Disparition de Didier Comès

7 mars 2013 6 commentaires
  • Publié dans (A Suivre), Comès était un des maîtres de la bande dessinée en noir et blanc dans la lignée de ses modèles Milton Caniff, Hugo Pratt, José Muňoz et Jacques Tardi. Il avait développé dans cette ligne un roman graphique profond et sensible, teinté de fantastique.

Comès, l’auteur de Silence, est mort aujourd’hui à l’âge de 71 ans.

Souffrant depuis quelques années, il était dans l’incapacité de produire encore, Comès avait fait l’objet en avril 2012 d’une somptueuse rétrospective de plus de deux cents planches, dont le commissariat avait été confié à Thierry Bellefroid, à Liège, là-même où son idole Jijé avait fait la sienne 37 ans plus tôt.

Nous avions eu l’occasion d’écrire dans ces pages un long portrait résumant sa carrière auquel vous pouvez vous reporter. C’était un homme délicieux, discret, d’une gentillesse confondante qui appréciait pleinement ces derniers hommages qui lui étaient faits.

Disparition de Didier Comès

Lors de la cérémonie des prix, Jean-Pierre Dionnet, aux côtés de Pierre Lescure, lui rendait hommage. La salle lui a fait une standing ovation.

En janvier 2013, le Festival d’Angoulême en avait fait une version digest de 50 planches exposées au théâtre. Lors de la cérémonie des prix, Jean-Pierre Dionnet lui avait rendu un hommage. Comès était resté assis dans son fauteuil tandis que la salle s’était levée pour lui faire une standing ovation.

Quelques heures auparavant, nous l’avions retrouvé à l’hôtel Mercure avec José Muňoz, son ami de toujours, François Schuiten et le jeune Christophe Chabouté. Ces orfèvres du noir et blanc s’échangeaient leurs derniers secrets.

Au Festival d’Angoulême en janvier 2013, Comès avait retrouvé José Muňoz

Ce que nous ne savions pas, c’est qu’il venait nous dire adieu. Son regard profond, son sourire, nous n’allions plus le revoir.

Hier soir, c’était l’inauguration de la Foire du Livre de Bruxelles. Nous apprenions qu’il vivait ses dernières heures. À deux heures du matin, sa compagne nous apprenait qu’il allait rejoindre Hugo Pratt, son compagnon, son complice, dans le champ apaisé de l’Histoire.

C’est le moment de relire Silence.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Photos : D. Pasamonik (L’Agence BD)

 
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6 Messages :
  • Disparition de Didier Comès
    7 mars 2013 12:10, par Icecool

    Un "joueur" et un auteur philosophe de plus pour ce Dix de der qui me hantera à jamais...

    Ma seule consolation : avoir pu lui parler lors du dernier Festival d’Angoulême. Il était déjà extrêmement fatigué mais toujours l’esprit vif et maniant l’humour avec tendresse.

    Voici que débute un long Silencedans notre paysage bédéphile.

    Heureusement, les albums de Didier demeurent...

    Phil. "icecool" Tomblaine

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  • Disparition de Didier Comès
    7 mars 2013 13:31

    Un an presque jour pour jour avec la disparition de Jean Giraud/Moebius voici une nouvelle et triste disparition ...
    Pas grand chose à dire encore une fois sinon que c’est un autre pilier de la bd qui tombe...

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  • Disparition de Didier Comès
    7 mars 2013 13:50, par L. Lépine

    Woaouf ! Sale temps pour la bande dessinée en ce moment. J’ai l’impression qu’une autre génération de dessinateurs nous quitte. Comès fait partie de ces auteurs qui m’auront marqué effectivement. SILENCE a fait du bruit dans le Landerneau. Noir et blanc ? La journée sera plus noire que blanche.

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  • Disparition de Didier Comès
    7 mars 2013 16:29, par Ecureuil

    Moi, c’est d’abord la parution de l’ombre du corbeau dans Tintin qui m’a marqué. C’était une vraie révolution de style dans le journal. Je me rappelle encore des discussions épiques entre ceux qui étaient pour (qui trouvaient cela génial) et ceux qui étaient contre (qui trouvaient que cela n’avait rien à faire dans le journal). J’étais évidemment de la première catégorie.

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  • Disparition de Didier Comès
    7 mars 2013 17:21, par Dena

    Je garde au chaud mes albums de ce brillant auteur. J’appréciais tout particulièrement ses dessins d’un noir si palpitant, animaux et végétaux représentés avec une grande attention du détail, une force indéniable du trait.
    Espérons que ses oeuvres restent encore rééditées longtemps afin que de plus jeunes générations puissent aussi en profiter !

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  • Disparition de Didier Comès
    8 mars 2013 21:27, par Michel Dartay

    Tout cela est triste.
    Comès s’est fait brillamment remarquer dans les pages d’(A SUIVRE), dont il était un des plus brillants piliers. Sa production s’était raréfiée au cours des ans, mais il avait sans doute pleine de choses à nous raconter encore.

    Bye, l’artiste ! Repose en paix !

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