Disparition d’Annie Baron-Carvais, l’auteure du « Que sais-je ? » sur la BD

  • Nous apprenons le décès à New-York d’Annie Baron-Carvais, l’auteure du "Que sais-je ?" sur la bande dessinée. Membre de l’Association des journalistes et des critiques de bande dessinée (ACBD) et du jury du Prix œcuménique de la BD, elle venait de relire les épreuves d'une nouvelle édition du "Que sais-Je ?" prévue pour paraître à la rentrée.

Fille de Micheline et de Charles Baron, rescapé d’Auschwitz (grand amateur de bande dessinée et membre du comité de rédaction de la Revue de la Shoah), Annie Baron-Carvais était maître de conférences en anglais juridique à l’université de Lille II.

Disciple de Pierre Couperie, elle était l’auteure d’une thèse sur «  L’Évolution des super-héros dans la bande dessinée aux États-Unis », dont la couverture avait été illustrée par son ami Jack Kirby et qui lui avait valu, en tant que précurseur, d’obtenir d’être désignée pour la réalisation du premier Que Sais-je ? sur la bande dessinée (N°2212, janvier 1985), à une époque où le 9e art n’avait pas encore droit de cité à l’université. Cet ouvrage avait été traduit aussi bien en espagnol qu’en chinois. Symboliquement, elle venait achever la relecture de la dernière édition de l’ouvrage, qui doit paraître en librairie en septembre 2007.

Participant à de nombreux colloques et conférences sur la bande dessinée (elle était membre de l’Association des journalistes et critiques de bande dessinée (ACBD) et du jury du Prix œcuménique de la BD), elle a écrit des dizaines d’articles sur la bande dessinée et notamment dans des ouvrages comme La Revanche des Régions, Vision de la France régionale à travers l’œil des dessinateurs de BD, de presse et des illustrateurs (Glénat Concept, 1992). Auteure d’ouvrages sur l’anglais juridique, elle avait aussi co-dirigé une Introduction à la pornographie avec Claude-Jean Bertrand (La Musardine) et travaillait avec Didier Pasamonik, l’auteur de ces lignes, à la direction d’un ouvrage collectif sur la bande dessinée et la judéité, La Diaspora des Bulles (à paraître chez Denoël Graphic en 2008).

Disparition d'Annie Baron-Carvais, l'auteure du « Que sais-je ? » sur la BD
Annie Baron-Carvais avec Philippe Druillet en novembre 2005, aux 30 ans de Métal Hurlant
Photo : Didier Pasamonik

Âgée de seulement 54 ans, elle est décédée subitement des suites d’une double rupture d’anévrisme, le 13 août 2007 à New-York, une ville où elle comptait de nombreux amis parmi lesquels l’encyclopédiste et historien de la bande dessinée Maurice Horn ou encore le dessinateur Bill Sienkiewicz, avec qui elle était proche.

Passionnée par la bande dessinée (elle était présente lors de la dernière université d’été d’Angoulême où elle était venue avec Pascal Ory), Annie Baron-Carvais comptait de nombreux amis dans le petit monde de la bande dessinée, qui vient de perdre aujourd’hui l’une de ses figures les plus pittoresques mais aussi les plus attachantes. À Micheline et à Charles, à ses enfants Johanna et Shaun, à sa soeur Odile, à ses amis et à ses proches, la rédaction d’ActuaBD adresse ses plus sincères condoléances.

LE COMMUNIQUE DE L’ACBD - 14.08.07

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

En médaillon : Annie Baron-Carvais. Photo : D. Pasamonik

 
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28 Messages :
  • Au revoir chère Anne-Isabelle... En souvenir de nos échanges toujours fructueux et d’une charmante soirée du côté de la butte Montmartre... Je t’embrasse. B.

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    • Répondu par christophe le 14 septembre 2007 à  19:08 :

      un bien triste nouvelle que d’apprendre le décés de cette fabuleuse professeur d’anglais que j’ai eu la chance d’avoir à lille 2. une pensée pour ces deux enfants dont elle nous a mainte et mainte fois parlé. Un eleve

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  • You will always be in my heart ! I was so lucky to have such a beautiful, intelligent and wonderful Marraine ! Je t’aime Annie !!!! Valerie

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  • Annie, I will always remember all the good times we had together, your bigoudi and display in the pool and the laughter we shared with the children.
    I will always love you, Veronique

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    • Répondu le 16 août 2007 à  08:53 :

      Comment peut-on oublier. Tant de moments partagés, de nos jeux d’enfants rue Notre Dame de Lorette aux premières cigarettes d’ado sur la plage de Palavas. Adieu belle Annie. je t’embrasse. Régine

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  • que de bons souvenirs en ta compagnie chère annie... des rires et des délires qui vont bien me manquaient maintenant. Je n’oublierai jamais. loads of love. olivia

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  • Adieu ma chere grande soeur francaise...tu me manquera tellement. Je ne trouve pas de mots pour exprimer ma tristesse. Je garde de merveilleux souvenirs...
    les "melon balls", le chocolat noir, et le fromage...le gruyere en particulier !!! Je t’aime ! Ta petite soeur americaine...Ann

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  • J’ai beaucoup de peine aujourd’hui. J’ai rencontré, presque découvert, Annie Baron-Carvais à l’occasion d’un obscure colloque à Grenoble il y a de cela quelques années. Elle m’a par la suite fait l’honneur de suivre mes recherches universitaires et de les appuyer. Les souvenirs se bousculent : son ouverture d’esprit, son entregent, ses qualités de femme et de mère, un mari affable, des enfants adorables, une gentillesse et un éternel sourire, une formidable bibliothèque toujours à disposition, un bas filé et remplacé dans ma voiture en nous rendant à ma soutenance de mémoire… Je ne l’oublierai pas et mes pensées vont à sa famille.

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  • Annie, c’est plein de souvenirs : c’est elle qui a relu mon DEA (avec six mois de retard, mais relu tout de même…) ; c’est avec elle que je suis allé en boîte pour la dernière fois, il y a des années, à Angoulême ; c’est avec elle que j’ai fait des tas de restaurants, en épluchant le menu végétarien ; c’est avec elle que je suis allé à Londres la dernière fois ; j’étais avec elle quand elle a ouvert le courrier des PUF annonçant la réédition de son QSJ…

    Annie, c’est aussi plein de projets. J’avais relu sa communication pour Cerisy, ses articles pour la Diaspora, sa réédition du QSJ. Je voulais qu’elle mette à jour sa thèse, pour la publier. Je lui apportais tous mes bouquins.

    Annie, c’était ma mère juive à moi, une amie très chère avec qui je parlais beaucoup. Avec qui je me fâchais beaucoup, aussi, mais on ne se fâche jamais longtemps avec Annie. J’avais rangé sa bibliothèque quand elle avait déménagé.

    Annie, c’était une ravissante emmerdeuse qui avait pris une place immense dans ma vie. Et aujourd’hui, c’est tout vide.

    Je t’aime.

    Adieu.

    Jim

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  • Misère humaine ... Je m’associe à la peine de tous , à celle incommensurable de Charles et de Micheline ... à celle de ses enfants J & S ...

    Triste , triste ...

    Bernard JOLIOT

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  • Annie se définissait comme une bougie de la mémoire. Elle nous a quitté brusquement, toutefois sa flamme est transmise.

    Condoléances et amitiés à Charles et à ses proches.

    Laurent

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  • Sincéres condoléances a toute la famille je suis avec vous par la pensée, je vous souhaite beaucoup de courage.
    Marcel et Marie Reine

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  • Annie était une auteure talentueuse, une amie fidèle, une femme flamboyante. Elle était une flamme qui éblouit, éclaire et réchauffe. Elle reste une lumière quelque part dans l’infini.

    Mes amicales condoléances à sa famille et à ses ami-e-s.

    Annick

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  • A Anne Isabelle,

    Femme d’exception, femme libre. La charmeuse, la charmante. L’amie de toujours, des bons et des mauvais jours. Flamboyante et désespérée pétroleuse, toujours là où on ne t’attendait pas.

    Je n’y crois pas, je ne m’en remets pas. Tu resteras vivante et gaie au fond de mon coeur pour le temps qu’il me reste.

    Charles, Micheline, Odile, Mathieu, J et S, ma famille de coeur, en réconciliation symbolique entre nos deux peuples.

    Kadish

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  • A ses enfants, à ses amis et collègues.

    J’ai rencontré Anne Isabelle chez des amis communs, il y a quelques années. Je la connaissais peu, mais c’était une femme de caractère et d’une grande gentillesse, imprévisible, vive et pétulente...provocatrice, fine et pétillante. Elle savait vous valoriser, se rendre indispensable, vous prendre sous son aile... Si jeune... Tristesse.

    Françoise

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  • Disparition d’Annie Baron-Carvais, l’auteure du « Que sais-je ? » sur la BD
    2 septembre 2007 14:06, par Georges et Sarah Wojakowski

    Nous sommes très touchés par la disparition d’Annie, et voulons simplement témoigner de notre amitié à Charles, Micheline, et toute la famille.
    Beaucoup de courage à tous, très affectueusement,
    Georges et Sarah Wojakowski.

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    • Répondu le 2 septembre 2007 à  21:59 :

      Chère Annie, je viens d’être informé de ta disparition, ton amitié me manquera, combien j’aimerais pouvoir bavarder avec toi, je me rappelle aussi ton secours à une personne âgée dans l’escalier du RER à Nation, comme un symbole de ton souci pour les autres,que ta vivacité et ta gentillesse restent avec nous, je t’embrasse. Sebastian McEvoy.

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    • Répondu le 10 novembre 2007 à  22:28 :

      J’ai appris ce soir sa disparition, personne ne me l’ avais dit... J’ai eu la chance de la connaitre personnellement mais aussi de l’ avoir comme prof à Lille II (et je peux vous dire qu’elle était plus dure avec moi... mais j’ai appris que dictionary ne prenais qu’un seul "n").
      Annie, je me souviendrai de nos soirées pyjamas à la maison une fois par semaine, de ta joie de vivre.

      Pensée à ses enfants dont elle me parlais beaucoup mais qu’ hélas je ne connais que par photos.

      Aline.

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  • Annie, ma marraine adorée, elle nous a quitté beaucoup trop tôt, elle ne verra même pas le jour de mes 18ans ...
    Elle m’a fait aimer l’anglais, le noir, les belles tenues, elle m’a appris pleins de choses pour devenir une jeune femme.
    J’ai toujours admiré ses magnifiques ongles et ses bijoux (j’ai hérité de sa passion pour les bagues ...) et en fin de compte je l’admire tout simplement ...

    Mes pensées vont vers ses enfants et ses parents pour qui cette disparition doit être encore plus tragique que pour moi !

    Marianne

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  • Souvenir de l’Université d’été de la bd, il y a quelques semaines seulement. So long.

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    • Répondu le 11 septembre 2007 à  23:47 :

      on n’a pas fait notre pic-nic sur la butte Montmartre, mais je sais que d’où tu es tu participera à tous mes autres pic-nics
      je n’ai pas eu le temps de te connaitre vraiment, mais ton energie folle, ta joie , ta success attitude m’ont donné l’impression d’une femme remarquable, active, brillante et généreuse. ton souvenir brillera longtemps en moi.
      Karie

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  • Annie,
    je t’en voulais un peu de ne pas être venue à mon mariage en mai dernier.
    Je regrette de ne plus avoir l’occasion de te dire ; on s’en fout...
    Je salue ta personnalité excentrique, attachante, tendre, tes étudiants te regretteront, l’ancienne étudiante que je suis gardera un souvenir ému.

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  • une grande pensee pour ces enfants... je suis étudiante à lille2 et j’ai eu madame Baron Carvais en Anglais... Elle nous parlait si souvent de ces enfants et en particulier de sa fille... C’était une femme de caractére qui nous a tous ému quand elle nous a parlé de son amour pour l’enseignement... C’était une prof à part, nous n’apprenions pas grand chose mais nous parlions de la vie avec elle... Elle aimé la jeunesse et nous faisait rire
    Son goût pour les soupes et le thé en cour, ces mini jupes, et la vie qui avait été difficile avec son mari... Lille 2 perd une grand femme... Celle qui a instauré le CLEAD dans notre université...
    Une grande pensée pour ses enfants qu’elle aimait tant...
    une éléve

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  • C’est avec tristesse que j’ai appris hier la disparition d’Annie Baron-Carvais. Ses cours faisaient partie de ceux auxquels on regrette de ne plus pouvoir assister une fois les études terminées. Elle nous parlait de ses enfants, des concerts des Rolling Stones et de ses voyages à New-York..disons qu’il y avait vraiment moyen de sympathiser avec elle...Mes pensées vont à ses proches et à sa famille dont, effectivement, on a l’impression de la connaître tant elle nous en a parlé.

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  • C’est avec une immense tristesse que j’apprends aujourd’hui la mort d’Annie Baron Carvais, et je suis encore plus triste de ne l’apprendre qu’aujourd’hui 4 mois après sa disparition. J’étais une de ses élèves a l’université de Lille II mais j’avais également la chance de pouvoir la compter parmi mes amies. Je partageais avec elle son amour de l’anglais et des États Unis, je me rappelle des cours ou l’on parlait juste toutes les deux en anglais. J’ai la chance d’avoir des vidéos mémorables d’elle que l’on avait filmer pour un exposé en droit d’auteur. Elle nous y parlait avec passion de son activité d’auteur ainsi que de la diaspora des bulles. Cette journée a Paris a ses cotes restera a jamais marquée dans mes pensées. Je devais la revoir tres vite, helas son emploi du temps chargé ne nous a pas permis de nous revoir.
    Annie était d’une grande générosité et d’une grande ssensibilité. La vie n’a pas toujours était des plus délicates avec elle, mais elle essayait toujours de voir le bon cote des choses.
    Annie tu vas me manquer, maintenant je sais pourquoi je n’avais pas de réponses a mes mails....

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  • My beautiful Godmother Annie,

    It’s been a year since you’ve left us. I miss you so very much. There’s not a day that goes by that you are not in my thoughts. I speak about you all the time. You will always be in my heart !

    bisous,

    Ta filleule Valerie qui t’adore !

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  • Triste nouvelle.
    Comme disent les anglais : RIP.

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    • Répondu par David le 12 juillet 2020 à  10:30 :

      13 ans apres j’apprend le deces de Mme Carvais.
      C’etait ma prof d’anglais en 3ieme (1988). Elle nous parlait de ces enfants qu’elle allaitai jusqu’a tard, sa passion pour la bd, ces mini-jupes. Que Carvais etait la francisation de Enkawa. Que son souvenir soit une benediction.

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