Festival d’Angoulême : la contestation s’amplifie

9 mai 1997 0 commentaire
  • Le Grand Prix d'Angoulême 1997 restera inscrit dans les annales du Festival comme le plus foireux. En cause, deux décisions des organisateurs (voir nos archives) qui se révèlent de très, très, très mauvaises bonnes idées:
    - le remplacement du jury par un vote de l'ensemble des auteurs de BD;
    - la remise du prix plusieurs mois après le Festival.

La première a eu l’effet attendu : les auteurs de BD ont voté pour un dessinateur qui fait l’unanimité dans la profession (Goossens) mais qui est totalement inconnu du public. Ils ont donc éjecté poliment des auteurs qui font, eux, l’unanimité du public (Uderzo, Boucq, Loisel et Hermann) et ne sont pas forcément appréciés par une profession qui considère toujours le succès comme quelque chose de louche.
La seconde a également eu l’effet attendu : la presse, qui ne parle de bande dessinée qu’une fois par an, à l’occasion du Festival d’Angoulême, a superbement ignoré le non-événement que constituait cette remise de prix.

Bref, le bide. Du côté des attachées de presse des maisons d’édition, on hausse les épaules : "On s’y attendait, ce grand prix est passé totalement inaperçu, les journalistes n’avaient plus de raison de revenir sur un sujet déjà traité au début de l’année."

Et du côté des professionnels, on râle plus ouvertement. La grosse salve est venue de Didier Christmann, dans le n°35 de "La Lettre de Dargaud", qui se veur le journal officiel du Landerneau de la BD. La conclusion de son virulent éditorial mérite une citation :

"Uderzo, Boucq, Loisel et Hermann, stars de la profession, ont donc vu passer Goossens, missile tranquille, comète médiatique pâlotte, outsider d’un thème astral qui avait pourtant quatre chances sur cinq d’accoucher d’un soleil..."

Ah oui, une chose encore. Avant le vote, pour manifester son désaccord avec le Festival Uderzo avait refusé de figurer parmi les "candidats". Ambiance, ambiance...

(par Patrick Albray)

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