Fabien Nury : "Dans Katanga, je veux confronter le récit de mercenaires à la véritable horreur historique"

29 décembre 2018 0 commentaire
  • 2018 a été une année particulièrement riche pour Fabien Nury. Côté écran, il y a eu l'adaptation au cinéma de son diptyque "La Mort de Staline", ainsi que la saison 2 de sa série TV Guyane pour Canal +.

Au niveau BD, chez Dargaud, nous avons eu droit au printemps au troisième tome de "Tyler Cross", suivi de "Charlotte Impératrice" à la rentrée, pour terminer l’année avec l’album spécial "Vintage & Badass - Le cinéma de Tyler Cross" paru cet automne. Enfin, il débutera 2019 avec le tome final de la série "Katanga". Du lourd ! Nous passons en revue tous ces titres en compagnie du scénariste.

Fabien Nury : "Dans Katanga, je veux confronter le récit de mercenaires à la véritable horreur historique"
Charlotte Impératrice T.1 - La Princesse et l’Archiduc
Fabien Nury & Matthieu Bonhomme © Dargaud

L’un des temps forts de cette rentrée 2018 fut la parution de Charlotte Impératrice, une série en quatre tome que vous réalisez avec Matthieu Bonhomme. Comment s’est faite la rencontre avec cet auteur ?

Fabien Nury : Nous nous connaissons depuis longtemps, Matthieu Bonhomme et moi. Nous nous connaissons depuis le début des années 2000. Nous avons débuté notre carrière dans la BD à peu près au même moment. À l’époque, il travaillait sur la série Le Marquis d’Anaon, tandis que moi je cosignais les scénarios de la série W.E.S.T. Nous étions déjà bons copains et nous discutions projets. Un jour, je lui ai fait lire un scénar’ mais cela n’a pas donnée de suite car nous ne trouvions pas le terrain de jeu idéal. Le temps est passé, nous avons continué d’entretenir d’excellentes relations puis, les étoiles se sont alignées. J’avais écrit une ébauche de scénario sur Charlotte de Belgique, sans pour autant penser à Matthieu. Un jour, il me contacte et me demande ce que je faisais ? On s’est vu et durant la conversation, je lui ai parlé du scénario de Charlotte. Il a l’air emballé et me propose d’assurer le dessin de cette série. Mais la machine ne s’est pas mise en route tout de suite car à l’époque, il faisait son Lucky Luke et moi, je travaillais sur ma série TV Guyane dont j’assurais le scénario et aussi la réalisation de certains épisodes. Après, nous nous sommes retrouvé. J’avais quelques appréhensions car j’espérais écrire un scénario qui lui plaise. Il a aimé mon texte puis s’est mis à travailler sur le dessin de la série et là, la crainte a changé de camp. C’est lui qui a eu des appréhensions (rires). Mais j’étais très content de ses premières planches et c’est ainsi que nous avons poursuivi le projet Charlotte Impératrice.

Charlotte Impératrice T.1 - La Princesse et l’Archiduc
Fabien Nury & Matthieu Bonhomme © Dargaud

Dans le premier tome de Charlotte Impératrice, il y a une scène assez cruelle, qui illustre également les jeux de pouvoir qui se tramaient au sein de la belle-famille de Charlotte, la Maison de Habsbourg-Lorraine. Il s’agit de la séquence où le petit chien de Charlotte se fait tuer par le molosse de sa belle-sœur Sissi. Cette séquence est-elle basée sur une véritable anecdote ?

Il parait qu’il y a eu un accident canin au cours de la visite du couple Sissi et François-Joseph Ier à Ferdinand-Maximilien d’Autriche et Charlotte. Le sujet de la visite était de soumettre Max à leurs conditions. Moi, ça m’a toujours halluciné que le molosse bouffe le bichon et je me suis demandé si ce n’était pas un accident mais plutôt un attentat canin (rires) ? La métaphore est tellement forte et tellement claire qu’elle permet de couper toute discussion et cela nous donne aussi une séquence inoubliable en BD ! En plus, la mort du bichon en climax de l’album, c’est quelque chose d’original. C’est ainsi que nous avons monté ça en sauce. Nous avons rigolé comme deux petits anarchistes lorsque l’on a introduit le bichon et toutes les séquences où on le voyait car nous connaissions déjà le sort que nous lui réservions. On se souvient bien d’Hermann qui parlait de l’attachement que l’on peut ressentir vis-à-vis d’un teddy bear dans la série Bernard Prince. C’est très curieux tout l’attachement que l’on peut ressentir en tant que lecteur. On tombe sur une case où il y a cinquante personnes mortes mais on s’en fout mais lorsque l’on voit un chien mourir, tout d’un coup on est ému. C’est pour cela que nous avons imaginé cette séquence. Mais celle-ci trouve sa source dans deux lignes de la biographie de Charlotte qui disaient : “Il parait que cela s’est mal passé ; un chien a bouffé un autre chien”.

Matthieu Bonhomme
Photo : Christian Missia Dio

Autre détail intéressant c’est que Charlotte choisi librement l’homme qui deviendra son époux alors qu’à l’époque et dans ce genre de grande famille, les mariages étaient souvent arrangés. Elle épouse l’archiduc Maximilien dans ce premier tome, alors qu’il n’est pas le meilleur parti. Dans la suite de l’album, nous réalisons que cette union ne sera pas un mariage heureux. Finalement, on se dit qu’elle aurait peut-être été plus épanouis dans un mariage de convenance, ne pensez-vous pas ?

Oui mais en même temps, les sentiments de Charlotte sont vachement guidés, vachement aiguillés. Et puis Max est un plus mûr qu’elle, il est assez manipulateur ! Il lui décrypte bien toutes les manigances politiques qui se trament au début, il fait semblant de ne pas vouloir... bref, c’est un est redoutable dragueur ! Et puis, même si sa famille ne voit pas en Max le meilleur parti, il est quand-même un membre de la Maison des Habsbourg et pour eux, c’est tout ce qui compte. Cette union les fera tous entrer dans cette illustre famille européenne et donc, ils poussent Charlotte à accepter ce mariage. On peut voir que c’est une décision qui est mûrement concertée. Après, vous avez sans doute raison, elle aurait peut-être mieux fait d’épouser l’autre candidat. Mais il n’y aurait pas eu les albums. Je la remercie d’avoir épousé Max !

Quelle sera la thématique du prochain tome ?

Dans le tome 2, nous verrons que Max fera pschitt et il laissera une place à Charlotte, qui essayera de s’élever au niveau de la fonction d’impératrice du Mexique. Pourtant, ce n’est pas son rôle de gouverner mais elle fera son possible pour se montrer à la hauteur de la fonction et elle obtiendra même d’assez jolis succès. Le thème du T.2 sera son accession au pouvoir, mais ce sera aussi le début de sa chute.

Tyler Cross

Tyler Cross T.3 - Miami
Fabien Nury & Brüno © Dargaud

Une de vos autres sorties marquantes de 2018 aura été le troisième album des aventures de Tyler Cross. Pour l’occasion, vous avez situé l’intrigue à Miami. Pourquoi cette ville ?

Je cherchais un endroit qui soit encore pire que ceux déjà visité dans les deux premiers tomes, qui sont le bagne d’Angola et la petite ville ploutocrate de Black rock dans le Texas. L’immobilier à Miami m’a paru tout aussi sordide et je trouvais marrant que derrière cette image de carte postale “Sea, Sex & Sun”, je montre qu’il y a des cadavres de jeunes femmes dans tous les murs des immeubles de la ville. La formule “il n’y a pas une brique honnête dans cette ville”, prend tout son sens. Dans l’édition en noir et blanc de cette album, il y a un bonus qui explique que depuis la période de la Prohibition, la Floride s’est construite sur une base de crimes et de capitalisme effréné qui est assez dantesque. Je trouvais que c’était un très bon univers pour un Tyler Cross. Ça nous permettait de renouveler car les deux premiers tomes avaient pour thématiques le western et le polar mais pour ce T.3, nous nous sommes dit que nous allions proposer un récit de pur crime dans les sixties. Du crime plus moderne et plus anguleux.

Tyler Cross fait son cinéma
Fabien Nury & Brüno © Dargaud

J’ai beau aimer les films de gangsters, j’ai l’impression que la série Tyler Cross est encore plus crapuleuse que ce que j’ai vu au cinéma. J’ai l’impression que c’est encore plus glauque. Est-ce dû au travail graphique de Brüno ?

(Fabien Nury sourit) Oh, vous êtes encore loin de la vérité ! Je vous conseille la lecture de American Desperado de Jon Roberts et Evan Wright, ainsi que Red Grass River de James Carlos Blake, ou des romans sur le trafic de chnouf ou sur la Prohibition... L’ampleur de la corruption dans l’État de Floride est tout à fait hallucinante ! Pour la noirceur, j’ai relu énormément les romans d’un auteur des 1950’s du nom de John D. MacDonald... le mec était franchement plus noir que nous, il était vraiment désespéré ! Et si vous allez au Texas avec un auteur tel que Jim Thompson, franchement c’est l’enfer sur terre. Je ne crois pas que l’on a été plus loin dans la noirceur que ces auteurs là, sincèrement pas. Par contre, nous avons une complicité avec les lecteurs qui nous permet d’aller plus vite, peut-être.

Brüno
Photo : Cécile Gabriel

Il y a deux changements dans cet album de Tyler Cross. D’abord, il n’est pas dans une situation désespérée, contrairement aux deux premiers albums. Dans les deux premiers tomes, il doit s’échapper tandis que là, il cherche simplement à récupérer son magot. Ensuite, il partage la vedette avec un autre personnage. Du coup, on ressent moins d’empathie pour lui.

Effectivement, le thème des deux premiers albums c’est l’évasion mais nous avions envie de changer de formule pour le T.3 car en vérité, Tyler n’est pas le héros de Miami, c’est la nana ! Nous avions envie de changer de point de vue car ce T.3 est un récit de braquage. Le mec arrive et cherche juste à réussir son casse mais c’est la vie des autres qui viennent polluer ses affaires. Mais le personnage important de cet album, c’est Shirley. C’est elle qui voit la réalité de son monde s’écrouler sous ses pieds et qui devra se battre pour survivre. Finalement, Tyler accepte presque de s’effacer devant elle et il lui confie une large partie de son magot pour l’aider à s’en sortir. J’ai trouvé que c’était assez sympa de découvrir cette facette là de ce personnage.

En gros, Tyler Cross est inspiré du personnage interprété par Clint Eastwood dans la trilogie de L’Homme sans nom (ou Trilogie du dollar, ndlr) de Sergio Leone. On ne sait pas d’où il vient, on ne sait pas grand chose de lui. Nous avons reproduit cette formule dans les deux premiers albums mais après, nous n’avions pas envie de nous retrouver dans une routine de rentier. Dans Pour une poignée de dollars, Clint Eastwood est seul mais dans les épisodes suivants, il partage l’affiche. Dans Et pour quelques dollars de plus, il y a Lee Van Cleef qui joue le rôle du Colonel Douglas Mortimer. Et dans Le Bon, la Brute et le Truand, il y a Eli Wallach qui campe le rôle de Tuco. Il parait que partager la vedette a fait râler Eastwood mais la formule fonctionne bien dans les films, son personnage partage assez bien la vedette. D’ailleurs, le héros du film Le Bon, la Brute et le Truand n’est pas le personnage que joue Clint Eastwood mais c’est Tuco, pour moi. Et bien pour Miami, nous avons fait un peu la même chose. Nous n’avions jamais développé autant un personnage féminin dans Tyler Cross et nous nous sommes dit qu’il serait plus intéressant que Tyler soit vu pendant un long moment, du point de vue de Shirley.

Vintage & Badass - Le cinéma de Tyler Cross
Fabien Nury & Brüno © Dargaud

Dans l’univers de Tyler Cross, vous venez aussi de publier l’album Vintage & Badass, toujours avec Brüno au dessin. Pourriez-vous nous parler de cette nouveauté ?

En fait, Brüno et moi n’avons pas envie de rentrer dans une routine de sortir un album de Tyler Cross par an. Nous avons envie de nous faire plaisir. Chaque album est un one-shot. Il peut s’écouler deux ou trois ans entre la sortie de deux albums mais peut importe puisque nous n’avons jamais laissé nos lecteurs avec une intrigue non terminée. Nous avons besoin de nous requinquer entre chaque publication. Nous ressentons le besoin d’investir de nouveaux univers mais tout cela demande du temps et du travail. Entre temps, nous avons aussi envie de faire d’autres bouquins. C’est comme cela que nous avons fait l’album Vintage & Badass - Le cinéma de Tyler Cross. Il s’agit des films qui nous ont inspiré pour cette série. Il y a la moitié des films qui sont américains mais le reste est composé de films français, asiatiques, anglais ou italiens mais tous ces films représentent notre vision du polar. C’est vraiment un panorama du polar à la Tyler Cross, donc nous sommes plus du côté du criminel que du policier. Le film le plus vieux que nous avons chroniqué c’est Je suis un évadé (1932) et le film le plus récent date de 2015. Donc, c’est à la fois une explication de ce qui nous motive dans Tyler Cross et c’est aussi un petit guide pour ceux qui aiment les même films que nous.

Katanga

Katanga T.3 - Dispersion
Fabien Nury & Sylvain Vallée © Dargaud
Album à paraître le 25 janvier 2019

En janvier 2019, vous publierez le troisième et dernier tome de la série Katanga, toujours dessinée par Sylvain Vallée. Le Katanga est une ex-province de la République Démocratique du Congo [1]. Le Congo-Kinshasa est l’ancienne colonie belge, vous êtes Français. Pourquoi vous êtes-vous intéressé à ce pays plutôt qu’à l’un des nombreux pays africains qui ont fait partie des colonies françaises ?

La notion de récit de mercenaires m’intéressait car, à titre de comparaison, les récits de guerre sont en fait de la propagande. Quand vous faites un récit sur la guerre, vous dénoncez et l’envie du lecteur est que le conflit s’arrête. Mais quand vous faites un récit de guerre, vous n’avez pas tant intérêt que ça à le dénoncer car vous devenez hypocrite puisque vous donnez du plaisir au lecteur. Ex : vous placez la plus grosse baston à la fin du récit. Vous donnez du plaisir à l’horreur. Je me suis alors demandé qu’est-ce qui se passerait si je prenais des guerres ou des récits de guerre où il n’y a aucune des bonnes raisons habituelles : mettre en scène des mercenaires qui viennent faire la guerre dans un pays étranger et uniquement pour de l’argent ? J’avais très envie de réfléchir sur ce genre de récit. L’Afrique dans les années 1960, c’est costaud notamment à cause des décolonisations. Et le Katanga, c’est particulièrement costaud !

Vous parlez de l’importance des événements du Katanga durant la grande période des décolonisations africaines. Et effectivement, l’intervention de mercenaires européens au Katanga est un événement historique particulièrement important car ce fut la matrice de l’usage des mercenaires occidentaux pendant la Françafrique. Mais il y a une chose qui m’a titillé dans Katanga, vous citez ou mettez en scène plusieurs personnages historiques congolais et katangais mais il n’y a pas cette réciprocité du côté des personnages occidentaux. Par exemple, la troupe des mercenaires que nous suivons, il s’agit en fait des Affreux, l’équipe de Bob Denard et Jean Schramme, mais vous ne les citez pas. Jacques Foccart est présent dans la BD, mais il n’est pas clairement identifié comme tel. Un lecteur non avertit ne saura pas qu’il s’agit d’un personnage historique de la Françafrique.

Sylvain Vallée
Photo : Dargaud / Cécile Gabriel

Je vois ce que vous voulez dire mais je n’ai pas cherché à épargner les personnages historiques côté européen. Je ne réfléchis pas comme ça, qui j’épargne et qui je dénonce, non. J’ai plutôt cherché à savoir qui est actif sur le terrain. Et sur le plan politique interne, c’est sur que l’on verra beaucoup plus les personnages historiques du gouvernement katangais tels que Godefroid Munongo. Après, je pensais qu’il y avait des dénonciations intéressantes de ce que je pense de la Françafrique. Je pense qu’elle a été relativement défavorable pour les Africains. On le voit dans le T.1 avec “l’affaire du pastis” dont fut victime Félix Roland Moumié et dans le T.3, je montre l’assassinat de Patrice Lumumba ! C’est là que je veux emmener les lecteurs, je veux confronter le récit de mercenaires à la véritable horreur historique. Après, toute personne qui s’intéresse à l’histoire de la Françafrique et qu’elle se renseigne un minimum, verra que c’est Jacques Foccart le grand patron de l’ombre. Par contre, je n’ai pas épargné l’UMHK. L’UMHK, c’est la vraie boîte ! Après, si je mets trop de personnages réels, je ne peux plus trop leurs faire faire des choses inventées, donc je dois faire des choix. J’aurais pu mettre Bob Denard mais j’aurais eu l’impression de me faire de la pub sur sa notoriété. Et puis, ça m’aurait fait chier car il n’était pas toujours présent sur le terrain à cette époque là. C’était ses hommes qui ont fait le gros du sale boulot. Je me suis documenté sur les vraies gars et j’ai voulu coller au plus près de la réalité historique. La spécificité du Katanga c’est que c’est un bout de l’histoire du Congo-Kinshasa et de l’Afrique mais c’est aussi et surtout un récit qui traite du racisme et de notre rapport à l’argent, qui fait que l’on conserve des réflexes racistes. Je m’interroge sur la question : est-ce que le racisme est plus puissant que l’argent ? Au-delà des discours, sommes-nous capables de dépasser ces réflexes racistes ? Ce sont des réflexions que je souhaitais mener car elles complètent le travail que j’avais fait il y a des années sur Atar-Gull. J’ai voulu pousser le cynisme le plus loin possible afin de questionner les lecteurs : “à quel moment cesserez-vous de prendre du plaisir dans cette lecture ?”
Il y a une chose qui me fascine dans cette série Katanga ; c’est une série qui est publié dans une grande maison d’édition et à plusieurs milliers d’exemplaires. Malgré toutes les atrocités que je raconte dans cette série, j’ai des lecteurs qui me disent : “Waow, quelle super aventure à l’ancienne !”

La fin du T.3 est tranchée et je poserai alors la question aux lecteurs : “Est-ce que ce récit vous fait encore plaisir, là ?” C’est la question que j’ai envie de poser. À quel moment cela vous fera mal ? Qu’est-ce qui justifie une telle indifférence et un tel cynisme ? Et ça c’est finalement moins l’Afrique, que l’idée que l’on s’en fait en Europe ! Les gens diront : “Ah mais de toute façon, c’est l’Afrique”. Je trouve que cette phrase est atroce ! J’ai voulu questionner cette indifférence cynique. Si vous allez au bout de ma logique, vous lisez une histoire où la vie humaine n’a aucune valeur et bien, il n’y a plus d’histoire possible. Il n’y a plus rien à raconter car vous êtes en faillite narrative ! Avec le tome 3, j’ai essayé de montrer cette faillite narrative, le moment où ça s’arrête. Quelle est la conclusion du cynisme ? Je crois que c’est le triomphe du Mal. Le troisième album sera la conclusion de Katanga car on ne peux pas être aussi méchant trop longtemps ! Ce que nous essayons de montrer avec cette série, Sylvain Vallée et moi, c’est que sans changement d’état d’esprit, ce cycle de massacres et de cynisme est sans fin pour la RDC. Katanga est le scénario le plus cynique et désespéré que j’ai écrit.

Katanga T.3 - Dispersion
Fabien Nury & Sylvain Vallée © Dargaud
Album à paraître le 25 janvier 2019

Voir en ligne : Découvrez les BD de Fabien Nury sur le site des éditions Dargaud

(par Christian MISSIA DIO)

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En médaillon : Fabien Nury
Photo : Dargaud / Cécile Gabriel

Logo : Fabien Nury & Matthieu Bonhomme
Photo : Christian Missia Dio

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[1En juin 2015, le gouvernement congolais a procédé au démantèlement des onze provinces du pays en 26 provinces. Le Katanga a été divisé en quatre nouvelles provinces : Tanganyika, Haut-Lomami, Lualaba et Haut-Katanga.

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