Filii - T3 - Par Thibaud de Rochebrune - Editions Bamboo

8 août 2008 0 commentaire
  • Dernier tome de cette série mettant en scène des terroristes d’un genre nouveaux, ignorés du monde mais doués de mystérieuses capacités nouvelles.

Les héros de Filii ne sont ni des mutants, ni des super-héros mais des individus issus d’un peuple de montagnes isolées relevant d’une évolution naturelle très particulière, doués d’une intelligence spécifique et de pouvoirs spéciaux (lévitation, actions à distance, télékinésie etc…). Ils sont néanmoins contraints au terrorisme pour se faire connaître et admettre (c’est du moins leur intention) d’où une vague d’attentats sans précédent sur laquelle enquêtent les deux agents fédéraux Randbird et Scott que nous retrouvons dans ce troisième et dernier tome.

Aidés par un ancien savant soviétique Tesherad, dont ils ont kidnappé la fille, ces « nouveaux terroristes » ne projettent rien de moins que de s’attaquer au Pentagone,…

En raison d’un angélisme idéologique et de préoccupations un peu « baba cool » (on n’est pas chez Ben Laden !), ils refusent la violence. Leur intention est plus pacifique mais n’en est pas moins tout aussi préoccupante puisqu’il s’agit d’investir la mystérieuse et gigantesque base de données « Vigilant 9/11 », mémoire électronique planétaire aux mains de la toute puissante administration américaine. Celle-ci menacée dans ses fondements, ses intérêts et sa toute puissance ne manque pas de réagir à cette attaque « hors norme » non sans quelques dégâts collatéraux classiques (trahisons, corruption, etc.).

Filii - T3 - Par Thibaud de Rochebrune - Editions Bamboo

Ce dernier tome se résume essentiellement à la descente du commando dans les couloirs des sous-sols du Pentagone. Obscurité, traquenards, crises de nerfs, prises d’otages et suspense lié à une implacable course contre la montre. Tous les ingrédients sont au rendez-vous de cet épisode dont la fin nous révèle les véritables intentions de ces pacifiques cyber-terroristes victime de leur « évolution », la conclusion de cette histoire jouant les vertus très politiquement correctes de l’intégration américaine.

Thibaud de Rochebrune semble avoir été dépassé par l’ambition de son propos et ne parvient pas à transcender le simple cadre du thriller d’espionnage vu et revu. Le postulat de départ s’appuyait fortement sur des préoccupations écolo-philosophiques louables, généreuses (Quelle est l’origine de cette évolution ? Jusqu’à quel point de nouvelles compétences améliorent-elles la race humaine ?..). Autant de bonnes intentions qui ne suffisent pas, hélas, à construire un récit cohérent. L’insistante maxime citée en exergue de chaque tome invitant à constater que l’homme n’a plus évolué depuis des millénaires illustre parfaitement cette intention narrative culottée abandonnée en cours de route.

La multiplicité des personnages et des lieux noie le lecteur dans un récit confus et verbeux que ne parvient pas à sauver un graphisme séduisant mais inégal.

Le terrorisme comme recours ultime des peuples oubliés, la question méritait mieux que ce happening décevant.

(par Patrice Gentilhomme)

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