Eco-Fauve du festival d’Angoulême : le coup de gueule d’Yves Frémion

  • Lors de la conférence du FIBD fin novembre, il avait été annoncé, souvenez-vous, la création d'un nouveau prix à portée écologique : le Prix Eco-Fauve, qui sélectionne sept albums traitant d'un thème écologique contemporain, en partenariat avec la société Raja, leader européen du secteur de l'emballage. Mais un autre prix occupait déjà le terrain de l'écologie bien avant : le Prix Tournesol, créé en 1997 à l'initiative d’Yves Frémion, un prix « off » du Festival qui se destinait à populariser une ou plusieurs des valeurs de l’écologie politique. Dans l'incompréhension de l'annonce de ce nouveau prix, et en soupçonnant là une opération de « greenwashing », Yves Frémion a tenu, de sa voix de stentor, à faire entendre son "coup de gueule".

Le Prix Tournesol est aujourd’hui présent depuis 25 ans dans l’environnement -c’est le cas de le dire- du festival angoumoisin. Son fondateur Yves Frémion, ancien membre du parti Les Verts, député européen et conseiller régional d’Île-de-France, en a fait un prix politique destiné à amener les auteurs, français ou étrangers, à interroger les lecteurs sur l’impact écologique de l’Homme. Ce qui paraît sensé dans un milieu doublement polluant : celui du plus grand festival BD de France, doublé d’un secteur du papier très énergivore.

Présidé par une figure emblématique des Verts, le Prix Tournesol avait par exemple récompensé une œuvre de Christin & Mézières, de Davodeau ou encore de l’Américain Derf Backderf ou du Japonais Keiji Nakazawa. Un article paru en janvier dans nos pages dressait d’ailleurs un bilan de ces 25 années d’activisme.

Eco-Fauve du festival d'Angoulême : le coup de gueule d'Yves Frémion

À l’annonce du nouveau prix Éco-Fauve Raja, dont nous vous avons présenté voici quelques jours le principe, le jury et les albums en sélection, Yves Frémion fait part dans un communiqué de son incompréhension et même ses suspicions vis-à-vis de ce qu’il considère comme un "mépris" de l’écologie et des écologistes, une "opération politique" des grandes entreprises sponsors pour étouffer un prix indépendant qui ne souffre d’aucun tabou à propos des activités polluantes, contrairement, lui semble-t-il, à ces sponsors-lobbyistes plus pollueurs qu’à leur tour.

La tribune d’Yves Frémion

L’Eco-Fauve d’Angoulême, une offensive politique contre l’écologie

  • Le Festival international de la BD d’Angoulême vient d’annoncer la création d’un nouveau prix pour 2022, un « Fauve » consacré à la meilleure BD écologiste.
    Or il existe depuis un quart de siècle un prix de la meilleure BD écolo de l’année, décerné lors du Festival d’Angoulême (y compris l’an dernier alors que le festival était annulé). C’est le prix Tournesol.
  • Il a été notamment attribué, pour ne citer que les plus connus, à des dessinateurs comme Jean-Claude Mézières, René Follet, Joe Sacco, Etienne Davodeau, Luz, Manu Larcenet, Léo, Cyril Pedrosa, Christian Binet, Derf Backderf, Martin Veyron, Nakazawa, Keko ou Tom Tirabosco ; ainsi qu’à des scénaristes comme Pierre Christin, Makyo, Corbeyran, Antonio Altarriba… Un palmarès éloquent.
  • Son jury, qui varie chaque année, a été notamment présidé par de grandes personnalités de l’écologie comme Dominique Voynet, Dany Cohn-Bendit, Noël Mamère, Alain Lipietz, Marie-Christine Blandin, Yves Cochet, Cécile Duflot, Yannick Jadot, Eva Joly, Karima Delli, Sandrine Rousseau, Léonore Moncond’huy… Outre de nombreux artistes-auteurs engagés en écologie, ce jury a associé aussi des organisations ou publications écolos notoires comme Greenpeace, Agir pour l’environnement, Femmes & changement, Eco-Rev, Droit au logement, BD sans frontières, L 214, la Fondation pour l’écologie politique, Silence… Sans oublier des journalistes spécialisés, ou des sympathisants comme François Rollin, Juliette, Bernard Haller, Benoît Delépine…
  • Il semblait que l’écologie était largement mise en valeur depuis 1997 par ce prix international (car la Belgique et la Suisse francophones y sont associées). C’était compter sans l’opportunisme ambiant, qui veut que tous ceux jamais impliqués jusque là dans le plus grand enjeu citoyen de la planète, aient besoin de s’acheter un brevet d’écologie, à l’image des « résistants de la dernière heure » en 1945. La mode est à l’écologie, nouveau créneau commercial, où s’enfournent les opportunistes du monde entier, surtout ceux qui ont quelque chose à vendre. On appelle ça le « greenwashing ».
  • Depuis 25 ans, l’écologie est récompensée au Festival d’Angoulême en « off », donc indépendamment des pressions éditoriales, commerciales ou politiques. Au moment où, de Mélenchon à Zemmour, de Hidalgo à Macron, de Pécresse à Marine Le Pen, chacun se proclame plus écolo que les écolos sur le terrain depuis 40 ans, il n’est pas un industriel, un syndicat agricole, une société de chasse, qui ne prétende sauver la planète qu’ils ont contribué à saccager depuis toutes ces années. Dans le monde de l’entreprise c’est à qui sera plus vert que l’autre, tout en continuant pour la plupart leurs pratiques anciennes qui ont conduit au désastre écologique que nous vivons.
  • Alors, le Festival lui aussi se doit de surfer sur cette vague pour rester dans le vent. Nous croirions à la sincérité de cette initiative si elle avait été prise quand ce n’était pas un gadget à la mode. Mais aujourd’hui, ce n’est de la part du FIBD qu’une indélicatesse vis à vis du Tournesol et un mépris pour l’action des écologistes.
  • Bien pire : c’est aussi une imposture qui vise à tromper le public, à faire passer pour écologistes ceux qui ne veulent que l’entraver. En témoigne dans la première sélection la présence d’un album qui incarne de façon magistrale cette imposture : ’’Le monde sans fin’’, scénarisé par le porte-plume de tous les nucléocrates, courtisé des grosses entreprises polluantes, Jean-Marc Jancovici. Après un plaidoyer climatique, il termine l’album par un panégyrique du nucléaire, dont on se demande comment un Christophe Blain a pu mettre son immense talent au service d’une cause aussi falsificatrice.
  • Je ne sais si cette initiative est une idée de l’équipe du festival, du sponsor, ou si elle leur a été « suggérée ». Ce qui est certain, c’est que ce prix est avant tout une opération politique. Le Tournesol, qui s’est imposé à Angoulême depuis des années, effraie ses adversaires, surtout en période électorale. Ce Fauve carnassier est destiné à faire disparaître le Tournesol trop critique des intérêts des dominants. Les « écolos de la dernière heure » ne veulent aucun bien à l’écologie, il s’agit ici de la rendre inoffensive, puisque intégrée dans le gloubiboulga des multiples prix du Salon au service des sponsors (Caisse d’épargne, SNCF, Raja, etc.) Doit-on avoir un prix officiel par sponsor ? Quelle crédibilité peut-on accorder au prix d’un sponsor ? Qui sera le sponsor du prochain prix ? Total ? Engie ? Bolloré ? Le compteur Linky ? Les tanks Lagardère ? Les paris sont tout verts et les Fauves sont lâchés !
    Alors, méfiez-vous des imitations !
  • Yves Frémion
  • fondateur et animateur du Tournesol

Le 25° prix Tournesol de la BD écolo, le vrai, sera décerné le vendredi 28 janvier 2022, à 17 h 30, au Point carré, rue Raymond Poincaré (Champ de Mars), en présence du jury présidé par Yannick Jadot. Venez nombreux.

TÉLÉCHARGER LE COMMUNIQUÉ (PDF)

(par Auxence DELION)

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27 Messages :
  • Comment peut-il dénoncer une « offensive politique » alors que le Prix Tournesol est lui-même « une belle initiative d’Europe Écologie Les Verts », comme énoncé sur l’affiche ? C’est un tout petit peu sectaire cette histoire !

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    • Répondu par Dominique PETITFAUX le 16 décembre 2021 à  21:06 :

      Il y a déjà au festival d’Angoulême beaucoup de prix à la pertinence douteuse. Ce nouveau "Fauve" est particulièrement absurde, puisqu’en matière de BD sur l’écologie le prix Tournesol, décerné par des spécialistes, et proclamé à Angoulême, est reconnu par tous. Je ne sais s’il y a véritablement une intention politique délibérée de nuire au prix Tournesol, mais il est clair que ce nouveau "Fauve" ne pourra qu’ajouter à la confusion générale. Soutien à Frémion.

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      • Répondu le 17 décembre 2021 à  10:11 :

        Mais quand allez-vous enfin dénoncer ce qui se passe dans les coulisses de ce salon qui n’est rien d’autre qu’une vitrine d’égos, de lobbys divers et variés, et de luttes d’influences sur le dos des auteurs-rices ?

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        • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 17 décembre 2021 à  10:45 :

          ActuaBD.com n’est pas un organe de "dénonciation" et nous ne répondons pas aux injonctions à résonance complotiste émanant d’un anonyme. Je vous rappelle que nous sommes responsables de cette publication et que des allégations sans fondement peuvent entraîner des conséquences judiciaires que nous ne sommes pas prêts à assumer pour satisfaire vos humeurs. Créez votre propre média et assumez-en le financement et les responsabilités.

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          • Répondu le 17 décembre 2021 à  13:14 :

            M. Frémion dénonce une imposture et vous le soutenez, vous dénoncez donc vous-même cette imposture du festival. CQFD

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            • Répondu le 18 décembre 2021 à  09:04 :

              Dans cette tribune, M. Frémion prend ouvertement parti pour EELV et Yannick Jadot. Ce n’est pas le cas d’Actua BD qui informe sans se positionner et laisse le lecteur libre de se faire son opinion.

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  • Je comprends l’énervement, mais ce qui est dit sur Jancovici à la fin est un peu idiot : si un prix consacré à l’écologie doit se conformer strictement au catéchisme d’EELV, alors autant nous filer une copie du programme, qu’on la mette dans la poubelle du recyclage.

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    • Répondu le 17 décembre 2021 à  07:59 :

      Frémion a raison, même si, pas plus que EELV, il ne saurait avoir le monopole de l’écologie politique. Jancovici aura beau se « greenwasher » tant et plus, il aura du mal à démontrer qu’il est autre chose qu’un lobbyiste pro-nucléaire. La présence de sa BD dans une sélection « écologique » est une plaisanterie.

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      • Répondu par Jean-No le 17 décembre 2021 à  21:56 :

        Ce n’est pas le seul écologiste (et il l’est) qui soit pro-nucléaire. En fait nous le sommes tous, car nous n’avons aucun scrupule à dépenser toujours plus d’énergie.
        Jancovici amène un point de vue, je pense qu’on peut l’écouter (et le contredire) sans pour autant l’accuser d’être un vendu !

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        • Répondu le 18 décembre 2021 à  10:37 :

          Le débat en effet existe chez les écologistes de la nécessité du recours au nucléaire dans la transition énergétique. C’est Barack Obama qui a crevé l’abcès en relançant le nucléaire aux USA, qui était en stand-by depuis l’accident de la centrale de Three Mile Island en 1979. Bien sûr, le nucléaire est une énergie qui n’émet pas de CO2, mais la construction des centrales en produit énormément et la question des déchets, qui pollueront l’environnement pour au moins 3000 ans ne saurait être mise sous le tapis, comme le font Jancovici et Blain dans cet album opportuniste, destiné aux catégories supérieures qui sont déjà massivement pro nucléaire. La question de l’énergie et de l’environnement mérite mieux que ce genre d’ouvrage militant et simpliste.

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          • Répondu le 18 décembre 2021 à  12:43 :

            Intéressant de constater aussi la présence de deux collaborateurs du CEA dans le jury de l’"écofauve"

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            • Répondu par Jean-Noël Lafargue le 18 décembre 2021 à  18:16 :

              100% des français consomment de l’électricité et sont donc les soutiens les plus actifs de la filière nucléaire. Les chercheurs, eux, ont au moins la vertu de tenter d’inventer des alternatives à ce qui existe.
              Le CEA n’est plus depuis longtemps exclusivement centré sur l’énergie nucléaire, c’est un centre de recherche majeure au sujet de l’énergie, qui est un des plus grands problèmes écologiques d’aujourd’hui, et du climat. La chercheuse Sophie Szopa s’occupe justement de science du climat, tandis que Roland Lehoucq est un astrophysicien (et par ailleurs président des Utopiales, à Nantes).
              Je pense que ces deux-là sont a priori plus légitimes sur les questions d’écologies que des traîne-chaussettes promoteurs d’homéopathie, de biondynamie et d’huiles essentielles tels qu’EELV en tolère bien trop en son sein.

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              • Répondu le 18 décembre 2021 à  21:25 :

                Le fait que les français consomment de l’électricité n’en fait pas pour autant des soutiens actifs du nucléaire. Le nucléaire est un lobby comme les autres, une industrie qui défend ses prérogatives par tous les moyens… y compris désormais la BD. C’est son droit mais ça ne fait pas pour autant du recours au nucléaire une évidence, encore moins une fatalité. Cet entrisme forcené des géants du nucléaire qui vise à convaincre les dirigeants de la planète qu’ils détiendraient la seule solution pour lutter contre le réchauffement climatique (ça a marché sur Obama, sur Sarkozy, Hollande et Macron, pas sur Merkel) rappelle furieusement la propagande des industriels du sucre après la seconde guerre mondiale : il s’agissait de convaincre les parents du monde occidental que les céréales étaient excellentes pour nourrir leurs enfants après les privations liées à la guerre. (Jusque là, les céréales servaient surtout à nourrir les cochons et les oies.) On a vu le résultat quelques décennies plus tard : un taux d’obésité et de diabète jamais connu dans l’histoire de l’humanité, notamment chez les enfants. Il ne s’agit pas d’être complotiste mais simplement un peu méfiant quand de grands industriels prétendent détenir les solutions pour régler les grands problèmes de la planète.

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                • Répondu par Jean-Noël Lafargue le 19 décembre 2021 à  16:07 :

                  Le meilleur moyen de lutter contre le nucléaire est de s’imposer une frugalité énergétique. Hier, suite à l’arrêt de Fessenheim, EDF a redémarré des centrales au charbon et a été contraint d’acheter de l’énergie à des pays voisins...
                  Le nucléaire n’est pas juste "un lobby", c’est plusieurs tension :
                  - vous et moi qui consommons toujours plus et qui ne sommes pas prêts à changer de mode de vie. Dans certains pays il y a des coupures régulièrement, les gens ont des groupes électrogènes, etc. : nous, ici, sommes habitués à un autre confort. On est sans doute des enfants gâtés et on va le payer un jour, mais c’est comme ça.
                  - l’Andra qui doit s’occuper des déchets et devra s’en occuper des milliers d’années après l’arrêt du nucléaire : ce n’est pas aux éboueurs qu’on doit reprocher la saleté !
                  - Areva engagé dans une guerre mondiale pour les ressources, car l’uranium aussi est en raréfaction
                  - le "durable" qui est, sauf hydraulique, difficile à porter à une grande échelle (coût et méthodes de fabrication, durée de vie, matériaux rares,...)
                  - le bouleversement climatique, qui rend le nucléaire temporairement intéressant mais ajoute des problèmes aux problèmes puisqu’à partir d’une certaine température extérieure, rejeter de l’eau chaude dans la nature est impensable.
                  ...On peut dire ce qu’on veut mais une seule chose me semble certaine : rien n’est évident ici. Entasser des déchets nucléaires est un énorme problème, les risques genre Fukushima sont un vrai problème aussi, mais la position actuelle (éviter de moderniser, pour des raisons idéologiques, mais continuer d’utiliser l’énergie comme si elle était infinie) n’est pas une solution. Quant aux contes de fées sur l’énergie renouvelable, ils ne tiennent pas face aux possibilités actuelles et aux besoins actuels. On peut faire un maximum pour les faire passer dans la réalité, mais croire que supprimer le nucléaire va rendre le reste viable d’un claquement de doigts ne tient pas la route.
                  Je ne sais pas si ce forum a vraiment vocation à accueillir une telle discussion, mais bon...

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              • Répondu par Prof le 23 décembre 2021 à  14:02 :

                Consommer de l’électricité de fait pas de facto des français d’ardents soutiens de la filière nucléaire.
                D’une part parce qu’aujourd’hui – à moins de vivre au fond d’une grotte (et encore !) – il est devenu impossible de ne pas utiliser cette énergie, d’autre part parce qu’il existe de plus en plus de fournisseurs d’électricité verte – c’est-à-dire issue de ressources renouvelables et non émettrice de CO2.
                Chacun ses choix, je vous laisse les vôtres.

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            • Répondu le 18 décembre 2021 à  20:03 :

              2 sur 5... donc 40% des membres du jury sont du CEA !? c’est du délire total.

              Pas sûr que l’on puisse parler de pluralité ni de neutralité (même si les questions écologiques sont loin de se limiter à celle du nucléaire et même si EELV n’est par définition pas neutre).

              Mais dans ces conditions, ils n’oseraient tout de même pas donner cet Éco-Fauve Raja/CEA à Jancovici... si ?

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      • Répondu par Jean-Noël Lafargue le 18 décembre 2021 à  18:19 :

        Et au fait, le livre de Davodeau, qui est aussi dans la sélection, il est vendu à la filière nucléaire ? Je ne l’ai point encore lu mais de loin ça ne me semble pas être son propos !

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        • Répondu le 18 décembre 2021 à  21:07 :

          En effet... mais est-ce le jury qui a fait la sélection (si quelqu’un a des infos) ?

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          • Répondu le 19 décembre 2021 à  14:00 :

            C’est curieux, cette année, DEUX personnes du CEA dans le jury. Le Davodeau a peu de chances d’être choisi. Si le Blain l’était ce serait un scandale. Le lauréat est sans doute parmi les autres nominés

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            • Répondu par Jean-Noël Lafargue le 19 décembre 2021 à  15:52 :

              C’est quoi le CEA pour vous ? Il y a ici une chercheuse en climat et un astrophysicien célèbre dans le monde de la science-fiction. Je ne connais pas la première, mais l’intégrité du second n’est plus à prouver. L’écologie, et la constatation du nucléaire, n’ont aucun intérêt sans base scientifique.

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              • Répondu par Jean-Noël Lafargue le 19 décembre 2021 à  16:11 :

                (contestation, pas constatation, désolé)

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              • Répondu par Tsss le 19 décembre 2021 à  18:17 :

                C’est quoi le CEA pour vous ?

                Commissariat à l’énergie atomique. Donc lobby pro-nucléaire. Le CEA ce n’est pas la CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité), qui aurait plus leur place dans un jury pour un prix écolo.

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              • Répondu le 19 décembre 2021 à  20:16 :

                D’une part : sans avoir la moindre raison de douter de la neutralité de l’un ni de l’autre de ces individus, il faut admettre qu’ils sont de fait salariés par le CEA, quelque soit leur bonne foi personnelle dans cette histoire. Le CEA, c’est de la recherche fondamentale d’excellence, mais aussi un établissement public étroitement associé aux décisions politiques et militaires, et même un lobby parlementaire officiellement déclaré comme tel. Le CEA n’est PAS neutre.

                Déontologiquement, cela devrait suffire à écarter ces deux personnes d’une telle position de juré amené à trancher sur des livres abordant des sujets aussi polémiques. (Ce qui leur éviterait aussi à chacun un désagréable procès d’intentions qu’ils ne méritent sans doute pas de subir).

                D’autre part, le CEA n’a pas le monopole de la crédibilité scientifique comme vous semblez le croire. Pas même certain qu’il en détienne 40%.

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                • Répondu par Jean-Noël Lafargue le 22 décembre 2021 à  09:10 :

                  Le CEA est un grand établissement public où bossent grand nombre de chercheurs qui n’ont jamais aucun lien avec le nucléaire (et c’est le cas des deux ici), et qui a élargi le champ de ses recherches bien au delà du sens historique de son acronyme... Je ne pense pas que leur liberté d’opinion au sujet de l’énergie atomique soit a priori douteuse. Inversement, des membres d’un jury coopté au sein d’EELV — c’est le cas du prix Tournesol — partent sans doute avec un tropisme anti-nucléaire (voire anti-science) assez dogmatique !

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                  • Répondu le 23 décembre 2021 à  10:49 :

                    - l’étude du climat a au contraire BEAUCOUP à voir avec la question du nucléaire puisque cette énergie ne dégage pas de gaz à effet de serre.

                    - une fois de plus, la question n’est pas de préjuger de leur (im-)partialité mais de regarder qui les paye.
                    De même qu’un homme politique ne peut censément pas être financièrement intéressé, par ses activités dans le privé, à un domaine relevant de ses responsabilités politiques.
                    Une patronne de maison d’édition (par exemple) n’est "a priori" pas censée être ministre de la Culture.
                    Appelons ça un "principe de précaution éthique" si vous préférez, voire même une présomption de culpabilité, potentiellement injuste pour eux, mais prudente.
                    (et je le répète, le CEA a très ouvertement une activité de lobbyisme disposant d’un budget attitré rendu public).

                    - à propos d’un jury coopté par EELV : vous avez tout à fait raison quant au tropisme anti-nucléaire (le tropisme anti-science est peut-être plus discutable).

                    ... mais après tout : est-il seulement possible de constituer un jury "équilibré" capable d’un consensus sur des œuvres artistiques concernant un débat si passionné ???

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                    • Répondu par Jean-Noël Lafargue le 23 décembre 2021 à  16:19 :

                      Beaucoup de scientifiques sont membres ou sympathisants d’EELV, mais c’est _le_ parti qui milite pour le remboursement de l’homéopathie, de la biodynamie, etc., et je ne pense pas qu’il soit facile de prendre fermement position contre au sein du parti, de même que des responsables d’EELV conviennent en privé que sortir du nucléaire est plus facile à dire qu’à faire, mais vont avoir des positions publiques nettement moins rationnelles ensuite.
                      J’admets qu’on ne peut pas soupçonner des membres d’EELV de se montrer partisans au sein du jury, puisque le soupçon est avéré et assumé : ils ont une position idéologique d’abord. Mais pour le reste, quelles sont les limites ? Ici ce sont des personnalitéss qui sont membres du jury, pas des employés du CEA missionnés pour une activité de lobbyisme, a priori. Est-ce qu’il vaut mieux une ministre de la culture connue pour son activité d’éditrice (très EELV compatible pour le coup puisque VRP de l’Anthroposophie/Steiner/Biodynamie/...) ou une ministre de la culture visiteuse médicale ? Pas si simple à trancher. Peut-on s’intéresser à un sujet sans finir par être de parti-pris, sans être "mouillé" professionnellement ?...

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            • Répondu le 19 décembre 2021 à  20:27 :

              c’est quand même pas très malin de constituer un jury dont l’origine des membres réduit de facto la sélection réellement "primable" de 7 albums à seulement 5... (même si le fait de figurer dans une sélection du FIBD sans y décrocher de prix est déjà en soi une gratification significative).

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