Empress – Par Mark Millar & Stuart Immonen – Panini Comics

5 juin 2017 0 commentaire
  • Nouvelle addition au Millarworld : accompagné du talentueux dessinateur Stuart Immonen, le scénariste-star Mark Millar s'essaye à la science-fiction ayant pour cadre l'espace infini.

Le prolifique Mark Millar continue de nous proposer de nouvelles séries, accompagné comme toujours d’un dessinateur de talent. Cette fois-ci, c’est l’artiste Stuart Immonen qui crée à ses côtés cette toute nouvelle aventure de science-fiction ayant pour cadre l’espace [1].

L’intrigue est assez singulière s’il en est. L’album tient son nom de l’impératrice Emporia, femme du tyran Morax qui règne avec violence sur une large partie de l’univers depuis la Terre. Loin de se satisfaire de sa vie et de son époux violent, Emporia décide de s’échapper de la cour avec ses trois enfants, pour qu’ils n’aient plus à grandir sous la férule de leur père si infâme. Consciente que son projet la condamne à mort, elle s’appuie uniquement sur l’aide de son garde du garde, l’efficace Dane Havelock, pour s’enfuir en toute discrétion avec sa famille...

Empress – Par Mark Millar & Stuart Immonen – Panini Comics
Les mises à mort conduites par le tyran Morax ne semblent pas du goût de sa femme... Difficile contexte pour élever des enfants !
© Millarworld Limited & Immonen Illustrations, Inc.

La famille, voici donc le thème central de cette nouvelle histoire de Mark Millar ; un thème classique pour le genre de la science-fiction mais que Mark Millar parvient à traiter, comme à son habitude, avec efficacité. La fuite d’Emporia ne passant pas inaperçue, c’est une chasse à l’homme à travers l’espace et de planète en planète qui est menée ; chaque nouveau contexte ne se privant pas de mettre à l’épreuve Emporia et ses enfants. Grâce à un robot qui a un pouvoir de téléportation incroyable (imaginez des pouvoirs et des règles similaires à un Diablo sous vitamines des X-Men et on s’approche férocement du résultat), ces menaces se succèdent on ne peut plus vite au fil des planètes !

Sur le plan du spectacle, le lecteur a relativement son compte, les échanges de coups de blasters et les menaces propres à chaque planète ne manquant pas de mettre en avant les capacités de la petite bande. Ainsi, si le garde du corps Dane Havelock apparaît d’emblée comme une bête de guerre hors compétition dès qu’il s’agit de manier un blaster, la fille aînée d’Emporia, la princesse Aine, se révèle être une experte du combat à mains nues : un tel duo permet naturellement d’offrir régulièrement au lecteur son lot d’action. Ils ne sont toutefois pas seuls : le prince cadet Adam pouvant quant à lui construire n’importe quelle machine selon les matériaux qui lui tombent sous la main. Dès lors, l lui arrive parfois d’obtenir un engin de mort impressionnant entre les mains pour se sortir de situations compliquées !

Sur le plan de l’écriture des personnages, on reste là quelque peu sur notre faim. Si, globalement, le pari du thème familial est tenu, notamment grâce aux tensions chroniques entre Emporia et son aînée (qui lui reproche d’avoir quitté son père car elle suppose que son garde du corps est son amant), le lecteur n’est amené que ponctuellement à découvrir des situations à même de susciter de l’empathie pour cette mère et ses enfants, ou à ressentir l’amour familial qui existe entre eux. C’est assez bien à nos yeux, mais on en attendait davantage.

En ce qui concerne l’intrigue, là encore, on se retrouve avec une sensation que le contrat est rempli, mais que l’on aurait pu aller plus loin avec le sujet. Particulièrement ici, Mark Millar utilise beaucoup le concept du « fusil de Tchekhov » : n’importe quel élément évoqué par les personnages dans leurs tirades trouve sa répercussion à un moment précis dans la suite du récit. Autant pour certains retournements de situation, c’est bienvenu et agréable à lire, autant pour d’autres, on ressent le Deus Ex Machina assez facile pour les personnages... Quoique, vue la fin ouverte que propose Mark Millar dans cet album, il se pourrait qu’il reparte pour un tour dans le futur avec ces personnages et qu’il creuse davantage les pistes qu’il a ici dégagées.

Empress se révèle être une lecture assez agréable, mais qui n’est pas non plus incontournable parmi le catalogue actuel de l’éditeur Panini, voire parmi les œuvres de Mark Millar en général. L’intérêt de cet album est réel, mais on sent que le scénariste peut aller encore plus loin sur le sujet. En tout cas, il est accompagné ici par de jolies planches de Stuart Immonen, même si son style nous a paru plus épuré que d’ordinaire.

(par Romuald LEFEBVRE)

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ppEmpress. Par Mark Millar (scénario) et Stuart Immonen (dessins). Traduction de Laurence Belingard. Panini Comics, collection Best of Fusion. Sortie le 3 mai. 200 pages. 22,00 euros.

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[1Stuart Immonen n’est pas étranger à ce sujet car il dessine ces dernières années, régulièrement, des épisodes pour une série de Jason Aaron... qui n’est rien d’autre que Star Wars !

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