DoggyBags T8 - Collectif - Ankama Editions

7 septembre 2015 0 commentaire
  • Barbarie, sévices et odyssées vengeresses sanglantes pour une collection horrifique toujours de grande qualité.

Les auteurs de la série DoggyBags continuent de délaisser leur côté « fan boys » pour la culture US, au profit d’une étiquette « Horreur » de plus en plus assumée. Toujours en recherche d’un dosage entre histoires fantastiques et scenarii inspirés d’authentiques tueurs en série, l’équipe de RUN concocte à nouveau un cocktail molotov nécessitant d’avoir le cœur bien accroché.

Ainsi, après des histoires tournant autour de loups-garous et du Big Foot dans le tome 7, place désormais à un univers plus terre à terre : deux segments consacrés à des tueurs en série viennent en effet rythmer cette nouvelle livraison.

DoggyBags T8 - Collectif - Ankama Editions
Extrait du segment "Soledad"

Le segment To serve and protect, écrit par Eldiablo et dessiné par Ludovic Chesnot, nous présente deux flics laxistes enquêtant sur ce qu’ils pensent être une banale affaire de mœurs. Le sens du dialogue d’Eldiablo fait mouche, tandis que la mise en image nocturne, éclairée par les gyrophares des forces de l’ordre, renforce le côté glauque et propose un exercice intéressant de découpage à une histoire se clôturant entre les quatre murs d’un appartement miteux.

Délaissant le continent américain, le dernier segment The City of Darkness, nous envoie au bout du monde, dans le quartier de Kowloon à Hong Kong. Mathieu Bablet (La belle mort, Adrastée) explore les recoins sombres de cette cité humide et crade et prouve encore avec son graphisme inimitable qu’il est l’un des grands dessinateurs urbains actuels. Le scénario de Jonathan Garnier met en scène un étrange boucher que tous accusent, dans une sombre affaire de disparitions.

Extrait de "To serve and protect"

Le genre fantastique n’est pas en reste, avec le segment Soledad, d’un duo inédit dans la série DoggyBags. La scénariste Noëllie Pravia puise dans ses origines amérindiennes pour pondre une histoire d’entité vengeresse au Nicaragua, mise en image par Juliette Le Hégarat, issue du monde du tatouage. Le style graphique ponctué de grandes masses noires, associé à la grande efficacité des cadrages et à l’ambiance poussiéreuse d’Amérique du Sud, complète idéalement ce nouveau triptyque.

Extrait du segment "The city of darkness"

Pour finir, c’est précisément Soledad qui fait l’objet de la couverture dessinée par Florent Maudoux (Freaks’ Squeele), ainsi que d’une carte de prière imprimée en vernis brillant et en relief, peinte spécialement pour ce numéro par l’artiste nicaraguayen Marvin Campos Chavarria.

Si ce n’est pour sa déjà conséquente collection d’histoires horrifiques réalisées par une génération montante d’illustrateurs, le lecteur peut également, au fil des tomes, parfaire sa connaissance du continent américain, à travers des présentations détaillées des contextes géo-politiques, culturels, et folkloriques des pays en question.

(par Thomas Berthelon)

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