DollyMorphing - Yoni T1 - Yann et Berthet - Dupuis

16 mai 2004 1 commentaire
  • Nouvelle série pour une nouvelle collection, inaugurée par des (anciennes) stars de la maison. En effet Yoni c'est surtout le grand retour de Berthet et Yann chez Dupuis. Les auteurs de Pin Up y créent une nouvelle héroïne. Pour le plus grand plaisir de leurs lecteurs ?

En 20... les grandes "oreilles" informatiques de la F.C.I.A., les services secrets de l’United States of the World, surveillent la planète entière. Et tout irait bien dans le meilleur des mondes civilisés si les hackers crypto-anarchistes de TAZ n’avaient décidé de déstabiliser le prêt-à-penser dominant. C’est dans ce contexte que Yoni Owens, agent spécial de la F.C.I.A., est chargée de retrouver une jeune fille kidnappée par de mystérieux ravisseurs. Cette mission apparemment ordinaire, va se révéler bien plus dangereuse qu’il n’y paraît et entrainera Yoni jusqu’en... France, un pays dont l’équilibre économique et politique a complètement basculé.

(par JLM)

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Disons le tout net : ce premier album est une petite déception pour les nombreux fans de Berthet et Yann. Alors que "Pin Up" était une série sensuelle mais jamais vulgaire, Yoni adopte un ton très différent. Dès la planche 4, le mot clitoris est prononcé (grande première pour les éditions Dupuis) de manière un peu gratuite, et encore à la planche 21, dans un autre contexte mais de manière tout aussi peu justifiée. Non, nous ne sommes pas des piliers de bénitier, mais il y a une très grande différence entre érotisme chic et vulgarité obscène. Et le récit en lui-même est à vrai dire tellement peu marquant, que la seule chose que nous retenons est la machine à s’envoyer en l’air qu’utilise l’héroïne alors qu’elle trouve répugnant que son petit frère veut qu’elle lui achète un robosuck, pompe à pénis ayant en mémoire trente-deux succions différentes ! Bref, voilà un premier jet, si l’on ose dire, un peu raté. Seule consolation pour le lecteur, les annexes de l’album, avec entre autres le planisphère du nouveau monde. Le lecteur attentif y trouvera par exemple un état appelé "New Israël" situé dans la Louisiane actuelle. Et quelques autres choses délirantes et jouissives du même tonneau. Ah, si tout l’album avait été aussi subversif que ces annexes ...

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1 Message :
  • Je ne suis pas du tout d’accord avec votre commentaire. Je trouve au contraire rafraîchissant ce second degré permanent (la scène "adieu, Elvis" m’a fait hurler de rire) où j’ai lu une belle critique de la femme-objet, surprenante de la part d’auteurs masculins. Même les machines à jouir sont, me semble-t-il, justement une contre-réaction à toutes les exhortations frénétiques à jouir et à fantasmer qu’on trouve à tous les coins de rue. Sans parler du concept assez risible de l’idéal. Un album drôle, léger, un peu acidulé, bref : il remplit son rôle de SF qui est d’extrapoler, chacun à sa manière, à partir de ce qu’on voit.

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