Émile Bravo : « Si je me mettais à dessiner sans avoir d’histoire à raconter, ce serait comme écrire une suite de mots sans signification. »

10 octobre 2011 24 commentaires
  • L’auteur des {Épatantes Aventures de Jules} nous parle de la création de son dernier album « {Un Plan sur la comète}», de son rapport au dessin, des adultes encore adolescents, des enfants déjà adultes et de la bande dessinée tous publics. Un entretien résolument cartésien.

Cinq ans depuis le dernier album de Jules. Les lecteurs ont dû être patients. Pourquoi ce long silence ? Le besoin de se ressourcer dans la recherche du bon scénario et de la bonne idée ?

Voilà, c’est exactement ça. Entretemps, il y a eu Spirou, le journal d’un ingénu qui m’a pas mal occupé. Mais à vrai dire, j’attendais d’avoir la bonne idée. Depuis le départ, je savais de quoi je voulais parler, mais il fallait étoffer le scénario, attendre d’avoir tous les éléments à la bonne place. Ça arrive quand ça arrive, je ne travaille pas à la commande. Il faut que ce soit simple et naturel, pour que mon histoire soit fluide et logique. Parfois, quand il manque des éléments, il vaut mieux laisser reposer, le temps que l’idée mûrisse, et à un moment, ça apparaît.

Émile Bravo : « Si je me mettais à dessiner sans avoir d'histoire à raconter, ce serait comme écrire une suite de mots sans signification. »
"Un plan sur la comète", le sixième album des "Epatantes aventures de Jules"
© Emile Bravo - Dargaud

Vous écrivez le scénario complet avant de vous lancer dans la réalisation de l’album ? Ou bien travaillez-vous par séquence ?

Non, il faut que le récit soit complet. Là, exceptionnellement, vu que Un plan sur la comète a été prépublié dans le journal Spirou, j’ai du réécrire 3 ou 4 fois la fin de l’aventure. Quand la prépublication a commencé, j’avais une fin, mais elle ne me convenait pas totalement. Je l’ai retravaillée, mais je savais où j’allais, je n’improvise pas.

Pensez-vous que l’arrivée de Jules dans les pages de Spirou vous a amené un nouveau lectorat ?

Je ne sais pas du tout. Quoiqu’il en soit, il y a toujours du réassort sur les précédents tomes, les ventes augmentent peu à peu. Peut-être que le lectorat de Spirou est venu s’ajouter… Je ne sais pas. C’est comme quand on reçoit un prix, c’est très difficile d’évaluer s’il apporte de nouveaux lecteurs. Je n’en sais rien.

Chaque épisode parle de science, d’éthique,… Toujours avec une dose d’humour. Êtes vous d’accord si je vous dis que Jules est sans doute la série la plus cartésienne de la bande dessinée jeunesse ?

Oui je veux bien de cet adjectif ! Tant qu’il y a aussi de la fantaisie derrière. Moi j’aime que les choses soient basées sur des faits et j’aime construire sur du solide. Je suis hyper cartésien : j’ai besoin de construction et pour construire, il faut une bonne base. Après tu peux l’alimenter de tout ce que tu veux. Tu peux rigoler, être cartésien n’empêche pas de rire évidemment ! J’étais déjà comme ça étant gamin : c’est un âge où l’on a besoin de se rassurer et de connaître la vraie nature des choses. Être cartésien n’est certainement pas une insulte pour moi !

La planche 23 pas à pas : le crayonné
© Emile Bravo - Dargaud

Après le clonage, la mort, la religion dans les précédents volumes, le fil conducteur d’« Un plan sur la comète », c’est le système capitaliste et certains de ses acteurs, comme les milliardaires des pays de l’Est, les présidents avides d’argents et de paillettes… Il y a de nombreuses passerelles avec l’actualité. Est-ce que Jules est votre tribune sur le monde ?

Au delà de tout ce discours, ce qui m’intéresse c’est de parler de ma biosphère. Ma planète, celle que j’aime, celle qui m’a construite. Tout ce qui se passe autour, ce sont les dérives de notre système. Mais pour répondre à votre question : oui, Jules est ma tribune. Ça m’aide à… (long silence)

...à l’accepter ?

Non pas l’accepter, mais la montrer aux enfants. Leur dire : regardez le monde dans lequel vous vivez. C’est pour les préparer. Et sans doute qu’ils auront envie de le changer ! Je simplifie et je résume le monde dans lequel ils devront évoluer. La bande dessinée est un excellent vecteur pour raconter les problèmes sociaux.

Une chose remarquable dans la série Jules, c’est que jamais vous ne vous adressez aux enfants de manière puérile. Vous leur parlez presque d’adulte à adulte…

C’est sûr. Quand j’étais môme, je détestais qu’on m’infantilise, qu’on me parle comme à un gamin. Les adultes qui m’intéressaient, c’étaient ceux qui me parlaient normalement. Ça me donnait l’impression d’être considéré. Quand on est un enfant, on a besoin d’être considéré. On n’est pas débile quand on est gosse. On se pose souvent déjà les questions que l’on va se poser toute notre vie ! Si on a des adultes pour nous répondre, ça donne confiance en soi. C’est ça le véritable apprentissage. On se forme et on se révèle. Je ne comprends même pas qu’on puisse parler à un gosse comme à un débile.

La planche 23 pas à pas : l’encrage
© Emile Bravo - Dargaud

Pourtant, si on fait un tour d’horizon des séries jeunesse en BD, plus de la moitié parlent aux enfants de cette manière...

Je pense que c’est parce que les auteurs qui font ça ont oublié leur enfance. Je dis souvent qu’être adulte, c’est renouer avec son enfance. Ceux qui prétendent parler aux enfants de cette manière sont des adolescents attardés, qui pensent que l’enfance est un truc débile, comme on le pense lorsqu’on est ado. On renie son enfance en disant : « j’étais bébé, maintenant je suis un homme, un vrai ». Tant que tu cherches à t’affirmer, tu n’es pas fini. C’est ça le truc. C’est la même chose avec ces gouvernants dont on parlait tout à l’heure… Ce sont des adolescents attardés. Un mec qui fout des talonnettes parce qu’il a besoin de se sentir homme, qui cherche le pouvoir absolu, qui veut s’occuper de tout, j’appelle ça un adolescent ! Un type qui veut montrer à son pays qu’il est un homme en séduisant des dizaines de femmes, c’est un adolescent. Un type qui se fait manipuler par le monde de la finance en étant un inculte total et qui est capable d’envahir d’autres pays parce qu’il est niais, c’est un adolescent aussi !

Nous sommes donc gouvernés par des adolescents ?

Carrément ! En fait, la preuve, moi qui suis auteur de BD, je peux vous en parler. Un monde qui renie le dessin comme mode d’expression, en considérant la bande dessinée comme puérile, c’est un monde d’adolescents. Merde, le dessin est un monde d’expression complètement naturel chez un enfant, c’est compatible avec l’écriture. C’est une forme d’écriture. Celui qui me dit que le dessin est puéril, je ne l’appelle pas adulte. Il n’a pas compris que c’est une écriture universelle, très complète. Tout un système qui rejette un mode d’expression en le disant puéril, c’est un système adolescent. Encore une fois, c’est l’adolescent qui renie son enfance, en disant : « maintenant c’est fini, je ne dessine plus, j’écris ».

Certains librairies ont surnommé Jules, le Tintin du vingt-et-unième siècle. J’ai l’impression que comme pour vous amuser de ce surnom élogieux, dans «  Un plan sur la comète », vous multipliez les clins d’oeils à Tintin

Tout d’abord, j’ai beaucoup aimé Tintin, ça m’a formé. Ensuite, ce clin d’œil est finalement très logique. Il y avait tous les éléments qui rappelaient Tintin : un yacht, des milliardaires, un bal masqué, des extraterrestres… Fatalement, je ne pouvais pas passer à côté ! Ce sont des réminiscences. On n’invente jamais rien. Finalement, on digère les choses, et elles ressortent d’une manière ou d’une autre. Quand elles sont évidentes comme ça, il ne faut pas s’imaginer qu’on a inventé quelque chose. Il vaut mieux jouer avec le clin d’œil. En plus, tout le monde connaît Tintin. C’est amusant.

La planche 23 pas à pas : mise en couleurs
© Emile Bravo - Dargaud

Et puis la mise en abyme est drôle. Jules lui-même se rend compte que ce qu’il vit lui rappelle une BD…

Surtout quand Janet lui dit : « c’est bien le moment de penser à la bande dessinée ». C’est le genre de chose qui me fait rire ! On peut lui pardonner cette remarque, elle est anglaise, elle n’y connaît rien à la BD ! (rires).

J’ai justement épinglé une phrase de Janet aux extraterrestres… Elle dit : « Plaider la cause de la Terre ? Mais nous ne sommes que des enfants ! ». Et les extraterrestres lui répondent : « Parce que tu crois peut-être qu’il y a des adultes sur Terre ? ». Ça résume parfaitement l’esprit de la série. A ce sujet, ça ne vous chagrine pas que la BD jeunesse soit si sous-estimée ?

Je pense que quand une BD jeunesse est mûre, c’est de la BD adulte. Et vice versa. Une bonne bande dessinée d’adulte doit être lisible par des enfants. Exactement comme un classique de littérature l’est. Ces classiques n’ont pas été faits pour les enfants, et pourtant on demande de les étudier au collège. Aujourd’hui, le problème est qu’on mélange encore BD pour adultes et BD pour adolescents. Les albums avec sexe et violence c’est un truc masturbatoire. Un adulte, ça lui tombe des mains un truc comme ça, c’est pas possible. Un adulte peut apprécier un classique pour enfant : Hergé, Franquin ou Goscinny, ça comporte plein de niveaux de lecture. Je cite aussi souvent en exemple Maus d’Art Spiegelman. Ça peut être lu par des enfants. Il a zoomorphisé les personnages et grâce à ce graphisme stylisé, il peut raconter et montrer l’horreur. Il a réussi à la rendre visible graphiquement, car c’est ton cerveau qui doit décoder l’horreur. Je pense particulièrement à l’image de la fosse avec les rats qui brûlent. C’est une image terrifiante, mais tu peux la voir. Si c’était dessiné de manière réaliste, ce serait obscène. Si c’était écrit avec des mots, ce serait obscène aussi. C’est ça la force de la BD. Voilà une BD adulte ! Elle est aussi lisible par les enfants ! Et puis, quel pouvoir éducatif. Persépolis de Marjane Satrapi réunit aussi ces qualités, en racontant la construction d’une enfant. C’est également une BD d’adultes que beaucoup d’enfants ont lue. C’est ça une vraie bande dessinée mûre.

Un extrait de "Un plan sur la comète"
© Emile Bravo - Dargaud

Avec Jules, vous avez l’impression de renouer avec votre enfance ?

Oui, je pense répondre à plein de questions que je me posais étant enfant.

Alors, vous êtes plus Jules ou plutôt Janet ?

Les deux ! Je suis tous les personnages. Je suis le frère crétin aussi ! (rires). La clé d’une bonne BD, c’est de jouer avec tous les personnages. D’avoir de l’empathie.

Depuis peu, on retrouve Jules dans les pages de Spirou

On va parler du passé, avant de parler du futur. Comment avez-vous digéré le succès de Spirou, le journal d’un ingénu ? Beaucoup de gens vous ont découvert par ce biais. Ce doit être un sentiment mitigé : content d’être estimé pour ce travail et énervé de se dire, pourquoi on ne m’a pas vu avant ?

Ça m’a effleuré l’esprit, mais je ne ressasse pas ce genre de chose. Je n’ai pas grand-chose à en dire, si ce n’est tout simplement : si Spirou a aidé à faire connaître Jules, c’est génial.

Il semble qu’une adaptation cinématographique de Ma Maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill soit en cours. Un casting des voix a déjà été annoncé dans la presse people. Qu’en est-il ?

Je m’en occupe de loin, c’est Jean Regnaud, le scénariste, qui s’implique. Nous n’en sommes qu’au stade du projet. Les producteurs cherchent de l’argent et des financements. Ils ont sorti un pitch pour que des investisseurs mettent des billes là-dedans. Mais à vrai dire, je pense qu’il y a autant de différence entre la bande dessinée et le film d’animation, qu’entre la littérature et le cinéma. C’est vraiment un autre métier. Là par exemple, Jean a fait un scénario, adapté de notre album, et ça n’a plus rien à voir. Pour moi, c’est une autre histoire. Mais bon, comme c’est l’histoire de Jean, c’est lui qui a le dernier mot.

Est-ce que vous faites partie des dessinateurs compulsifs ? Est-ce que vous avez toujours un crayon sur vous ?

D’abord, je ne me considère même pas comme un dessinateur. Mon dessin sert simplement à raconter des histoires. Si je me mettais à dessiner sans avoir d’histoire à raconter, ce serait comme écrire une suite de mots sans signification.

Un extrait de "Un plan sur la comète"
© Emile Bravo - Dargaud

Pour vous, il s’agit donc d’un dessin-écriture ?

Voilà, c’est ça. Quand je vois de vrais dessinateurs, ceux qui ont un besoin viscéral de dessiner, je ne peux pas me considérer comme un dessinateur. Quand tu connais Christophe Blain, Blutch ou Emmanuel Guibert, tu te dis que tu n’es pas un dessinateur, c’est clair !

Admettons. Votre dessin a tout de même des qualités en termes de clarté et de mise en scène…

Peut-être, mais au service d’une histoire. Après faire un dessin pour faire un dessin, ça me semble un peu vain… J’ai besoin de raconter quelque chose et je suis trop feignant pour faire du croquis.

Vous commencez tout de même par un découpage crayonné…

C’est une étape. Dans mon crayonné de découpage, il y a tout : textes, attitudes et expressions des personnages. Le reste, c’est de l’artisanat. En fait, l’art dans la bande dessinée, il est là. Dans la création, dans l’écriture. Le reste, c’est de la technique. Comme je le dis souvent, si tout le monde continuait à dessiner, tout le monde trouverait ses codes pour dessiner. Au départ, quand on est enfant, on écrit tous de la même manière avec des lettres rondes, et puis chacun trouve son style. Le dessin, ce devrait être pareil. Tout le monde devrait savoir dessiner bordel !

Quel est le livre qui vous a donné l’envie de faire ce métier ?

Question difficile, car vous savez bien que tout est construction. Je me suis décidé à faire ce métier vers 18 ans. À cette époque, j’aimais beaucoup les romans de Joseph Kessel, c’était l’aventure. En BD, il y avait Hugo Pratt. En lisant ça, je me suis dit qu’il y avait moyen de raconter des trucs forts et se rapprocher de cette littérature que j’aimais.

© Hergé - Moulinsart - Casterman

Mais bon, il est clair que sans Franquin , sans Hergé je ne serais rien. Peut-être que c’est aussi à cause de Tintin au Tibet que je fais de la BD. C’est l’album qui m’a suivi pendant toute mon enfance. Je continue à l’ouvrir régulièrement. En fait, il me terrorisait.

Vous aviez peur du Migou ?

Oui, bien sûr. Le Migou c’est une créature affolante ! J’avais aussi peur des statues des dieux du panthéon bouddhiste. Ces statues me terrifiaient. Avec le recul, j’ai l’impression que j’avais besoin de relire cette histoire encore et encore pour absorber ma peur ! Mais enfin, Tintin au Tibet : la sagesse, l’amitié, quel bouquin magnifique !

(par Morgan Di Salvia)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Photo en médaillon © M. Di Salvia

Un plan sur la comète - Par Emile Bravo - Dargaud

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A propos d’Emile Bravo, sur ActuaBD :

> Emile Bravo, prix des libraires 2008

> Spirou, les origines d’un ingénu

> Spirou, les septante ans d’un groom

> Une épatante aventure de Jules T3, T5

> Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill

 
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24 Messages :
  • Êtes-vous bien sûr de "La planche 23 pas à pas : le crayonné" ? Ça ressemble davantage à un story-board...

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    • Répondu par joel le 10 octobre 2011 à  10:52 :

      "On va parler du passé, avant de parler du futur ?"

      du coup rien sur le futur !

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    • Répondu le 10 octobre 2011 à  12:14 :

      Je n’aime pas le terme story-board utilisé pour la bande dessinée. C’est un terme pour le cinéma d’animation et le cinéma. Des images du même format avec le dialogue et les indications techniques, sonores... dessous. Là, ne parlons pas de crayonné non plus mais de découpage ou de scénarimage s’il n’y a pas un synopsis ou l’équivalent de séquencier (terme cinéma) avant. Un crayonné, c’est plus poussé que ça. Là, les élémants sont mis en place sommairement.Je n’aime pas qu’on utilise un terme approximativement parce qu’ensuite, un croquis passe pour un dessin et un dessin pour un croquis et tout est mis sur le même plan et on compare ce qui n’a pas à l’être et le travail de critique devient imbécile.

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      • Répondu le 10 octobre 2011 à  15:47 :

        Un crayonné, c’est plus poussé que ça.

        Pas nécessairement, un crayonné peut être succinct, ça laisse tout le loisir de dessiner à l’encre plutôt que recopier servilement un crayonné immuable.

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        • Répondu le 10 octobre 2011 à  17:55 :

          mouais... à condition d’être virtuose... et même un virtuose, à partir d’un crayonné poussé ne le recopie pas servilement (Franquin par exemple). Ce que vous avancez me rappelle une bonne vieille théorie de Joann Sfar : un dessin avec un crayonné c’est un dessin raté parce qu’il faut que l’imagination fonctionne et blablablabla... C’est valable pour lui mais pas pour tous.

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          • Répondu le 10 octobre 2011 à  22:55 :

            à condition d’être virtuose...

            Mais non, pas question d’être "virtuose" il suffit d’être dessinateur, un crayonné c’est une mise en place, crayonner les pleins et les déliés comme le faisait Franquin est inutile (et un peu stupide). Morris comme Pratt et bien d’autres ne crayonnaient qu’une mise-en-place, et entre ce que théorise Sfar et ce qu’il fait à sa table à dessin, il y a un monde (et vu ses derniers bouquins il ferait mieux de moins théoriser et de plus bosser).

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            • Répondu le 11 octobre 2011 à  07:29 :

              Comparer Pratt, Morris et Franquin, c’est absurde. Ils ne dessinent pas du tout de la même manière. Ceci dit, Franquin est le plus précis des 3 ce qui explique que ses crayonnés précis lui étaient nécessaires.

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            • Répondu le 11 octobre 2011 à  09:41 :

              entre ce que théorise Sfar et ce qu’il fait à sa table à dessin, il y a un monde (et vu ses derniers bouquins il ferait mieux de moins théoriser et de plus bosser).

              Seulement les derniers ?

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              • Répondu le 11 octobre 2011 à  12:09 :

                Et vous ne croyez pas que ses crayonnés succincts peuvent expliquer la déliquescence de son dessin et de son écriture ? Après, tout, plus on a tendance à verser dans l’approximatif et l’improvisation, plus on se laisse aller et moins l’exigence est au rendez-vous, non ?

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                • Répondu par Bob le 11 octobre 2011 à  14:34 :

                  Il y a un effet Godwin particulier sur actuabd (vous savez, cette théorie qui voudrait que toute discussion contradictoire finisse par parler de nazi et de facho) : ici on finit toujours par parler de Sfar, quelque soit le sujet de départ.

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                  • Répondu le 11 octobre 2011 à  17:38 :

                    Parce qu’il a parlé plus que les autres et a imposé avec Trondheim, Menu et compagnie un discours qui a désigné ce qui devait être moderne ou pas. Pour ma part, j’estime que le Travail de Bravo est nettement au-dessus de celui des ses anciens collègues de l’atelier des Vosges.

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    • Répondu par Morgan Di Salvia le 10 octobre 2011 à  13:26 :

      Relisez l’entretien, vous aurez la réponse à cette question.

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      • Répondu par Frencho-id le 10 octobre 2011 à  15:23 :

        Relisez l’entretien, vous aurez la réponse à cette question.

        En effet, Bravo le qualifie de « crayonné de découpage » ; ça m’avait échappé.

        Par ailleurs, qui donc a écrit la réponse :

        Je n’aime pas le terme story-board utilisé pour la bande dessinée. (...)

         ?

        Répondre à ce message

  • retard
    10 octobre 2011 12:29, par LR+CV

    Parfois, quand il manque des éléments, il vaut mieux laisser reposer, le temps que l’idée mûrisse, et à un moment, ça apparaît.

    Vous avez énormément de chance d’avoir un éditeur compréhensif . Mon dessinateur et moi même, pour un retard de neuf (9) jours dû à une foulure, avons reçu une virulente lettre recommandée, à ce point agressive, par le conseil de notre éditeur, que nous avons cru un moment à une farce. Non hélas, elle était bien réelle et ultra menacante. Au final en rétorsion, pour bien stigmatiser notre faute collossale, la Mise en Place a été réduit de 2000 ex !!
    Auteurs mes frères, ne soyez JAMAIS malade, ou ayez chance d’avoir un éditeur humain ou simplement qui ne vous considère pas comme un simple fournisseur.

    Répondre à ce message

    • Répondu par rz le 10 octobre 2011 à  16:23 :

      se dire "auteur", c’est aussi savoir créer et des relations intelligentes avec son éditeur...

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      • Répondu le 12 octobre 2011 à  19:16 :

        se dire "éditeur", c’est aussi savoir créer des relations intelligentes avec son auteur...

        Répondre à ce message

    • Répondu le 15 octobre 2011 à  22:44 :

      "Au final en rétorsion, pour bien stigmatiser notre faute colossale, la Mise en Place a été réduit de 2000 ex ". Mouais...vous ne croyez pas que le retard de 9 jours est le pretexte qui sert à l’éditeur pour réduire le tirage au vu de la conjoncture incertaine ?

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      • Répondu par Frencho-id le 17 octobre 2011 à  15:43 :

        Vous confondez tirage et mise en place.

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  • Quel bonheur de lire des choses aussi intelligentes à propos de bande dessinée jeunesse et d’adultes-adolescents !

    C’est rare et ça fait du bien.

    Merci Émile.

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  • Dans la publicité télé de Groupama ils ont repris les extraterrestres de Bravo, trait pour trait. J’espère qu’il a donné son aval, que ce n’est pas un plagiat comme les martiens de Pat Mallet pour Lustucru.

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    • Répondu par grelots le 11 octobre 2011 à  14:17 :

      Salut, je ne vois pas de quelle pub tu parles ?
      Avec Cerise ?
      Si tu as un lien "youtube" ou autres...
      Merci

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      • Répondu par Frencho-id le 17 octobre 2011 à  15:52 :

        C’est une question de générations : cette affaire commence à dater. Pat Mallet avait créé le personnage d’un martien qu’on a retrouvé tel quel dans une campagne de pub à grand succès des pâtes Lustucru. On a dit qu’il s’est agi d’un plagiat, mais dans cette page on découvre qu’en 2004 (soit 20 ans plus tard, certes) la directrice du marketing de Lustucru Frais s’appelle... Sandrine Mallet ! Encire un hasard nécessaire ?

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        • Répondu le 17 octobre 2011 à  17:08 :

          N’importe quoi, c’est quoi le rapport à part une homonymie 30 ans après le plagiat ?

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