Enseigner la BD en Belgique

2 mars 2005 1 commentaire
  • A la fin des années 60, la Belgique fut la première à créer un cycle d'études supérieures où la BD était enseignée, comme n'importe quel autre art. Avec le concours de deux auteurs enseignant la BD en Belgique, Cossu et Ferry, le Centre Belge de la Bande Dessinée nous donne à découvrir ces lieux où se fonde la BD de demain.

Enseigner la BD semble rétrospectivement une évidence, à l’heure où celle-ci est devenue une industrie. Pourtant, cet enseignement semble antinomique avec l’idée même de création. Dans l’image d’Epinal de l’artiste, on l’imagine seul, coupé du monde, créant son univers ex nihilo. La réalité est moins évidente : du studio au compagnonnage, elles sont nombreuses les formules qui ont permis l’éclosion de nouveaux talents.

Enseigner la BD en Belgique
Pierre Pourbaix
Professeur à Saint-Luc (Bruxelles). Photo : D. Pasamonik.

C’est ce que démontre cette expo qui rappelle que la BD s’enseigne en Belgique depuis 68 et que même de nombreux étudiants étrangers viennent y chercher les rudiments du 9ème art. La rigueur de l’enseignement ex cathedra a fait place aux techniques modernes de la pédagogie. Les cours apparaissent comme des ateliers où les contraintes scolaires s’effacent le mieux possible. Cela ne veut pas dire que les auteurs qui en sortent adhérèrent totalement aux méthodes employées. Philippe Francq, Andréas, Frédéric Bézian, Benoit Sokal... ont été les élèves de Schuiten et Renard à l’Atelier Saint-Luc de Bruxelles. Tous n’ont pas le souvenir d’un chemin jonché de pétales de roses. Mais force est de constater que de nombreux talents sont issus de l’officine bruxelloise qui publia leurs premiers travaux dans un annuel dirigé par Renard, intitulé « Le Neuvième Rêve »

Antonio Cossu
Professeur à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai. Photo : D. Pasamonik.

L’expo se veut un « instantané » de l’enseignement de la BD en Belgique aujourd’hui, étudiée soit en cours du jour ou du soir, soit intégrée ou non à des sections d’arts graphiques. On lui compte aussi des ateliers d’initiation ou de perfectionnement pour les enfants comme pour les adultes. On mentionnera certes les institutions comme l’École Supérieure des Arts Saint Luc à Bruxelles (d’où sont sortis Schuiten, Philippe Francq, Andréas...), l’Académie des Beaux-Arts J.J. Gailliard de Saint-Gilles (Bruxelles) créée par Eddy Paape, les enseignements néerlandophones Hogeschool Sint Lucas de Bruxelles (où sévit le facétieux Johan De Moor), la Hogeschool voor Wetenschap en Kunst Sint-Lucas de Gand, l’ Ecole Supérieure des Arts Saint-Luc de Liège (d’où est sorti le dessinateur du Marsupilami, Batem), l’Académie des Beaux-Arts de Tournai (animée notamment par Cossu)... Ainsi que, au-delà des écoles de BD officielles, d’autres institutions académiques telles que l’Académie des Beaux-Arts ou l’ERG à Bruxelles qui intègrent le 9ème art dans une formation plus générale dédiée aux arts graphiques, que ce soit la publicité ou le graphisme. Cette pluridisciplinarité garantit un débouché à l’élève, en même temps qu’elle enrichit le moyen d’expression en le professionnalisant.

Au travers de leurs travaux, mais aussi d’un reportage photographié de Daniel Fouss, c’est toute la BD de demain qui se déplie en polyptique. Peut-être un détour à faire pour se convaincre d’inscrire le petit dernier ou la petite dernière à une filière BD après le Bac.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Ecole, section BD — La Bande Dessinée enseignée en Belgique

Du 8 mars 2005 au 12 juin 2005

Au Centre Belge de la BD

20 rue des Sables - 1000 Bruxelles

tél +32 (0) 22.19.19.80

fax +32 (0) 22.19.23.76

Informations et Visites : visit@cbbd.be

ouvert tous les jours (sauf lundi) - de 10 à 18 heures

Site internet : http://www.cbbd.be

En médaillon : Photo de Daniel Fouss. (c) CBBD.

 
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1 Message :
  • > Enseigner la BD en Belgique
    9 janvier 2006 21:15, par probax

    Ah mais c’est très bien, ...mais inexact ! Philippe "Largo Winch" Francq a été mon élève (comme celui de Marc Sevrin) après l’époque Renard-Schuiten. J’ai passé 3 ans à lui dire : "Arrête-ça Philippe, la BD d’aventure classique, c’est fini..." Je ne suis pas peu fier de mon flair commercial...

    Cordialement,
    Pierre Pourbaix.

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