Empereur Joker - Par Jeph Loeb, J. M. DeMatteis, Joe Kelly et Ed McGuinness (trad. Mathieu Auverdin) - Urban Comics

6 mars 2014 2 commentaires
  • Superman emprisonné à Arkham? Comme le plus grand criminel du monde? Que s'est-il donc produit pour qu'on en arrive là? Voici un album qui propose une opposition inattendue, mais malheureusement trop décousue, entre l'Homme d'acier et la némésis de Batman .

Chaque jour, Superman s’enfuit d’Arkham où il est retenu prisonnier et chaque jour, Bizarro se précipite pour le remettre derrière les verrous. Lois n’est plus que Mlle Lane, peu scrupuleuse présidente de Lane Corp, tandis que Supergirl s’est faite nonne et que Superboy vend des hamburgers... Tel est le monde renversé dans lequel erre l’Homme de demain !

Empereur Joker - Par Jeph Loeb, J. M. DeMatteis, Joe Kelly et Ed McGuinness (trad. Mathieu Auverdin) - Urban Comics
Superman, criminel recherché ?
© Urban Comics / DC Comics

C’est que le Joker a remanié l’ensemble de la réalité grâce aux pouvoirs de Mr. Mxyzpltk, le facétieux lutin de la 5e dimension ayant eu la bonne idée de les lui prêter juste pour s’amuser du résultat. Un monde à l’image du Joker donc, discontinu, sans queue ni tête, exubérant et irrationnel.

Si le point de départ apparaît extrêmement alléchant, le résultat se révèle décevant à plusieurs niveaux. Trop lent à se mettre en place (le Joker arrive tardivement), l’intrigue se perd en péripéties qui relèvent davantage d’une suite de sketchs que d’une véritable narration. Le final, qui veut ainsi conférer à cette longue histoire une portée cosmique, toujours traité sur le ton décalé qui caractérise l’ensemble du volume, tombe à plat et peine à convaincre.

Le Monde selon le Joker
© Urban Comics / DC Comics

En revanche le parti-pris d’un Joker démiurge délirant engendre de multiples détournements détonants (La Ligue de Justice est ainsi savoureusement grimée) et offre diverses situations parfois franchement hilarantes (calvitie de Lois Lane, visite des enfers, version animalière de quelques héros ou encore Superman devenu acteur dans une production cinématographique du Joker).

Empereur Joker fait le pari de la profanation des icônes. L’intention est louable et certaines scènes valent le détour. Mais la dimension patchwork du projet, sans doute liée à la quantité de scénaristes et de dessinateurs impliqués, lui coûte une unité pourtant nécessaire à un récit d’une telle ampleur.

Loïs Lane, ses perruques et ses serviteurs : le personnage dans un tout autre registre,
© Urban Comics / DC Comics
La nonne Supergirl devenue ange, un temps seulement...
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Ce que d’éminents membres de la Ligue de Justice sont devenus dans l’univers du Joker...
© Urban Comics / DC Comics
Superman dans une bien perverse production
© Urban Comics / DC Comics

(par Aurélien Pigeat)

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