Fête de la BD de Bruxelles 2015 : BD belge et coréenne flirtent le temps d’une expo.

6 septembre 2015 0 commentaire
  • Pendant que la Fête de la BD bat son plein, le Centre Culturel Coréen de Bruxelles propose la seconde édition de ses rencontres entre manwhagas et auteurs belges de BD.
Fête de la BD de Bruxelles 2015 : BD belge et coréenne flirtent le temps d'une expo.

La seconde édition de l’Exposition de Bande Dessinée Belge et Coréenne s’est ouverte ce jeudi 3 septembre en marge de la Fête de la BD qui se déroule actuellement à Bruxelles et à Louvain-La-Neuve. L’idée de départ pour le Centre Culturel Coréen, initiateur du projet, était de rassembler la Belgique et la Corée du Sud autour d’un art très populaire sous leurs latitudes respectives : la bande dessinée. En effet, le manhwa (BD coréenne) occupe une place importante dans la culture populaire du pays du Matin calme et représente une industrie dynamique qui a envahi de nombreux supports tels que le livre, l’Internet et la téléphonie mobile.

Fort du succès de la première édition, il était naturel pour le centre culturel bruxellois de renouveler l’expérience, comme nous l’explique Lennert Daeleman le responsable de la communication :“La première édition de la Belgian-Korean Comics Exhibition fut l’une de nos expositions les plus réussies. Nous avions beaucoup de réactions positives et suite à cela, nous avions pris la décision d’en faire un rendez-vous annuel”.

Parmi les artistes coréens qui font les beaux jours du manhwa actuellement, le Centre Culturel Coréen a choisi de mettre à l’honneur trois d’entre eux : Hong Yeon-Sik, Kang Full et Ancco.

Né en 1971, Hong Yeon-Sik publie ses premières histoires courtes en 2002. Trois ans plus tard, sa carrière prend un nouveau tournant lorsqu’il quitte Séoul pour s’installer à la campagne avec son épouse. Un changement qui lui inspire Histoire d’un couple qui paraît en 2012. Ce sont les planches de cette BD qu’a choisi d’exposer le Centre Culturel Coréen. Publié chez nous en 2013 aux éditions Ego comme X, Histoire d’un couple raconte les pérégrinations d’un homme et d’une femme de Séoul qui choisissent de quitter la capitale pour la tranquillité de la campagne. Ce couple découvrira les bons côtés de la vie au grand air mais aussi les inconvénients de vivre dans une région reculée. Hong Yeon-Sik possède un style graphique épuré entièrement en noir et blanc. Le centre culturel complète cet accrochage avec les nouveaux travaux de l’auteur.

Ses œuvres sont exposées en binôme avec celles de Max de Radiguès, un auteur bruxellois formé à Saint-Luc et doté d’un style incomparable principalement dédié au dessin en noir et blanc. Autre point d’accroche entre les deux auteurs : la place donnée à la nature en tant que refuge. Dans Orignal, une compilation de sa série de fanzines Moose, Max de Radiguès raconte la fuite en forêt de Joe, un enfant voulant fuir les persécutions de son camarade de classe Jason.

De gauche à droite : Bernard Yslaire, Max de Radiguès, Delphine Frantzen, Hong Yeon-Sik et Ancco

Kang Do-young, mieux connu sous le nom de Kang Full est un artiste jouissant d’une grande notoriété en Corée du Sud. Diplômé de lettres coréennes de l’Université Sangji, Kang Full est une référence de la BD en ligne et un pionnier du webtoon, un genre de BD numérique, animée, à lire sur le Net. Les histoires proposées par Kang Full possèdent souvent un côté sulfureux. Ainsi, dans Chassés-croisés, une série publiée chez nous aux éditions Casterman, il propose une histoire d’amour entre une lycéenne de 17 ans et son voisin d’immeuble, un homme de 30 ans. Citons aussi L’Idiot, ce manwha également publié chez Casterman, raconte l’histoire d’amour d’un jeune homme moralement retardé et amoureux d’une ancienne camarade de classe.

Auteur multi-primé en Asie, Kang Full a vu l’une de ses œuvres, L’Appartement, adaptée au cinéma. Aujourd’hui, le bédéiste réalise de nombreux strips politiques pour de grands quotidiens coréens.

Ses travaux sont associés aux planches de Bidouille & Violette, la série de Bernard Yslaire publiées dans Spirou il y a plus de trente-cinq ans. Rappelons que dans le milieu de la BD franco-belge, Bernard Yslaire fut l’un des précurseurs dans l’utilisation d’Internet comme nouveau terrain de jeu narratif, notamment dans sa série Mémoires du XXe siècle.

Hong Yeon-Sik et deux de ses fans

Enfin, le troisième auteur coréen est une jeune femme répondant au nom d’Ancco. Née en 1983 dans la banlieue de Séoul, la jeune femme se remarquer à 20 ans en publiant en ligne son journal intime sous forme de BD. L’œuvre obtient un succès fulgurant et un éditeur se proposera de publier une version en livre en 2007 intitulée Jindol et moi.

Les travaux d’Ancco portent surtout sur la vie quotidienne des habitants de Séoul. Marquée par son adolescence de jeune fille un peu gauche et effacée, antithèse de la jeunesse branchée séoulienne, elle porte pourtant un regard intimiste, émouvant mais sans complaisance sur la société coréenne. Ainsi, dans Aujourd’hui n’existe pas, BD publiée chez nous en 2009 chez Cornélius et reprise dans la sélection officielle du Festival d’Angoulême 2010, elle s’intéresse aux problématiques difficiles que rencontrent ses compatriotes telles que la violence domestique, la toxicomanie ou encore la prostitution. Son style graphique consiste en une suite de dessins en noir et blanc possédant un côté un peu “sale” à l’unisson avec le côté touchy des problématiques abordées.

Ancco est associée à Delphine Frantzen, une jeune auteure belge flamande fraichement diplômée de Sint-Lukas de Bruxelles, le pendant néerlandophone de la célèbre école Saint-Luc, qui vient de publier Madame pipi chez l’éditeur flamand Oogachtend, une première BD un peu trash dans laquelle nous suivons le quotidien d’une technicienne de surface ayant la charge de l’entretien des toilettes d’une discothèque et dans laquelle elle jouera le rôle de confidente pour des clients particuliers et haut en couleurs.

Ludique, instructive et dérangeante parfois, la seconde édition de la Belgian-Korean Comics Exhibition constitue un moment unique de dialogue entre des auteurs éloignés par la distance mais proches dans la sensibilité du regard qu’ils portent sur leurs contemporains.

Le public était venu nombreux pour assister au vernissage de cette expo exceptionnelle

Voir en ligne : Le site du Centre Culturel Coréen

(par Christian MISSIA DIO)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Crédits photos : Centre Culturel Coréen

À lire sur ActuaBD.com :

2ème Exposition de la Bande Dessinée Belge et Coréenne
Du 3 septembre au 31 octobre 2015

Centre Culturel Coréen de Bruxelles

4, Rue de la Régence 1000 Bruxelles, Belgique

Téléphone : 0032 2 274 2980

E-mail : info@kccbrussels.be

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