Festival « In-Ter-Na-Tio-Nal » !

2 février 2005 0
  • Ces derniers jours, nous vous avons montré quelques aspects des événements du dernier Festival International de la BD. Il serait malvenu d'oublier les efforts d'internationalisation entamés par le Festival depuis plusieurs années et qui se concrétisent cette année par un espace Mangas/Manhwas de plus en plus actif et des rencontres internationales honorées par la présence d'artistes de grand talent.
Festival « In-Ter-Na-Tio-Nal » !
L’espace Mangas/Mahnwas
était très actif cette année.

Quand on pense qu’en 1985, il y a vingt ans, le japon était simplement ignoré des livres d’histoire de la BD. A considérer la présence de la BD asiatique au Festival d’Angoulême, comme dans nos bibliothèques, on se dit que nous en avons parcouru du chemin. Ces progrès sont dus à quelques passeurs comme Dominique Véret (animateur du label Akata chez Delcourt et fondateur de Tonkam), Jacques Glénat (historiquement le premier éditeur français à avoir investi dans les mangas) et le magazine Animeland. Ce dernier, soucieux de conserver une cohérence à un magazine leader sur le marché, qui rend compte de l’animation à l’écran, a créé un petit frère, Virus Manga, confié à Stéphane Ferrand et à son équipe. C’est elle qui a orchestré ce cycle de conférences et de débats dont les sujets (« les collaborations dessinées », « présentation de l’univers des Manhwas, la BD made in Corée », « Osamu Tezuka », « rencontre entre Mizuno Junko et Joann Sfar ») étaient incontestablement d’un bon niveau.

Rencontres internationales.

Tatsumi
L’inventeur du Gegika, lors des Rencontres Internationales. Photo : (c) D. Pasamonik

Depuis plusieurs décennies, les grands éditeurs internationaux sont présents à Angoulême dans un espace qui leur est dédié. Mais le public ne s’en aperçoit pas car il est réservé uniquement aux professionnels. Mais si Angoulême existe, c’est surtout par la reconnaissance des auteurs. Dès la deuxième année, le Grand Prix était décerné à un américain, Will Eisner. Depuis ce temps, de grands noms de la BD internationale ont respecté le rendez-vous angoumoisin. Art Spiegelman n’a pas attendu de recevoir le prix Pulitzer pour goûter à l’air frais de la Charente. Il était là cette année, 60 ans d’Auschwitz oblige, et a été honoré à sa juste mesure, comme nous l’avons dit. Confronté au public par l’intermédiaire de Martin-Pierre Baudry, Spiegelman multiplia les diatribes contre la gouvernance de Georges W. Bush et sa politique irakienne. Le journaliste tenta de dire à Spiegelman que, quand même, l’Amérique était une grande démocratie. Il se fit huer par le public.

Mondialisation.

Craig Thompson
Le talentueux auteur de "Blankets" était également présent aux Rencontres. Photo : (c) Pasamonik

Le palmarès lui-même reflète le cosmopolitisme de la manifestation. Il se concrétise par des rencontres entre les invités étrangers et le public. Le jeune américain Craig Thompson, l’auteur du très célébré Blankets était là, de même que son compatriote, plus chanceux au niveau de la sélection, Alex Robinson (« De Mal en Pis ») ou encore le génialissime australien Eddie Campbell, dessinateur de l’indépassable « From Hell » (scénario d’Alan Moore) et auteur complet entre autres pour sa série autobiographique Alec. Un hommage était aussi rendu aux deux dessinateurs Don Rosa et Georges Cavazzano, l’un et l’autre dessinateurs des séries signées Disney et qui sortent là de l’anonymat pour rappeler que les créations de l’oncle Walt étaient surtout le fruit de studios répartis dans le monde entier qui - de l’Italie à la Hollande, du Danemark à l’Argentine ou à l’Espagne, ont produit des BD Disney sous la plume de dessinateurs locaux. Une forme de mondialisation avant la lettre et qui existe depuis l’entre-deux-guerres.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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