Dimitri Kennes, le DG des Éditions Dupuis, démissionne

9 mars 2006 0 commentaire
  • {{Dimitri Kennes}}, le DG de l'éditeur de bandes dessinées Dupuis, a présenté mercredi sa démission au Conseil d'Administration de Média-Participations. Selon nos informations, ce départ ferait suite à des divergences concernant la stratégie de l'éditeur de Marcinelle. La holding belge qui contrôle également Le Lombard, Kana et Dargaud Benelux ne lui laissait, semble-t-il, que très peu de marge de manœuvre. Son successeur devrait être désigné assez rapidement.

Nommé Directeur Général en juin 2004, suite au rachat des éditions Dupuis par Média-Participations, Dimitri Kennes avait réussi à rétablir un climat de confiance dans l’entreprise en dépit du choc occasionné par cette prise de contrôle qui hissait média-participations au rang de premier éditeur de bandes dessinées européen, et d’éprouvantes restructurations effectuées au sein du personnel [1].

Des auteurs étaient mécontents du sort qui leur était fait, notamment en ce qui concerne les clauses prévues au contrat pour les droits audiovisuels. Dimitri Kennes a su apaiser ce climat délétère en négociant lui-même avec chacun de ces auteurs. Le résultat de cette politique de réconciliation fut immédiat : toutes les « séries best-sellers » de la maison avaient été présentes en 2005 dans les bacs des nouveautés, de Cédric à Largo Winch, en passant par Kid Paddle, le Petit Spirou ou encore les Tuniques Bleues [2].

Dimitri Kennes, le DG des Éditions Dupuis, démissionne
Dimitri Kennes et la Mascotte des éditions Dupuis ... Spirou
Photo (c) Nicolas Anspach

Le bilan de vingt mois passés à la direction de Dupuis

Après une année 2004 difficile, les éditions Dupuis avaient connu en 2005 une année relativement faste. Communiquant sur ses résultats en février dernier, le directeur général sortant se félicitait auprès des quotidiens belges Le Soir de Bruxelles et la Libre Belgique de ce que le chiffre d’affaire consolidé de la maison avait augmenté de 2 millions d’euros en 2005, le portant à 74 millions d’euros. Le résultat net pour l’exercice 2005, quant à lui, avoisinait les 4,5 millions d’euros après impôts, marquant une croissance de 50% par rapport à l’exercice précédent.

Ce bon chiffre était du principalement à deux facteurs :

- La présence groupée des nouveautés « best-sellers » du catalogue de la maison, renforcée par quelques "bonnes surprises" comme "Le Vol du Corbeau" de Gibrat, primé à Angoulême et dépassant les 100.000 exemplaires vendus ;

- le retour au bénéfice de départements précédemment en difficulté. « Différents départements ont été déficitaires ces dernières années : l’audiovisuel, le marketing direct, les droits dérivés, les droits internationaux et le replacement presse. Ceux-ci sont aujourd’hui bénéficiaires et contribuent largement à la bonne santé des éditions Dupuis » nous précisait Dimitri Kennes, dans nos pages, en commentaire de l’un de nos articles, alors même que, selon lui, les synergies à provenir de la fusion des départements communs aux différentes sociétés du groupe Média-Participations, n’étaient pas encore inscrites dans ces résultats.

On retiendra également à l’actif de Dimitri Kennes un retour remarqué au Festival d’Angoulême 2006 et un redéploiement massif du personnage de Spirou avec, en figure de proue, une relance de l’hebdomadaire à son effigie.

Benoît Fripiat, responsable éditorial des séries « tout public » des éditions Dupuis et Dimitri Kennes.
Photo (c) Nicolas Anspach

Un financier devenu éditeur

Entré chez Dupuis comme directeur financier, Dimitri Kennes nous a dit avoir appris à aimer la bande dessinée grâce à Philippe Vandooren, l’ancien directeur éditorial de la maison. Alors qu’il était en mission de consultant, il venait régulièrement boucler certains dossiers le samedi. Vandooren lui donnait alors de temps à autre des albums à lire.

A la suite de l’acquisition de Dupuis par Média-Participations, le jeune directeur général, carolorégien d’origine, souhaitait préserver l’identité des éditions Dupuis au sein du groupe, une holding de droit belge contrôlée par des actionnaires français. A plusieurs reprises, le PDG de Dargaud, M. Claude de Saint-Vincent, avait confirmé vouloir maintenir cette indépendance, garante de la culture des catalogues respectifs.

On ignore aujourd’hui les raisons exactes de la démission de M.Kennes, mais on peut supposer que cette indépendance a trouvé ses limites. Le nom de son successeur devrait être connu dans les prochaines heures.

(par Nicolas Anspach)

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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[118 personnes, soit 10% de l’effectif, avaient été licenciées par son prédécesseur, Jean Deneumostier

[2Deux albums parus en 2005

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