Doggy Bags T1 - Par RUN, Maudoux et Singelin - Ankama Editions

23 février 2011 3 commentaires
  • Un triple programme pour une orgie d'hommages au cinéma qui tâche, dans un déluge de violence, garanti 100% graphique !

Fresh Flesh and Hot Chrome : une motarde échappée d’un gang de bikers loups-garous tentent de fuir dans une course poursuite sanglante. Masiko : la mère de Petit Panda, future Xiong Mao de la série Freaks’ Squeele, aux prises avec les différentes familles de triades de Hong Kong, dans un festival de massacres à l’arme blanche et de duels déshabillés. Mort ou Vif : en plein désert près de la frontière américano-mexicaine, l’officier de police Curtis Savage piste un dangereux assassin. La chasse va être crade et suffocante.

Doggy Bags est un album constitué de trois histoires courtes qui se veut un hommage décomplexé au cinéma d’exploitation des années 70, ces bandes à moitié abîmées diffusées dans le cadre de double-programmes cinéma, déjà célébrés dans les films hommages Grindhouse (de Robert Rodriguez et Quentin Tarantino) et Machete (du même Rodriguez). Ce cocktail explosif mélange allègrement loups-garous, mafia chinoise, hémoglobine qui gicle, shérifs à lunettes de soleil sur des routes désertiques interminables, et bandits de la pire espèce.

Doggy Bags T1 - Par RUN, Maudoux et Singelin - Ankama Editions
Extrait de "Fresh Flesh and Hot Chrome"
©Singelin/Ankama Editions

La conception de cet objet a été particulièrement soignée, avec cette imitation d’usure de papier, ces micro-pubicités surchargées et ses mini-coupons à découper pour acheter des produits du label 619 ou soutenir ce faux magazine en remplissant des cases de satisfaction. Les plus observateurs remarqueront un mini-strip d’Ancestral Z, casé entre deux présentations d’auteurs tels des personnages de jeux vidéo de combat.

Extrait de "Masiko"
©Maudoux/Ankama Editions

Car qui dit trois histoires, dit trois auteurs : nos loups-garous à moto ont été engendrés par Guillaume Singelin (aka Blacky) et ses teintes sombres, texturées, et son trait nerveux. Florent Maudoux prend la suite et nous livre une préquelle plus asiatique à sa série Freaks’ Squeele, même graphisme béton que l’univers originel pour des planches entièrement en couleurs, et des tueurs en costumes rappelant le John Woo des années 1980 ou le Crying Freeman de Ryôichi Ikegami et Kazuo Koike. RUN, pour finir, explore la mythologie US et ses tueurs rodant sur des routes désertiques, entre second degré donnant la part belle à un loser, et périple sanglant nourrissant les vautours.

De la bonne série bis défoulatoire que cet album-hommage, du sang et de la violence, des auteurs qui s’amusent, et un bel objet graphique surchargé. De la tuerie, quoi...

Extrait de "Mort ou Vif"
©RUN/Ankama Editions

(par Thomas Berthelon)

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