Et pour quelques dollars de perdus : Calfboy, par Rémi Farnos (La Pastèque)

25 janvier 2019 0 commentaire
  • Rémi Farnos réalise un western déjanté et réjouissant, où il est question de butin, de vengeance, de vol de chevaux et d'amitié. Un très bel ouvrage entre hommage et parodie, en lice pour le prix jeunesse au FIBD 2019.

Chris Birden se souvient très bien qu’il a enterré le butin du dernier braquage commis avec son frère. Le problème, c’est le lieu. Il revient sur ses traces dans l’espoir de retrouver la mémoire et le magot. Il fait la rencontre d’un orphelin à la langue bien pendue qui l’engage pour traquer un assassin dont la tête est mise à prix. L’improbable duo s’aventure dans le désert où bien des péripéties les attendent.

Et pour quelques dollars de perdus : Calfboy, par Rémi Farnos (La Pastèque)
Le découpage s’adapte au récit
© La Pastèque

Rémi Farnos a déjà été remarqué à plusieurs reprises pour la qualité de ses travaux innovants. Féru d’expérimentation, avec d’autres anciens élèves de l’EESI d’Angoulême il fonde les éditions Polystyrène autour de la manipulation comme principe narratif.

En duo avec Axel Chauvet, il réalise ainsi Thomas et Manon, un livre sous forme de cartes à combiner, un bel objet original. À la même période, son livre Alcibiade (Ed. La joie de lire) fait partie de la sélection jeunesse du FIBD en 2015. Malgré ses qualités indéniables, cet album était sans doute trop conceptuel pour emporter pleinement l’adhésion du jury, comme nous l’expliquait notre chroniqueur Charles-Louis Detournay.

© La Pastèque

Dans Calfboy, Rémi Farnos continue à bousculer les codes tout en maintenant une grande lisibilité. Comme dans Alcibiade, il utilise majoritairement le gaufrier. Parfois celui-ci représente un seul décor découpé en plusieurs cases où évolue le héros. Ce procédé est toujours utilisé à bon escient. Lorsque Chris s’aventure dans le désert pour cacher – ou plutôt perdre – le butin, le décor fragmenté suggère judicieusement l’immensité du désert et la perte des repères.

Pendant les conversations, les bords de cases disparaissent et les personnages, presque réduits à des bâtonnets, discutent sur un vaste espace blanc, comme dans un jeu de pantomime. Cela facilite la lecture tout en laissant la place aux dialogues, toujours savoureux.

Le dessin minimaliste et efficace est adapté au ton léger du récit. On sent l’influence d’un Trondheim et de l’Oubapo, avec juste ce qu’il faut d’absurdité et de jeu sur les contraintes. Il réalise un excellent ouvrage, enlevé et drôle, qui mérite pleinement sa sélection au FIBD 2019.

Voir en ligne : Visiter le site de Rémi Farnos

(par Lise LAMARCHE)

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