Eisner Awards 2020 : beaucoup d’appelés, zéro élu francophone.

25 juillet 2020 1 commentaire
  • Est-ce parce que le suffrage de cette année a été entaché par un bug empêchant de procéder au vote électronique ? Aucun auteur francophone n’a été élu aux Eisner Awards 2020 lors de la Comic Con de San Diego, laquelle s’est cependant tenue, mais électroniquement, en raison du Coronavirus. Résultat : un palmarès au goût de trop peu…

Les artistes francophones n’avaient probablement jamais été aussi nombreux parmi les nominés. On comptait parmi ceux-ci : Marguerite Abouet, Christian Cailleaux, Didier Cassegrain, Alexandre Clérisse, Timothée de Fombelle, Wilfrid Lupano, Léa Mazé, Émilie Plateau, David Rault, , Mathieu Sapin ou encore Lewis Trondheim. Et à l’arrivée, que dalle.

Eisner Awards 2020 : beaucoup d'appelés, zéro élu francophone.
Emil Ferris, personnalité BD 2019 sur ActuaBD.com, déjà lauréate à San Diego, à Angoulême et à Erlangen, remporte un nouveau trophée.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Exit les Frenchies, même si quelques jolis noms sont sortis du chapeau : l’inévitable Emil Ferris qui venait de remporter les Max un Moritz Preiz en Allemagne et personnalité BD de l’année 2019 sur ActuaBD.com, cette fois récompensée pour son deuxième titre, Our Favorite Thing Is My Favorite Thing Is Monsters qui devrait paraître prochainement chez Monsieur Toussaint-Louverture.

Stan Sakaï, publié en France par Paquet, qui remporte trois Eisner alors que sa série va être adaptée à l’écran par Netflix.

Stan Sakaï. Nous avions annoncé l’option prise sur sa BD par la Gaumont. Cela s’est concrétisée sur Netflix.
Ohoto : D. Pasamonik (L’Agence BD)
"Usagi Yojimbo" de Stan Sakaï rafle trois Eisner Awards et voit sa série adaptée en dessins animés. C’est son année.
© Stan Sakaï

L’anthologie Drawing Power : Women’s Stories of Sexual Violence, Harassment, and Survival dirigée par la militante féministe de la première heure Diane Noomin ; la prodige Tillie Walden dont notre chroniqueuse Lise Lamarche, sur ActuaBD, n’avait pas manqué de signaler la singularité et le talent.

Le très touchant They Called Us Enemy par George Takei, Justin Eisinger, Steven Scott, et Harmony Becker traduit en France chez Futuropolis sous le titre Nous étions les ennemis.

"Nous étions ennemis" de {{George Takei, Justin Eisinger, Steven Scott, et Harmony Becker (Futuropolis) : primé à San Diego !

Ou encore Cats of the Louvre (les Chats du Louvre) par Taiyo Matsumoto produit par le même éditeur parisien.

Paul Léautaud disait que «  le nationalisme fabrique les imbéciles ». Ce n’est pas faux, mais on aurait voulu quand même entonner un petit « cocorico »…

"Les Chats du Louvre" par Taiyo Matsumoto. Un titre créé à l’initiative de Futuropolis.

Voici le palmarès 2020 des Eisner Awards :

Meilleure Histoire Courte
Hot Comb, par Ebony Flowers.
Meilleur numéro/one shot
Our Favorite Thing Is My Favorite Thing Is Monsters, par Emil Ferris.
Meilleure série en cours
Bitter Root, par David Walker, Chuck Brown, et Sanford Greene.
Meilleure série limitée
Little Bird par Darcy Van Poelgeest et Ian Bertram.
Meilleure nouvelle série
Invisible Kingdom, par G. Willow Wilson et Christian Ward.
Meilleure publication pour enfants (à partir de 8 ans)
Comics : Easy as ABC, par Ivan Brunetti.
Meilleure publication pour enfants (9 à 12 ans)
Guts, par Raina Telgemeier.
Meilleure publication pour les ados (13 à 17 ans)
Laura Dean Keeps Breaking Up with Me, par Mariko Tamaki et Rosemary Valero-O’Connell.
Meilleure série humoristique
The Way of the Househusband, vol. 1, par Kousuke Oono.
Meilleure anthologie
Drawing Power : Women’s Stories of Sexual Violence, Harassment, and Survival, dirigé par Diane Noomin.
Meilleure adaptation d’une histoire vraie
They Called Us Enemy, par George Takei, Justin Eisinger, Steven Scott, et Harmony Becker.
Meilleur album (nouveauté)
Are You Listening ? par Tillie Walden.
Meilleur album (réimpression)
LaGuardia, par Nnedi Okorafor et Tana Ford.
Meilleure adaptation d’un autre média
Snow, Glass, Apples, par Neil Gaiman et Colleen Doran.
Meilleure édition américaine d’une publication internationale
The House, par Paco Roca.
Meilleure édition américaine d’une publication asiatique
BEASTARS, par Paru Itagaki.
Cats of the Louvre, par Taiyo Matsumoto.
Witch Hat Atelier, par Kamome Shirahama.
Meilleure collection d’archives - comic strips
Krazy Kat : The Complete Color Sundays, par George Herriman, dirigé par Alexander Braun.
Meilleure collection d’archives - comic books
Stan Sakai’s Usagi Yojimbo : The Complete Grasscutter Artist Select, par Stan Sakai, dirigé par Scott Dunbier.
Meilleur scénariste
Mariko Tamaki, Harley Quinn : Breaking Glass, Laura Dean Keeps Breaking Up with Me, Archie.
Meilleur auteur/dessinateur
Raina Telgemeier, Guts.
Meilleur artiste/encreur ou meilleure équipe artiste/encreur
Christian Ward, Invisible Kingdom.
Meilleur artiste de couverture
Emma Rios, Pretty Deadly.
Meilleure colorisation
Dave Stewart, Black Hammer, B.P.R.D. : The Devil You Know, Hellboy and the BPRD, Gideon Falls, ; Silver Surfer Black, Spider-Man.
Meilleur lettrage
Stan Sakai, Usagi Yojimbo.
Meilleur journal/périodique lié au domaine des comics
Women Write About Comics, édité par Nola Pfau et Wendy Browne.
Meilleur livre sur la bande dessinée
Making Comics, par Lynda Barry.
Meilleur travail académique
EC Comics : Race, Shock, and Social Protest, par Qiana Whitted.
Meilleur design de publication
Making Comics, designé par Lynda Barry.
Meilleure série numérique
Fried Rice Comic, par Erica Eng.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
Participez à la discussion
1 Message :