Dorohedoro T14. Par Q. Hayashida - Soleil Manga

25 novembre 2013 0 commentaire
  • La chute de En a entrainé d'importantes conséquences dans le monde des mages, charriant son lot de transformations et de questionnements. Et surtout son flot d'hémoglobine! Les différentes factions se réorganisent tandis que le mystère autour de l'identité de Caïman continue à sous-tendre l'ensemble de l'action.

Ainsi, la bande de En, espérant ramener ce dernier à la vie, cherche à percer les secrets du Boss des Yeux-en-croix. Celui-ci, menant une sanglante entreprise, entraine ses hommes - dont certains commencent à douter - dans une véritable croisade, qui confine au génocide, contre les mages. Nikaïdo enfin cherche à élucider le fonctionnement de sa magie dont elle pressent la maîtrise cruciale pour résoudre le cas de Caïman.

Bref, le récit continue à se déployer de manière étoilée, multipliant points de vue divers et intrigues ramifiées. Les personnages secondaires, devenus principaux par la force des choses et la structure narrative, mènent chacun leur combat, effectuent leurs propres choix complexifiant à loisir une action qui n’en devient que plus intense, indéterminée, conservant pourtant, malgré le chaos ambiant, une stupéfiante cohérence.

Dorohedoro T14. Par Q. Hayashida - Soleil Manga
Nikaïdo doit affronter ses peurs pour avancer vers la maîtrise de sa magie
DOROHEDORO © 2002 Hayashida-Q / SHOGAKUKAN

La violence, malgré un semblant de pause, demeure très présente, marque des libertés que s’octroie Q. Hayashida. Ce tome 14 propose en effet plusieurs scènes que l’on peut aisément qualifier de gores. Pour autant ces moments ne paraissent jamais gratuits tant ils participent activement à instaurer cette atmosphère d’horreur qui pèse jusque sur les protagonistes eux-mêmes.

La fin du volume offre - à l’issue d’un improbable affrontement au sommet opposant le champignon à la tourte ! - un nouveau rebondissement extraordinaire qui confirme le caractère relativement exceptionnel de cette série dans le paysage du manga en France.

Définitivement, Dorohedoro apparaît comme l’un des grands titres du moment malheureusement méconnu. Parce qu’il s’adresse à un public plus âgé, ayant en partie délaissé le manga ? Un lectorat plus mature, plus familier de la BD franco-belge, y trouverait alors peut-être -pour ne pas dire certainement - son compte.

Des codes du manga d’horreur mis en oeuvre qui peuvent rappeler Junji Ito
DOROHEDORO © 2002 Hayashida-Q / SHOGAKUKAN

(par Aurélien Pigeat)

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