Dupuis célèbre le trentième album de "L’Agent 212"

17 novembre 2020 3 commentaires
  • Créé il y a plus de quarante-cinq ans par Raoul Cauvin et Daniel Kox, "L’Agent 212" n’a pris une ride et continue de nous faire rire aux larmes dans ce trentième opus. Avec un cadeau pour les fidèles lecteurs : un poster géant !

Né dans les pages du Journal Spirou en 1975, L’Agent 212 demeure l’une des plus anciennes séries humoristiques de Dupuis. Elle compte paradoxalement peu d’albums par rapport à d’autres. Ce qui nous pousse à d’autant plus savourer le dernier opus qui vient de paraître, surtout qu’il s’agit du trentième, un beau compte rond !

Et heureusement, après trente tomes, L’Agent 212 n’a rien perdu de son potentiel, ni de sa drôlerie. On rit de bon cœur, au point parfois de devoir fermer l’album pour reprendre son souffle, afin de repartir de plus belle ! Et en le relisant quelques jours après, ô miracle, on s’amuse toujours autant !

Dupuis célèbre le trentième album de "L'Agent 212"
Daniel Kox
Photo : N. Anspach.

Le secret de cette réussite ? Sans doute les interactions entre les personnages, mais surtout et avant tout les mimiques de notre agent, des expressions qui sont à la fois très réalistes et qui partagent toute sa détresse comique au lecteur : imparable !

« J’essaie de jouer sur le visuel des gags pour qu’un enfant puisse rire sans nécessairement savoir lire, nous explique Daniel Kox. Le visuel, c’est la clé ! Puis la variété de gags permet aussi de faire alterner les couleurs et les teintes pour apporter du rythme à l’ensemble. Globalement, je n’aime pas les gags trop compliqués, je préfère privilégier l’action au bla-bla. Quant aux grimaces, c’est vrai que j’adore jouer avec celles-ci, tout en essayant de ne pas non plus en abuser. Alors, je m’entraîne devant le miroir, puis j’exagère un peu en les dessinant, afin que cela soit plus drôle tout en restant réaliste. »

Pas de repos pour l’Agent 212

L’une des clés de la réussite de ce trentième opus tient certainement dans la variété des gags. Que cela soit à la maison face à sa belle-mère, en flagrant délit de pitrerie alors qu’il est en service, ou aux prises avec le sempiternel suicidaire, l’agent nous amuse autant dans une situation ou l’autre. Et même si certains gags plaisent plus à certains qu’à d’autres lecteurs , ils permettent de préparer le terrain pour les récits qui suivent.

« Le premier album de "L’Agent 212" comprenait déjà vingt-deux pages avec le suicidaire, nous rappelle Daniel Kox. Avec ce personnage apparemment pas très gai, nous parvenons à réaliser des scènes assez burlesques. J’essaie pourtant de limiter ce type de gag. On ne peut pas faire un album avec seulement le suicidaire et la belle-mère ! La série de "L’Agent 212" doit représenter la vie d’un policier dans des situations plus diverses, mais cela permet de varier les scènes et surtout de casser la monotonie. »

Et de continuer : « Je m’implique dans les scénarios de "L’Agent 212" depuis quatorze ans. Pour ma part, je ne trouvais pas qu’on avait fait le tour de la série, et j’ai alors rajouté le personnage de la belle-mère, et le chien. Comme les retours des lecteurs m’ont fait plaisir, j’ai continué dans cette direction. Quand on a qu’une seule série, on veut s’investir dedans. Puis, je m’amuse beaucoup en scénarisant, afin de trouver des situations visuelles qui puissent plaire aux petits comme aux grands. Bien entendu, je montre tous mes scénarios à Raoul [Cauvin] : on a gardé un amour profond de copains entre nous, c’est un peu comme mon deuxième père. »

Une fois de plus, ce trentième opus contient quelques petites blagues glissées en hommage aux confères de Dupuis. Ainsi retrouve-t-on Cédric par exemple, tiré de la série dessinée par Laudec, Poje dans son café, qui se nomme d’ailleurs « Chez Raoul » (cela ne s’invente pas !).

« Depuis longtemps, je place les noms des collègues ainsi que leurs héros dans nos planches, nous explique Daniel Kox. Cela entretient notre amitié, puis c’est aussi un renvoi d’ascenseur car Laudec place l’Agent 212 en poster dans la chambre de Cédric. Bédu m’a d’ailleurs une fois dessiné en dépressif dans un album des "Psy". J’ai essayé de lui rendre la pareille en dessinant son héros dans mes planches, mais son personnage est tellement typé que j’ai dû renoncer : je n’y arrivais pas ! »

Un cadeau pour le trentième album

Les lecteurs fidèles auront la surprise de trouver un poster gratuit offert dans cette nouveauté. Ce grand dépliant détachable en format A2 reprend l’une des planches les plus emblématiques de la série : celle où l’agent réalise des grimaces devant sa webcam. Un gag très visuel… qui reste d’ailleurs à l’ordre du jour vu l’utilisation intensive que nous avons des caméras pendant ces confinements !

« Dupuis m’a demandé ce qu’on pourrait utiliser en guise de poster, nous explique Daniel Kox. Et j’ai répondu : « Pourquoi ne pas montrer les grimaces ? ». En effet, j’aime beaucoup ce gag. Je me rappelle m’être une fois de plus initié au mime devant mon miroir pour voir où passaient les doigts afin de les réaliser. D’ailleurs, lorsque je suis en dédicace, les lecteurs me réclament des grimaces. Si celles-ci m’amusent autant que les lecteurs, pourquoi ne pas s’offrir ensemble ce petit plaisir ? »

Le poster offert dans ce tome 30

Une série qui continue à gagner en qualité, un trentième tome aussi drôle que réussi, enrichi d’imaginatives mises en situation, L’Agent 212 prouve qu’il reste non seulement intemporel, mais aussi transgénérationnel.

Propos recueillis par Charles-Louis Detournay.

(par Charles-Louis Detournay)

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L’Agent 212, T.30 : Descente de police - Par Raoul Cauvin & Daniel Kox - Dupuis

À propos de Daniel Kox, lire également :
- Kox et son Agent 212 font la circulation au Rouge-Cloître à Bruxelles
- une de ses précédentes interviews : « L’Agent 212 n’a pas été créé pour durer ! »
- La bande dessinée ouvre les autistes au monde
- ainsi qu’une interview de Raoul Cauvin concernant Les Femmes en Blanc et L’Agent 212 : « Le scénario c’est l’âme d’une série. On ne peut pas reprendre une âme ! »

 
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3 Messages :
  • Dupuis célèbre le trentième album de "L’Agent 212"
    17 novembre 17:30, par David Sporcq

    Merci pour ce bel article envers une de mes séries humoristiques favorites.
    De la BD " gros nez" dans toute sa splendeur, du grand art. Des années de perfectionnisme sont nécessaires pour atteindre ce niveau.

    C’est vrai qu’on rit et qu’on rit encore avec ce trentième album.
    "L’Agent 212" est une série qui malgré sa longévité ne s’érode pas mais bien au contraire se bonifie encore.

    Ceux qui ont déjà assisté à une séance de dédicace de Raoul Cauvin avec Daniel Kox réalisent à quel point ces deux-là s’entendent à merveille dans l’humour. C’est simple, c’est la seule file où on se marre en attendant plutôt que de tirer la tronche.

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    • Répondu par kyle william le 17 novembre à  19:20 :

      On peut revendiquer de prendre du plaisir avec une série de BD populaire sans prétendre qu’ailleurs les gens tireraient la tronche.

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  • Dupuis célèbre le trentième album de "L’Agent 212"
    22 novembre 12:23, par Rheims Martine

    Ce trentième tome de l’Agent 212 m’a offert un vrai moment de récré !
    Au fil des gags, des situations, disons rocambolesques (et c’est peu dire), ce sacré personnage nous fait oublier les tracas de la vie quotidienne. On en arriverait même à vouloir échanger nos belles-mères (ceci n’engage que moi) !
    Rien qu’à regarder la bonne "bouille" et les grimaces de
    l’Agent 212, l’éclat de rire n’est jamais loin et cela fait du bien.
    Merci, Daniel Kox et Raoul Cauvin de veiller sur notre spontanéité et notre âme d’enfant !

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