Dupuis : L’éditrice Corinne Bertrand démissionne à son tour

30 avril 2006 2 commentaires
  • On pensait la situation apaisée ces derniers jours à Marcinelle, après les démissions ou les renvois d'une bonne partie du Conseil de Direction. Hélas, non. Vendredi 28 avril, l'éditrice Corinne Bertrand, notamment responsable de la collection {Expresso}, a donné sa démission.

C’est une nouvelle déconvenue pour le groupe Média-Participations. Déjà séparé de son principal éditeur, Claude Gendrot, qui avait été licencié voici six semaines puis réintégré avant de refuser cette réintégration, Dupuis avait réussi à se stabiliser ces derniers jours autour d’un groupe d’éditeurs qui secondaient Gendrot : Benoît Fripiat, en charge de la collection « tous publics », assisté de Laurence Fiévet ; Louis-Antoine Dujardin, en charge de la collection Empreintes ; Daniel Bultreys, en charge de la collection Repérages ; Patrick Pinchart, éditeur de Spirou, responsable du « Patrimoine », sous la direction de Benoît Fripiat ; et enfin Corinne Bertrand, éditrice de la collection Expresso et de quelques titres de la collection Repérages. Depuis le départ de Claude Gendrot, les titres de la collection Aire Libre avaient été redistribués aux différents éditeurs, en fonction de leur proximité avec les auteurs respectifs. Deux nouvelles collections lancées par Denis Lapière, assisté de Laurence Van Tricht, devaient également voir le jour d’ici Angoulême 2007.

Par ailleurs, le Comité de Direction recomposé, la directrice générale par intérim Huguette Marien et Claude de Saint-Vincent, administrateur-délégué de Dupuis, sont à la recherche d’un nouveau directeur général et d’un nouveau directeur éditorial. Bien que, du point de vue des auteurs comme de la société en interne, la recherche d’un nouveau directeur éditorial ne semble pas d’une extrême nécessité, l’attelage semblait tenir vaille que vaille, l’équipe pansant ses blessures après que des mots très durs et des dissensions provoquées par la crise aient créé une réelle tension dans la maison. Six semaines après Claude Gendrot, c’est au tour de Corinne Bertrand de claquer la porte. Arrivée il y a deux ans dans la maison pour travailler à la rédaction de Spirou, un mois avant que Dupuis ne soit revendue par Albert Frère à Média-Participations, elle avait gagné ses galons en assurant six mois plus tard la reprise de la collection Expresso, forte de quelque 13 à 14 nouveautés par an, après le départ de Sébastien Gnaedig pour Futuropolis.

Ébranlée par « l’immense gâchis » (le terme est de Vincent Montagne) de ces dernières semaines, elle a décidé de « ne pas mettre un mouchoir sur ce qui s’est passé ». En particulier, elle ne croit pas à cette charte d’autonomie mise en avant par Claude de Saint-Vincent. Seuls les actes, les gestes rétablissant la confiance comptent, pense-t-elle. Or, depuis quelques semaines, ils n’arrivent pas. En ce qui la concerne, elle ignore les intentions de Dupuis sur la collection qu’elle dirige et constate amèrement que les chemins pour rétablir la confiance sont devenus flous : « Certains messages auraient été les bienvenus [au moment de la crise], nous dit-elle, Ils ne sont pas venus. » Tensions, frictions, constitution à l’intérieur de la maison de clans opposés, échanges de mots extrêmement durs entre membres de la même société... Corinne Bertrand a jugé qu’elle ne pouvait plus travailler sereinement dans ces conditions.

Elle a l’intention de continuer dans l’édition et déclare explorer « plusieurs pistes ». Y compris la piste « Gendrot-Kennes » dont on raconte qu’ils sont en train de créer une nouvelle maison d’édition et que plusieurs auteurs sont d’ores et déjà contactés ? L’éditrice préfère, pour l’instant, réserver sa réponse.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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En médaillon : Corinne Bertrand. Photo : DR

 
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2 Messages :
  • Pas étonnant, vu que, selon les infos que nous recevons, RIEN n’a changé, hormis une charte qui se construirait...
    Une nouvelle maison d’éditions ? Cela expliquerait bien des choses, mais dans un marché déjà saturé... ??
    Le nom, les éditions DUPONDT ??

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  • Bon, ben au final c’est exactement ce que je redoutais. Si tous les éditeurs commencent à démissionner, entre autre Claude Gendrot et Corinne Bertrand, qui dirigeaient deux collections qui font figure de qualité, j’ai comme l’impression que ça ne sera plus trop la même chose ces prochains mois. En plus, maintenanr que les auteurs se retrouvent fractionnés entre les différentes maisons d’éditions (pour ceux ayant été publiés dans Aire Libre), la possible nouvelle maison d’édition de Kennes-Gendrot et ce qui reste de Dupuis, on peut dire que ce dernier risque de perdre beaucoup de son identité...

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