Dominique Goblet, lauréate du Prix Atomium-FWB 2020 de la BD

4 décembre 2020 1 Actualité par Christian MISSIA DIO
  • La Fédération Wallonie-Bruxelles a décerné ses Prix littéraires, et notamment de Bande Dessinée 2020, ce mardi 1er décembre. Et cette année, trois femmes ont été primées : Dominique Goblet, Aurélie Wilmet et Sandra Edinger.

Le palmarès de l’édition 2020 des Prix littéraires de la Fédération Wallonie Bruxelles a été dévoilé ce mardi 1er décembre et sans surprise, cette cérémonie s’est déroulée en visioconférence, covid-19 oblige. Parmi les nombreuses récompenses décernées ce jour-là, le Prix Atomium-FWB Bande Dessinée 2020 a été attribué à Dominique Goblet pour l’ensemble de son œuvre. Elle succède ainsi à David Vandermeulen, le lauréat de l’édition 2019. Ce prix est d’une valeur de 10 000 euros. Elle remporte ce prix un an après le Grand Prix Töpffer en Suisse en 2019.

Née en 1967 à Bruxelles, Dominique Goblet avait étudié l’illustration à l’Institut Saint-Luc de Bruxelles. Entre 1991 et 1995, elle participe à la création du groupe Frigoproduction, qui devient plus tard Fréon-Frémok. Cette aventure éditoriale lui permet d’approcher la bande dessinée au travers de nombreux récits courts publiés dans diverses revues. Son premier livre, intitulé Portraits crachés et publié chez Fréon, rassemblait d’ailleurs des récits et des images parus dans les revues emblématiques du renouveau de la bande dessinée des années 1990.

Dominique Goblet, lauréate du Prix Atomium-FWB 2020 de la BD
Dominique Goblet au SoBD en décembre 2019

Elle publie ensuite son premier long récit, Souvenir d’une journée parfaite, chez Fremok (FRMK) en 2001 (nouvelle édition en 2017). En 2008, Faire semblant c’est mentir (L’Association), qui racontait son enfance et son rapport à ses parents, est nommé à Angoulême. L’ouvrage reçoit la même année le Prix international de la Ville de Genève. En 2010, elle achève Chronographie (L’Association) qui recueille, depuis 2002, des portraits qu’elle fait de sa fille et que sa fille fait d’elle. Plus si entente (FRMK et Actes Sud BD), co-écrit avec Kai Pfeiffer, et L’Amour dominical (FRMK), fruit d’un travail en duo avec Dominique Théate, viennent compléter son œuvre.

En 2019, elle est désignée présidente du jury du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême. Puis, la même année, elle reçoit le Grand Prix Töpffer 2020, décerné chaque année à un artiste francophone pour l’ensemble de son œuvre par le canton et la ville de Genève. En marge de la bande dessinée, Dominique Goblet est également plasticienne et expose régulièrement peintures et sculptures en Belgique et à l’étranger. Ses techniques mixtes et ses influences multiples sont mises au service d’une écriture graphique unique.

Le Prix de la Première Œuvre en bande dessinée (d’une valeur de 5 000 euros) décerné par la Commission d’Aide à la Bande Dessinée a quant à lui été attribué à Aurélie Wilmet pour son album Rorbuer, projet pour lequel elle a obtenu une bourse de découverte en bande dessinée de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle est ensuite partie vivre et travailler au Canada, où elle a terminé son album. Notre confrère Frédéric Hojlo avait chroniqué cet album dans nos colonnes. Voici ce qu’il en disait : « La bande dessinée de la jeune dessinatrice Aurélie Wilmet impressionne par ses couleurs et son ambiance. Aux limites de l’abstraction et du rationnel, elle demande au lecteur l’abandon de ses réflexes pour mieux en apprécier le mystère et le dépaysement... La lecture de Rorbuer donne le souvenir d’avoir effleuré l’indicible et participé à une expérience, entre étrangeté et malaise, qui ne se reproduira pas ».

Aurélie Wilmet
Photo © DR

Aurélie Wilmet est née en 1991 à Bruxelles. Elle obtient un bac en Illustration à l’ESA Saint-Luc Bruxelles, qu’elle complète ensuite avec un master dans le pôle narration spéculative de l’ERG. Lors de sa dernière année de master, elle entame le récit Rorbuer consécutivement à un voyage en Norvège qui lui donne envie de se plonger dans le folklore et les folktales nordiques. Œuvrant avec différentes techniques et sur de nombreux supports, elle aime mélanger le crayon de couleur et le marqueur, ce qui donne un aspect à la fois brut et poétique à son travail. Elle se passionne souvent pour les récits empreints de mystère et de voyage où les personnages ont un lien fort avec la nature.

Enfin, le Prix de la Première Œuvre en Littérature Jeunesse (d’une valeur de 5 000 euros) a été attribué à Sandra Edinger pour son livre Le Grand Débordement. Elle succède au palmarès de ce prix à Gaya Wisniewski, couronnée en 2019 pour son album Mon bison.

Sandra Edinger a grandi dans un village aux abords de Nancy. Grande exploratrice de parcs à vaches et terrains en friche, rat de bibliothèque, collectionneuse d’images, elle se tourne naturellement vers les études artistiques. Après un bref passage aux Beaux-Arts d’Epinal, elle part étudier à l’école bruxelloise de La Cambre. C’est devant sa table à dessin, en Belgique, qu’elle partage ses intérêts d’enfant en donnant vie à ses histoires.

Les Prix littéraires de la Fédération Wallonie Bruxelles ont pour objectif de récompenser chaque année des auteurs et autrices belges à travers douze prix de la littérature générale (roman, poésie, essai) en langue française ou en langue régionale, de la bande dessinée et de la littérature de jeunesse. En marge de la remise de ces prix, la Fédération Wallonie Bruxelles soutient également la campagne du Pilen « #Lisezvouslebelge ? » qui favorise le circuit court en littérature.

Sandra Edinger
Photo © DR

(par Christian MISSIA DIO)

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