Double Masque - T3 : L’Archifou - Par Jean Dufaux et Martin Jamar - Dargaud

2 juillet 2006 0 commentaire
  • Après un premier diptyque fort peu convaincant, Jean Dufaux et Martin Jamar réussissent enfin à captiver le lecteur avec {L'Archifou}, un album qui mêle avec brio la petite histoire avec la grande.

En l’an 1803, « l’affaire du coffret » qui avait chagriné le premier consul Napoléon Bonaparte n’est plus qu’un souvenir. Son précieux nécessaire de couture et le masque qui y était caché ont été retrouvés. L’homme d’état peut vaquer sereinement à son destin. Mais voilà que les lettres enflammées du second consul Cambacérès adressées à son jeune amant ont été volées. Napoléon souhaite mettre de l’ordre dans tout ce « débordement ». Même si Bonaparte tolère l’homosexualité de son ministre, il considère que si elle était rendue publique, l’Etat en serait affecté.

La « Fourmi », l’étrange sosie de Bonaparte, maître des bas-fonds de Paris, serait en possession de ces documents. Le Premier Consul est contraint à nouveau de faire appel aux services de François, dit « La Torpille », pour retrouver ces lettres...

Jean Dufaux a choisi de mettre en scène le Premier Consul au début de sa carrière, bien avant que son mythe ne commence à s’édifier. L’auteur prend quelques libertés par rapport à la réalité historique pour ne pas sombrer dans un récit éducatif. On sent cependant que le propos est assis sur une documentation solide, l’extraordinaire parcours du grand homme s’en trouvant éclairé sous des aspects ignorés voire inédits.

Double Masque - T3 : L'Archifou - Par Jean Dufaux et Martin Jamar - Dargaud
Martin Jamar, dessinateur autodidacte, illustre magistralement la « vie » du Premier Consul.
Extrait du T3 de Double Masque (c) Jamar, Dufaux & Dargaud.

En octobre 2004, Jean Dufaux nous confiait à propos de ce troisième album de Double Masque : « Il s’ouvrira avec de l’humour. C’est un « timing » que j’aborde sans trop de problème. [...] Le rythme des conversations doit être rapide, pour que le dessin donne l’impression de filer sous un dialogue. À ce moment-là, les héros, figés dans le dessin, deviennent des personnages de théâtre. Puis, on revient au cinéma, car on replace les caméras autour des personnages pour des scènes d’action. J’aime beaucoup alterner ces scènes, car cela offre une respiration fort naturelle au récit » [1]. Rien ne résume mieux le début de cet album. Les auteurs ont enfin trouvé leur rythme de croisière dans cet album, où les premières scènes racontant le petit-déjeûner de Cambacérès ou les échanges entre Napoléon et Monsieur Lecanet à propos de la sexualité sont d’une loufoquerie croustillante...

(par Nicolas Anspach)

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