Druillet, Mattotti, Baru et Barbucci honorés par le 25e festival de Solliès-Ville

24 août 2013 3 commentaires
  • C'est sous un ciel sans nuage qu'ont été remis les "soleils d'or" de Solliès-Ville dans l'ambiance décontractée d'un mois d'août finissant dans la douceur provençale.
Druillet, Mattotti, Baru et Barbucci honorés par le 25e festival de Solliès-Ville
Lorenzo Mattotti, Grand Prix 2013

On vous l’a dit : Solliès-Ville est un festival un peu à part dans le petit monde de la bande dessinée. Ce petit village provençal, gorgé de lumière, accueille chaque année parmi les plus grandes signatures de la bande dessinée internationale.

Rares sont les manifestations où, en toute décontraction, on peut discuter avec les plus grands noms de la BD : de Gilbert Shelton, le compagnon de route de Crumb, grande figure de l’Underground et auteur des Fabulous Freak Brothers à Philippe Druillet, co-fondateur de Métal Hurlant et l’introducteur de la science-fiction dans Pilote, de l’Italien Lorenzo Mattotti, l’un des plus brillants graphistes contemporains, au Hollandais Joost Swarte, chef de file de la bande dessinée batave, du Pulitzer Prize Art Spiegelman au Français Hervé Baru, du Belge Hermann au Suisse Cosey, des Grands Prix d’Angoulême Margerin, JC Denis, Juillard, Boucq aux non moins primés Arleston, Dany, Le Gall, Lepage, Frank pé, Jouannigot, Barbucci, Loustal, Prugne, Lauffray, Meynet, Pinelli, Plessix, Sandoval... Sans compter une cohorte de jeunes talents parmi lesquels l’Allemand Thomas Von Kummant ou l’Italien De Longis...

Barbucci, Prix du meilleur album 2013

Autour de quelques stands, tous signent, sans chichi. Et lorsque qu’un collectionneur se pointe devant Druillet avec cinquante vieux albums, celui-ci l’invite à acheter la nouveauté en lui faisant observer que le stand est tenu par un librairie "qui s’est mouillé"...

Ce genre de festival est aussi celui des confidences d’avant-rentrée ou des anecdotes amusantes. Gilbert Shelton s’apprête à sortir un nouveau Phacochère en octobre ; le Mexicain Tony Sandoval habite désormais Berlin ; Joost Swarte nous explique qu’il a dessiné lui-même ses lunettes et qu’il y a mis des guillemets, "car ce que nous voyons n’est qu’une citation du tout" ; Cosey revient de plusieurs jours de marche à pied dans les Cévennes ; Frank Pé travaille d’arrache-pied sur sa version de Spirou ; Arleston a quatre nouveautés à la rentrée dont un Lanfeust, mais il n’est plus en contact avec Didier Tarquin qui ne répond plus au téléphone depuis un mois ; Lepage revient d’une expédition dans l’Antarctique...

Druillet, Prix du 25e anniversaire."Tiens, Bilal n’a pas signé !"

Au détour, on apprend que lors du débat sur le Grand Prix d’Angoulême en janvier qui a vu couronner Willem et Toriyama, Florence Cestac a claqué la porte, excédée par Lewis Trondheim et que Druillet regrettait de ne pas avoir été présent... Oui, c’est cela aussi, les festivals.

Enfin, pensum obligé, la remise des prix. Discours du maire -exercice champignacien en diable- qui souligne que, depuis 25 ans, le fondateur et directeur du festival, Pascal Orisini, travaille sans aucune rémunération ou salaire, complètement bénévolement. Ce sont les contribuables de la ville qui doivent être contents...

Le palmarès récompense Nolwenn Lebreton et Alessandro Barbucci, ce dernier étant à la ville l’époux de la coloriste. Ils pourront commencer un élevage de lièvres -mascotte du prix de Solliès-Ville sculpté par Bilal...

Recevant son Grand Prix, Druillet constate que son ami dessinateur n’a pas signé la statuette. Lorenzo Mattotti a été le premier surpris du Grand Prix qu’on lui a octroyé cette année. C’est incrédule qu’il est monté sur le podium sous les regards de sa famille hilare. Baru a été un peu étonné de recevoir son "Prix du Meilleur album", un polar, des mains d’un... gendarme, en charge de la sécurité du festival.

Tout cela était sympathique, convivial, dans la douceur d’une fin de journée d’été et sous le chant d’amour lancinant des grillons de Provence.

En signature, deux légendes : Philippe Druillet, fondateur de Métal Hurlant et Gilbert Shelton, figure historique de l’Underground américain
Un Pulitzer Prize en Provence. Art Spiegelman dédicace Maus
Cosey, Grand Prix 2012, et le dessinateur belge Hermann
Hervé Baru arrêté par un gendarme

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Photos : D. Pasamonik (L’Agence BD)

 
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3 Messages :
  • ça va c’est quand même la belle vie pour certains dessinateurs ...
    une belle brochette de talents là bas ce week end...
    dommage d’être si loin...

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    • Répondu le 25 août 2013 à  15:06 :

      Bah, c’est bien connu : on ne prête qu’aux riches.

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      • Répondu par Oncle Francois le 25 août 2013 à  18:54 :

        Principalement des sexagenaires prodigieux, dont le talent nous a charmé au cours des dernières decennies. Ils ont maintenant la crinière blanchie (à part Druillet, qui doit bien avoir soixante cinq ans. Mais il fait plus sérieux, dans son costume noir d’abbé, que quand son ami Gotlib le dessinait en hippy barbu au début des années soixante-dix !!), mais méritent toujours de nouvelles récompenses

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