DoggyBags : "Trois histoires, trois tueries !"

26 avril 2012 4 commentaires
  • Des monstres, du sexe, et de la violence peuplent ces trois histoires courtes en hommage aux pulps et aux comics d'horreur des années '50. Une excellente série pour les amateurs de Bi(zarre)s.

El Wood & the 40 freak bitches, dessiné par Kieran sur un scénario d’Ozanam, met en scène un bouseux solitaire parti en croisade contre une armée d’aliens nymphomanes décidées à se faire féconder par les humains. Aidé de son compère Joe Bill, et une bonne pioche défoncée à la main, notre illuminé à la casquette ne va pas faire dans le sentiment pour neutraliser de l’allumeuse.

The Border : le scénario de RUN, illustré et encré par Guillaume Singelin, et colorisé par RUN et Mojo, nous propose de suivre une opération mortelle menée par trois bad guys racistes à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, à la chasse aux immigrés clandestins. La traque de ces sales types, au profil provoquant presque la nausée, va se trouver malmenée par l’irruption d’un surnaturel qui fait mal.

DoggyBags : "Trois histoires, trois tueries !"
Extrait de "El Wood & the 40 freak bitches"
©Kieran/Ankama Editions

Vol Express 666 : un autre segment écrit par RUN, mais cette fois mis en images par Mathieu Bablet. Le pilote d’avion de ligne Auburn Calloway est la cible d’un massacre au marteau par ses trois collègues, dans la cabine de pilotage. Qu’a-t-il bien pu se passer pour que ces hommes, d’habitude si maîtres de leurs nerfs, se prennent d’envie de redécorer leur cabine, d’un goût que n’aurait pas renié Dexter ?

Extrait de "The Border"
©Singelin/Mojo/RUN/Ankama Editions

Ce deuxième tome de la série référencée DoggyBags du label 619 d’Ankama, véritable déclaration d’amour à l’horreur, la violence décomplexée, et l’humour au second degré aux frontières du mauvais goût, poursuit son impact jouissif pour qui aime les séries Z.

On retrouve ici exclusivement des auteurs déjà publiés par l’éditeur, du trait épais et de l’ambiance nocturne et moite du duo Kieran/Ozanam (We are the night), à la précision des décors et le sens du cadrage de Mathieu Bablet (La Belle Mort), en passant par le graphisme poussiéreux et les tronches de salopards de Guillaume Singelin (The Grocery).

Extrait de "Vol Express 666"
©Bablet/Ankama Editions

Et comme RUN, le papa de cette série, soigne autant l’objet que le fond, vous pourrez retrouver au fil des pages, un poster avec des filles dénudées, des petites publicités décalées, mais aussi des pages culturelles apportant un focus sur certains faits divers qui ont inspiré les histoires courtes. Un objet graphique toujours aussi impeccable et jubilatoire.

La bande-annonce :

(par Thomas Berthelon)

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4 Messages :
  • DoggyBags : "Trois histoires, trois tueries !"
    26 avril 2012 09:29, par jacques

    Erreur d’interprétation pour la troisiéme histoire :Calloway n’est ni pilote ,ni vctime mais au contraire veut tuer les 3 membres de l’équipage pour provoquer le crash de l’appareil de manière à ce que sa famille perçoive la prime d’assurance.Le pire c’est que cette histoire est authentique dans ses moindres détails !!
    Les faits se sont déroulés le 07/04/1994 :voir "Les gangsters du ciel" de J.P.Otelli paru aux éditions Altipresse.

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    • Répondu par Thomas Berthelon le 26 avril 2012 à  10:42 :

      Jacques, j’avais bien compris l’histoire, vous auriez pu éviter de déflorer l’intrigue à nos lecteurs, mais merci pour la référence vers le livre d’Otelli :-)

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  • DoggyBags : "Trois histoires, trois tueries !"
    26 avril 2012 10:14, par jimi

    Je trouve les 3 planches présentées dans cet article convaincantes .

    Je pense que malgré tout le mal que certains pourront dire des travaux des types de Ankama , que beaucoup de leur productions dernièrement réanime une certaine flamme qui s’est perdu dans le monde de la bande dessinée avec la disparition de Métal ...évidemment c’est un commentaire qui est redondant donc je ne creuserai pas plus..

    Ce que je note c’est l’aspect actuel des histoires proposées même si elles sont influencés par plusieurs facteurs culturels de différentes périodes ( années 70 , années 80 , etc...) et que les thèmes même si très américanisés ( violence , thriller , zombies , etc, etc ) montrent que l’on a en France des auteurs émergents qui ont bien assimilés le manga comme le comics et qui nous pondent des productions réussies.( avis subjectif ..)

    Evidemment peut être que le style et les sujets ne séduisent pas tout le lectorat bd , mais vous prenez des auteurs comme Singelin , ou Labsolu , et autres , de chez Ankama , ils amènent petit à petit dans leur histoire , leur style , l’aspect très contemporain de notre époque , les cultures urbaines , l’influence des jeux vidéos , les sons actuels ( hip hop , etc , même si en bd on ne les entend pas on les sait présent dans les histoires ( the grocery) ) ...

    Les productions Ankama sont à mon avis un vrai fer de lance dans la production bd française actuelle.

    Je pense qu’après L’Association et les éditeurs indépendants de toute sorte , on sent même si Ankama est peut être une "grosse boite de prod " ( dans le sens commercial) qu’il y règne un vent assez libre en création que l’on ne trouve peut être plus ailleurs ( c’est une question ) ?
    Mais je me trompe peut être...

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    • Répondu le 26 avril 2012 à  20:01 :

      Pour l’assimilation du manga et de la culture contemporaine, allez donc faire un tour chez les gars de Catfish Deluxe !

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