de l’univers Kid Paddle (dont Game Over fait partie). Nous devions mettre une structure en place. Et puis, c’était aussi une façon d’annoncer que MAD Fabrik ne serait pas l’éditeur « presse-jus » d’une marque ! Si Midam avait voulu être dans une optique uniquement financière, il lui suffisait de renégocier son contrat chez Dupuis, ou d’aller chez un autre éditeur. Il pouvait exiger sans aucun risque d’excellentes conditions vu le niveau de vente, l’existence de 104 épisodes de dessins animés et le potentiel en licences. Midam et Araceli auraient eu moins d’ennuis, se seraient plus concentrés sur la production d’ouvrages et recevraient plus de droits d’auteur !

Les principaux objectifs poursuivis avec MAD Fabrik sont de nous amuser, de créer et d’exploiter des univers sur le long terme, en toute liberté, sans les entraves et lourdeurs inhérentes à toute grosse structure.
En fait le parcours de Midam est exactement l’inverse de celui de nombreux auteurs qui se disent « rebelles », qui ont démarré dans des structures « dissidentes », iconoclastes, pour mieux courir ensuite dans les bras des majors du secteur à la première occasion.

Quel a été l’accueil des Carnets de Grrreeny, un livre un peu inattendu qui mélange les sens pédagogiques et ludiques sur le thème de l’écologie ?

Ce livre a eu un grand succès d’estime. Les libraires et les critiques l’ont apprécié, dès le lancement, d’ailleurs. Du coup, tirée par les demandes des libraires, la mise en place fut importante sur le marché de la BD. Comme le contenu du livre est différent d’une BD, le taux de retour fut également important… Il est clair qu’il y a un intérêt pour ce personnage, mais les retours sont trop importants pour que je puisse être content. Ceci dit, nos ventes ont été supérieures à la moyenne de celle des livres pédagogiques. Les ventes de Grrreeny se situent aux alentours des 6.500 exemplaires. Il est certain que par rapport à celles d’un Game Over ou un Kid Paddle, c’est fort décevant.
Mais ce livre est important. D’abord, il nous a permis de nous rôder et puis, Grrreeny est devenu la mascotte du magazine Wapiti, le symbole de l’écologie intelligente pour les enfants. Cette revue est tirée à 80.000 exemplaires tous les mois !

Tous les mois donc, Midam, Adam, et Araceli Cancino animent les pages de Wapiti et réalisent une page de BD. Notre prochain projet éditorial avec Grrreeny sera de publier un album de BD. Adam s’amuse beaucoup avec cet univers animalier et ses décors et nous avons un vivier de scénaristes recrutés via « Game Over Forever » qui nous fournit des gags. Parmi eux se trouvent d’ailleurs Patelin qui a signé l’intégralité des gags du dernier Game Over et Thitaume qui signe ceux du tome 7 à venir . Nous aimerions publier la BD Grrreeny d’ici 2012. Ce sera du Midam, sans être Kid Paddle. Nous voulons développer autour de Midam une manière réfléchie de faire de la BD populaire et intelligente.

(c) Midam, Cancino & MAD Fabrik

MAD Fabrik a-t-il pour vocation de publier d’autres auteurs que Midam ?

D’autres auteurs, oui ! Adam est un auteur, même s’il se fond dans le graphisme de Midam. Patelin est un auteur qui s’ignorait et pour le prochain Game Over, c’est encore un autre scénariste que nous révèlerons : Thitaume. Notre idée est avant tout de suivre une certaine lignée graphique et humoristique. Grrreeny est fort différent de Kid Paddle, mais on y retrouve l’esprit de Midam.

Adam travaille de manière soutenue sur Game Over et Grrreeny

Effectivement. Grâce à cela, nous pouvons proposer une présence intense de l’univers Kid Paddle en librairie. Le grand public est plus attaché au concept ou à la série qu’à l’auteur. Les éditeurs ne s’y trompent pas, il n’y a qu’à voir les succès des Blake & Mortimer (et ses parodies), Lanfeust, Thorgal, XIII, Spirou, Garfield ou Simpsons

Revenons à MAD Fabrik et votre surprise éditoriale de l’année 2010 : la publication d’un album hors-série de Kid Paddle

Midam avait envie de réaliser un album sortant des sentiers battus, tout en se faisant plaisir, en creusant une des facettes de Kid Paddle : sa fascination pour les monstres, particulièrement ceux du cinéma. Je suis beaucoup plus « business minded » que Midam et Araceli, et j’ai craint que ce projet éditorial, assez éloigné de la BD ne soit un désastre commercial. Nous avons soigné le format, la maquette et la présentation de l’album afin de le dissocier de la série. Il fallait que les lecteurs ne croient pas qu’il s’agissait du douzième tome de Kid Paddle. Finalement, ce livre s’est très bien vendu. Nous pensions qu’il aurait été extraordinaire d’en vendre 50.000 exemplaires. Nous n’avons pas encore les chiffres définitifs, reprenant les retours, mais il semble que l’on a légèrement dépassé ce chiffre. Le pari semble gagné. Midam et Araceli sont décidément les meilleurs directeurs marketing pour Kid Paddle !

Quel bilan le professionnel que vous êtes tire-t-il de l’évolution du marché ces dernières années ?

Vu la concentration accrue des groupes de la chaîne du livre, le rapport de force entre les éditeurs et les auteurs a fortement tourné à l’avantage des éditeurs. Les contrats sont plus durs qu’auparavant pour les créateurs. Les éditeurs peuvent exiger beaucoup plus des auteurs, et les montants garantis sont revus à la baisse, voire même quasi-inexistants. Les auteurs ont aujourd’hui des droits par paliers qui commencent par un faible pourcentage. Le grand coupable, si l’on en croit les éditeurs, c’est le « marché ». Ça me fait tout de même un peu rigoler. Le marché n’est pas une chose concrète, figée, immuable, qui s’impose à tous et qu’on peut décrire ou mesurer. Le marché de la bande dessinée est tenu par trois ou quatre groupes maximum. Quand ces groupes-là disent que le marché est difficile pour le moment, ils devraient dire en réalité : « Je suis difficile pour le moment ! ». Ces trois-quatre groupes font le marché, décident de son fonctionnement, de ses règles.

Dans toute cette concentration, il est tout à fait possible de se faire une place, à condition de faire différemment. En me replongeant dans d’autres secteurs d’activités ces dernières années, j’ai pris conscience que quand un secteur arrive à maturité, et l’hyper-concentration en est un indice, il y a naturellement des évolutions qui se produisent qui modifient l’ordre des choses. En bande dessinée, on assiste entre autres à la multiplication des genres, à l’apparition du numérique, l’auto-édition, l’émergence des blogs, l’édition communautaire, etc. Je pense que la démarche de MAD Fabrik s’inscrit dans cette dynamique de changement au sein d’un secteur au bout d’une logique ; elle est une des manières de faire autrement.

Il y a de plus en plus de livres. Les auteurs ont donc plus de facilités à présenter leurs projets aux éditeurs.

Pas forcément. Quand j’ai quitté Dupuis, le groupe se voulait rassurant en disant qu’il n’y aurait pas de diminution de « guichets » pour les auteurs. Le temps a passé, et l’on voit que cette crainte était quand même fondée. Il y a moins de guichets pour les auteurs ou du moins on y propose la même chose. Que ce soit chez Media-Participations, ou ailleurs. Quand les grands éditeurs ne se rachètent pas, ils partagent leurs équipes commerciales. C’est absurde tant c’est une vision court terme. J’ai toujours pensé qu’un des atouts que peut avoir un éditeur par rapport à un autre, c’est la manière d’accompagner le livre sur le plan éditorial, marketing, presse mais aussi la sa diffusion dans les librairies. Ces points sont tout aussi importants pour les auteurs que leurs conditions financières, les droits et avances sur droits. En France, la diffusion de Delcourt, Soleil, Bambou et Futuropolis est réalisée par la même équipe. Il en va de même avec Dupuis, Dargaud et Le Lombard. Si je suis le représentant de l’un de ses groupes, comment puis-je défendre une ligne éditoriale, m’y identifier à long terme ? Comment expliquer de manière crédible et avec un même enthousiasme au libraire que Largo Winch est mieux que XIII, ou qu’il faut plus parier sur la croissance de Kid Paddle que de Ducobu ?

Grrreeny
(c) Midam & MAD Fabrik

Ces séries ne doivent plus forcément être présentées par les commerciaux. Comment un représentant commercial défend-t-il une jeune série alors que l’ensemble de la production trimestrielle de son employeur avoisine les trois cents albums et qu’il n’a qu’une poignée d’heures pour parler de tous ces titres ?

Attention, le travail des représentants est essentiel pour les best-sellers. C’est un travail différent de celui requis pour une jeune série. Ils doivent s’appuyer sur le marketing, la vente des droits dans des supports de presse, les adaptations en film ou en dessin animé, sur les PLV pour pousser le titre. Le commercial parle moins de l’album, mais plus du concept et de l’accompagnement marketing. Ce discours pour convaincre le libraire demande du temps et de l’énergie. Il est essentiel car les enjeux sont à la dimension du best-seller, une prise de 10% en plus ou en moins va avoir un impact énorme pour l’éditeur, le diffuseur comme pour le libraire.

Le regroupement des diffuseurs est donc d’une part négatif pour les best-sellers qui sont concurrencés au sein même de l’équipe commerciale qui les représente comme je l’expliquais juste avant. Et d’autre part, il est négatif pour les plus jeunes séries, puisqu’elles seront défendues après ces gros blockbusters lors de la visite du représentant. En effet, la question n’est pas de savoir si le libraire va prendre du Largo Winch. Il va en commander, c’est certain. Mais ce qui est important pour le commercial, c’est qu’il en prenne 10% de plus que l’année dernière. Ces 10% supplémentaires représentent vingt fois la bagarre qui serait nécessaire pour convaincre le libraire qu’il prenne un petit peu de chaque nouveauté moins connue. Et comme les commerciaux ont une commission variable, de l’ordre de 30% de leur salaire, ils se battront plus longtemps pour cela que pour placer 10% de plus de chaque autre nouveauté. C’est pour cela que le regroupement des équipes commerciales représente à long terme un appauvrissement certain du secteur de la BD, car il est plus compliqué aujourd’hui que jamais de représenter une ligne éditoriale cohérente à forte identité, ou de faire éclore de nouveaux Best-Sellers.

La chaîne classique du livre s’est concentrée à différents endroits : imprimeries, éditeurs (dont le marketing et la diffusion) , distributeurs, librairies et grandes surfaces. Il y a un appauvrissement dans la proposition auprès des auteurs.

C’est pour cette raison que des initiatives doivent être prises pour recréer la multiplicité, de nouvelles opportunités. Encore une fois, Mad Fabrik s’inscrit dans cette mouvance. Je ne suis pas de ceux qui pensent qu’il faut attendre le numérique qui va tout révolutionner…

Les grands groupes éditoriaux semblent ne pas y croire puisqu’ils ont presque tous rejoint Izneo, la passerelle créée par Média-Participations.

Effectivement. C’est peut-être la chose à faire. Je n’en sais rien ! Je ne suis pas un prophète.

Pour l’instant personne ne gagne de l’argent. Jean Van Hamme nous disait qu’il fallait signer n’importe quoi à partir du moment où c’était pour une durée limitée.

Ce n’est pas bête. Il me semble que c’est la proposition de Claude de Saint-Vincent, non ? Comme vous le dites, personne ne gagne de l’argent sur le numérique pour le moment. Donc, Jean Van Hamme aurait raison de se faire (une fois encore) le porte parole de Media-Participations sur ce point : signer des contrats à durée limitée, et rediscuter quand les choses auront évolué.
Comme je vous le disais, je ne sais pas ce qui va se passer au point de vue du numérique. Mais je suis à peu près certain que le numérique ne va pas remplacer totalement le livre. Le livre n’est pas aussi dématérialisé que l’écoute de la musique. Le livre a un rapport à l’objet. Je vois plus les tablettes devenir un ami du livre, un peu comme la relation entre le cinéma et la télévision. En tout cas, je m’imagine mal profiter pleinement du denier bouquin d’Emmanuel Lepage sur une tablette (rires).

Ce que je ne comprends pas, c’est que le numérique ne pousse pas plus les éditeurs à soigner la qualité des objets-livres qu’ils proposent. Certains le font mais ce n’est pas la majorité. Chez Mad Fabrik, nous accordons une énorme importance à ce que cet objet soit parfait et durable. Nous ne cherchons pas à grappiller quelques centimes par livre. Regarder les Game Over 5 et 6 et comparez-les avec les précédents ! Puisque les contenus seront disponibles moins chers via le numérique, il convient de mettre en évidence l’intérêt du contenant.

Sur Facebook, il y a eu une petite vidéo étonnante. Les personnages de Kid Paddle dessinés à la manière japonaise. Vous envisagez une adaptation de Kid Paddle en manga ?

C’est à l’étude, parmi une multitude de projets divers et variés d’ailleurs. L’idée nous semble sympathique. Nous recherchons les auteurs qui pourraient s’en charger, tout en étant pilotés par MAD Fabrik. Il y a de l’intérêt chez les éditeurs spécialisés. Mais pour l’instant, il n’y a rien de concret. Nous aimons lancer des lignes et avoir plusieurs « bouchons » qui flottent, qui mordront un jour, ou non !

Quel sera votre programme pour 2012 ?

On commencera avec le Game Over 7, qui sortira pour Angoulême. Nous y étions présents en 2011. C’était une aventure humaine formidable, même si ce n’est pas très rentable (Rires). C’était vraiment une prise de risque d’aller à Angoulême, car nous n’avions pas encore eu de nouvel album de Kid Paddle. Et il ne faut pas se leurrer : nous vendons cinq fois plus de Kid Paddle que de Game Over. Mais cela a été un beau succès, qui nous a notamment permis de prendre conscience à quel point les séries de Midam étaient actuelles et surtout appréciées des familles. Midam et Adam ont dédicacé sans discontinuer. Il y avait énormément d’enfants, de familles dans la file.

Le Game Over 8 sortira à la fin août 2012. C’est certain. Si nous sommes prêts pour sortir la première BD sur Grrreeny nous la sortirons, sinon ce sera pour 2013. Mais nous ne sommes pas pressés. Priorité à la qualité. Nous publierons éventuellement un nouvel hors-série Kid Paddle si Midam a une idée, et a le temps de la mener à terme.

Surtout en 2012, nous verrons les premiers fruits d’un travail de fond que nous menons au niveau des licences. Dans un premier temps, nous sommes passés au travers de l’existant avec la volonté de mettre de l’ordre. Notre volonté est de créer un tissu de partenaires stables avec lesquels nous pourrons travailler sur le long terme. Trop souvent, on travaille à « chasser » du MG (Minimum Garanti). Nous voulons travailler en symbiose avec les licenciés et créer des succès avec eux.

(par Nicolas Anspach)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.


Les albums de MAD Fabrik :
- Game Over T5.
- Kid PAddle Monsters

Et aussi

- "Kid Paddle s’engage dans une nouvelle partie" (Septembre 2009).


Commander le T6 de Game Over chez Amazon ou à la FNAC
Commander le T5 de Game Over chez Amazon ou à la FNAC
Commander Kid Paddle Monsters chez Amazon ou à la FNAC
Commander le T1 des Carnets de Grrreeny chez Amazon ou à la FNAC

Lien vers le site de MAD Fabrik

[1La démission de Dimitri Kennes et les événements qui s’en sont suivi (tentative de rachat de Dupuis par le management, etc) ont largement été évoqués dans notre dossier « Dupuis et Média-Participations ».

 
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32 Messages :
  • bug
    22 avril 2011 12:03

    au contraire DE ce qu’on a pu raconter :o)

    Répondre à ce message

    • Répondu par ActuaBD le 22 avril 2011 à  14:26 :

      C’est corrigé. Merci pour votre vigilance.

      Répondre à ce message

  • et surtout intransigeants s’ils se sentent floués

    Un bon paquet d’auteurs devraient en prendre de la graine !

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    • Répondu le 22 avril 2011 à  18:05 :

      Si tu n’as pas la force de vente derrière, tu te fais jeter et tu n’as plus d’éditeur.

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      • Répondu par joel le 22 avril 2011 à  19:50 :

        beaucoup ont eu du mal et sont revenus vers les bigs éditeurs ! (tabary, schetter, graton, Azara, )

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      • Répondu le 22 avril 2011 à  21:47 :

        Il y a d’autres éditeurs. D’ailleurs il n’y en a jamais eu autant. Il y a un peu plus de 20 ans, nous, mon scenariste et moi-même, avons claqué la porte de notre éditeur après notre 1er album parce que, justement, nous avions l’impression qu’il se foutait un peu de notre gueule. 20ans après, nous sommes toujours là, la personne avec qui nous avions à faire, non.

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        • Répondu par JC le 23 avril 2011 à  01:53 :

          Il y a d’autres éditeurs. D’ailleurs il n’y en a jamais eu autant.

          Ca ne donne pas plus de choix, ils éditent tous la même chose, le même genre de produits, pour peu qu’on propose une oeuvre un peu originale, on n’a aucune chance d’être édité.

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        • Répondu par joel le 23 avril 2011 à  10:20 :

          pourquoi rester anonyme alors !

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          • Répondu le 25 avril 2011 à  02:19 :

            pourquoi rester anonyme alors !

            Je ne vois pas en quoi le fait de ne pas être anonyme ici changerait quoique ce soit.

            Répondre à ce message

      • Répondu le 23 avril 2011 à  10:11 :

        Des auteurs floués, volés, abusés, il y en a certainement beaucoup, très peu se battent pour faire valoir leurs droits, même si leur éditeur est pire qu’un roitelet d’une quelconque république bananière, la peur les rend inertes et passifs !
        C’est vraiment un milieu de claquedents.

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        • Répondu le 23 avril 2011 à  22:01 :

          En même temps, dans ces temps sinistrés pour la librairie et l’édition : si un éditeur peut ne pas perdre d’argent en éditant tel album d’un auteur, il est probable qu’il continuera...

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        • Répondu par Sergio SALMA le 24 avril 2011 à  13:59 :

          Sans doute voulez-vous affirmer cher Machin, que les auteurs claquent des dents de peur. Normalement c’est de froid mais bon. Mais dites donc, au fait, vous , dans quelle branche héroïque officiez-vous ? Vous m’avez l’air d’être un chevalier sans peur et sans reproche, c’est beau. Et puis, on sent votre grande et belle témérité soutenue par un anonymat vraiment courageux. Ah ! Vraiment, on vous envie.

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          • Répondu le 25 avril 2011 à  12:02 :

            Le fait de ne pas être anonyme ne changerait rien, cher monsieur Salma car vous ne me connaissez pas. ceci dit, celà ne vous autorise pas à me nommer " Machin "

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            • Répondu par Sergio SALMA le 26 avril 2011 à  10:22 :

              Des gens qui osent affirmer ce qu’ils sont et qui ils sont, ça changerait tout au contraire.

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              • Répondu le 26 avril 2011 à  10:54 :

                Un mal de notre siècle : Ce n’est plus le discours qui compte mais celui qui le prononce.

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                • Répondu par hum2 le 26 avril 2011 à  14:20 :

                  Pour qu’un discours soit crédible en étant anonyme, il faut qu’il soit étayé par de solides arguments. Or là, on a juste un type qui dit que les auteurs sont des trouillards.
                  C’est pathétique !

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                  • Répondu par SKF le 26 avril 2011 à  15:46 :

                    Je pense surtout qu’il faut faire le distinguo entre les anciens, connaissant les ficelles, et les jeunes qui eux, vont souvent à l’abattoir et sont prêt à supporter
                    des avances sur droits égales à zéro et des prix planches ridicules !

                    C’est chantal montellier qui disait il y a veux déjà que les auteurs sont parqués sagement, et tenus en laisse par de maigres saucisses ! en laisse ! ;-)

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                    • Répondu par LeCid le 27 avril 2011 à  13:10 :

                      Ce qu’elle a dit exactement sur son blog est ceçi et plutôt pire :

                      « Les “dessineux” de 2009 sont tous bien rangés dans leur enclos, derrière leurs tables, tenus en laisse par quelques maigres saucisses et face à un public à leur image : soumis, infantilisé, abêti ; serviteurs volontaires du “goulag-mou” » « Blog/Chantal Montellier

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                      • Répondu par Sergio SALMA le 27 avril 2011 à  16:27 :

                        C’est parce qu’elle était énervée ce jour-là.

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  • C’est un peu facile de la part de Dimitri Kennes de dire qu’il n’y a pas de crise en BD. Qu’il regarde les chiffres (10 à 15 nouveautés par jour), la crise économique, le (peu de) monde en librairie et les chiffres de ventes tous albums cumulés et par album avant de dire tout et n’importe quoi. Quand on est simple presse citron d’un best seller, c’est facile de dire que tout va bien. Se petites ventes du bonhomme vert zébré, malgré une mise en place digne de Blake et Mortimer et un support presse, auraient pourtant du lui ouvrir les yeux mais ... apparemment, non. C’est triste. Qu’il commence à éditer d’autres BD et rira bien qui rira le dernier. Facile de faire le cake, assis sur une mine d’or (dur).

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  • "En bande dessinée, on assiste entre autres à la multiplication des genres, à l’apparition du numérique, l’auto-édition, l’émergence des blogs, l’édition communautaire, etc. Je pense que la démarche de MAD Fabrik s’inscrit dans cette dynamique de changement au sein d’un secteur au bout d’une logique ; elle est une des manières de faire autrement."

    De faire autrement pour vendre du style Dupuis ?

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  • " Le marché de la bande dessinée est tenu par trois ou quatre groupes maximum."

    Pas certain qu’il puisse y avoir de la place pour plus de groupes. quant aux petits éditeurs, ils sont déjà nombreux. Peut-être regrouper certains petits éditeurs... Mais la plupart des petits éditeurs souhaitent conserver leur indépendance.

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  • "Les contrats sont plus durs qu’auparavant pour les créateurs. Les éditeurs peuvent exiger beaucoup plus des auteurs, et les montants garantis sont revus à la baisse, voire même quasi-inexistants. Les auteurs ont aujourd’hui des droits par paliers qui commencent par un faible pourcentage."

    C’est confus. Il est question des éditeurs des trois/quatre gros groupes ou des autres, des plus petits, des indépendants ?

    Avec les gros groupes, les paliers n’ont pas changé et les MG restent sensiblement les mêmes. Avec les plus petits, c’est autre chose.

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  • Bravo à MAD pour cette belle aventure ! Et vivement le KID 12 !!!

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    • Répondu par vannara le 25 avril 2011 à  16:09 :

      À la lecture de cet article très intéressant, je me rends compte que le monde de l’édition ressemble beaucoup à celui des jeux vidéo -.-

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  • « Le marché de la BD tient sur trois ou quatre groupes qui décident de son fonctionnement et de ses règles »

    Non, les grands groupes n’ont pas l’audace d’agir sur les régles, comme se le permettent certains petits éditeurs, nous montons actuellement un dossier commun à 4 auteurs, carrément engagés récemment par contrat sous une loi abrogée et plus en vigueur depuis 17 ans, ceci afin - bien sur - de rafler un maximum de droits cédés par lesdits auteurs.

    Aucun GRAND groupes ne peut se permettre de telles indélicatesses et être aussi border-line, ils font peut être leur loi, mais restent DANS la loi.

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    • Répondu par Bakounine le 27 avril 2011 à  12:51 :

      Les petits sont souvent pires que les gros et ne rêvent que de grossir. Mais les préjugés ont la vie longue et il y a une forme de snobisme à penser que les petits seraient tellement plus là pour faire de l’Art et les gros s’engraisser avec des choses bassement commerciales. De la posture, du discours, du cynisme et de la démagogie qui souvent s’ignorent. Les petits qui ne payent pas sous prétexte qu’ils n’ont pas d’argent sont encore moins marxistes que les gros puisqu’ils considèrent que tout travail ne mérite pas salaire.

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      • Répondu par J-Yves le 27 avril 2011 à  15:13 :

        La fameuse loi abrogée de 1886 !! : )))) j’y ai eu droit aussi pour un book commun, m’étonnant que la vraie loi 94 ne s’applique pas à nos contrats, j’ai posé la question ... et plus de réponse, plus de job, plus de news !
        PS : Posté déjà l’an passé, sur Café-Salé en juridique, pour avertir les auteurs

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        • Répondu par LO le 27 avril 2011 à  21:08 :

          Les intervenants ci-dessus pourraient-il être plus explicites ? Quelle loi ? Quelle abrogation ?

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          • Répondu par Saint Loup le 28 avril 2011 à  07:24 :

            Pour faire simple, cette loi permet à un éditeur d’acquérir par un contrat unique, - un contrat unique pour les gouverner tous, comme dirait Tolkien ;-) -
            TOUTES les oeuvres futures d’un auteur, sans limitation de nombres, de durée dans le temps, sans même d’autres contrats, bref de le coincer bien à fond !
            En France, le code de la propriété intellectuelle interdit formellement toute cession d’oeuvres futures par exemple, mais la vieille loi Belge de 1886 le permet, la vraie loi de 1994 est beaucoup plus restrictive tant sur le nombre, tant sur la durée des cessions futures qui doivent être précisée clairement et limitée dans le temps.

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