Festival de Québec 2007 : récompenses et persistance

30 avril 2007 0 Actualité par Le Bédénaute
  • Le 20ème Festival de la BD francophone de Québec, qui se tenait du 11 au 15 avril dernier, a semblé bien vivre sa symbiose avec le Salon du livre tout en allant chercher d’autres publics en d’autres lieux par des activités en périphérie. Honneurs obligent, c’était aussi la remise des prix {Bedeis causa}, la plus ancienne distinction québecoise pour la bande dessinée.

À tout seigneur, tout honneur, le Grand Prix de la Ville de Québec est remis cette année à Michel Rabagliati pour son album Paul à la pêche, aux Éditions de la Pastèque. C’est donc un deuxième honneur en peu de temps pour cet auteur, récemment récompensé par un quatrième Bédélys.

Les Bedeis causa 2007

Festival de Québec 2007 : récompenses et persistance
Les lauréats 2007
Dans l’ordre habituel, Pascal Girard, Jean-Louis Tripp, Delaf et Dubuc, Martin Brault de La Pastèque (au nom de Rabagliati), Michel Labrie et Thomas-Louis Côté, respectivement président et directeur général du FBDF

Le Prix Réal-Fillion [1], décerné à l’auteur québécois qui s’est le plus illustré avec son premier album, va cette année à Pascal Girard (voir son blog), pour les albums Nicolas et Dans un cruchon, publiés chez Mécanique générale.

Pascal Girard
Ne pouvant venir à Québec, il a été personnifié par son éditeur, Jimmy Beaulieu

Le Prix Maurice-Petitdidier [2], le coup de coeur du jury pour un album étranger, est décerné à Pascal Rabaté pour son album Les petits ruisseaux (Futuropolis), pour qui c’est également un doublé au Québec.

Le Prix Albéric-Bourgeois [3], qui récompense le meilleur album publié à l’étranger par des auteurs québécois, va cette année à Delaf et Dubuc, les auteurs sherbrookois des Nombrils (Dupuis).

Quant au Prix Albert-Chartier [4], il est décerné à l’organisme de promotion des sciences auprès de la jeunesse, les Débrouillards, qui utilise la BD comme moyen de diffusion depuis maintenant 25 ans.

Enfin, le jury Bedeis causa a également remis une mention à Régis Loisel et Jean-Louis Tripp pour Magasin général (Casterman), un récit campé dans un village du Québec des années trente.

Tenu à l’origine dans des centres commerciaux, le Festival de la BD francophone de Québec en est à sa troisième année de symbiose avec le Salon du livre de cette ville. Maintenant doté d’une permanence et d’un directeur général en la personne de Thomas-Louis Côté, et une fois oubliés les petits problèmes liés à ce passage obligé, il est en voie d’élargir son public par des événements hors les murs. Ainsi les amateurs de BD et le grand public ont-ils pu bénéficier de projections de films (Franquin, Gaston et Cie et Spirou, une renaissance, entre autres, de Laurent Boileau), d’expositions dans des lieux publics et des galeries d’art, d’un concert de musique composée spécialement pour accompagner la projection de planches de bande dessinée (Ensemble Erreur de type 27, qui regroupe des jeunes musiciens et compositeurs issue du Conservatoire de musique de Québec et de la Faculté de musique de l’Université Laval), et de conférences sur Tintin par Pierre Skilling et Christian Proulx. Le Musée de la civilisation de Québec ainsi que la Bibliothèque Gabrielle-Roy furent des lieux de prédilection pour ces rencontres.

Un peu serré dans son espace du Centre des congrès, un « Off festival » avait été organisé à la Galerie Rouje et a réuni des artistes et illustrateurs de la région de Québec comme le Fanzine Bidon, le Bob, Pascale Bonenfant et Patrick Beaulieu, de même que Ruppert et Mulot (l’Association) et l’artiste finlandaise Johanna Rojola.

Et il faut naturellement ajouter à ces manifestations les séances de dédicaces, les rencontres d’auteur et les animations dans le cadre même du Salon du livre, de même que les activités spécifiques avec des groupes scolaires. Si le FBDF de Québec semble prendre son rythme de croisière, il reste encore certains points à consolider comme l’intérêt du grand public lors des entrevues avec les auteurs. Mais doté d’une équipe bien rodée et d’un plan stratégique, il est maintenant en mesure d’aller chercher davantage d’appuis pour se réaliser.

Delaf et Dubuc
Très populaires auprès des jeunes lectrices
Surpriz Comix
Un collectif qui a beaucoup d’attrait pour les jeunes
http://www.surprizcomix.com
En entrevue pour le public
Tito, avec Michel Giguère
Éric Couture avec Jean-Louis Tripp
Yuio et BenBK
ont généreusement partagé leurs secrets de la colorisation d’un planche
Plaisirs des dédicaces
Yves Swolfs, avec Yvon Pelletier, habile gestionnaire des files d’attente

Le site Web du FBDF de Québec

(par Le Bédénaute)

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Reportage photo de notre correspondant au Québec (C) Le Bédénaute

[1Ce prix commémore le regretté Réal Fillion, instigateur et pilier du FBDF pendant de nombreuses années.

[2- Maurice Petitdidier est un pionnier de la BD pour la jeunesse, ayant publié plusieurs séries entre 1955 et 1958 pour la revue Hérauts.

[3- Albéric Bourgeois est le « père » de la BD au Québec, avec l’utilisation de phylactères dans les cases dès 1904.

[4- Albert Chartier également un pionnier de la BD au Québec, a publié les aventures d’Onésime pendant près de 50 ans dans le Bulletin des agriculteurs.